La porte s'ouvre. Je reste paralysé sur place.
(???) : William ? Que faites-vous ?
L'homme qui se tient sur le pas de la porte n'a pas du tout l'air d'un psychopathe assoiffé de sang. PAS DU TOUT. Il est habillé d'une livrée (costume des valets pour les incultes xD) de collants blancs et de chaussures à boucles. Ses cheveux plaqués en arrière sont rassemblés en queue de cheval. Il doit avoir dans les quarante ans.
Je reste immobile devant cet homme, figé de terreur. Pourquoi m'appelle-t-il William ? Pourquoi est-il habillé comme ça ?
Je parviens à balbutier quelques mots, rouge écarlate (n'oublions pas que j'ai toujours le paquet de draps dans les mains) :
(Moi) : Qui...qui êtes-vous ?
C'est à l'homme de me regarder avec stupéfaction.
(L'homme, avec prudence) : Mais enfin, William...je suis Nigel ! Votre majordome.
Mon majordome ? C'est quoi ce bin's ? Est-ce que les personnes kidnappées ont droit à un majordome ? Ca m'étonnerait. Il doit y avoir erreur sur la personne. A moins que ce ne soit moi qui suis en train de perdre la boule.
(Moi) : Mais euh...pourquoi m'appelez-vous William ? Je suis Bill.
Il laisse échapper un petit rire.
(Nigel) : Vous êtes toujours aussi farceur, monsieur. Mais si vous le souhaitez, je vous appellerai par votre surnom dorénavant.
Mon surnom ??? Bon, je vais faire comme si de rien n'était. Je reste planté là à réfléchir. Je commence à douter de la réalité de mon enlèvement. Devant mon silence, Nigel reprend la conversation.
(Nigel) : Vous semblez troublé, monsieur. Serait-ce cette Gladys que vous avez rencontrée hier soir ?
Je fouille dans ma mémoire. Je ne connais aucune Gladys. Et comment cet homme peut-il se mêler de ma vie privée ? Ce que je fais ne le regarde pas.
(Moi, en bafouillant) : Non, non, il n'y a rien.
(Nigel, en souriant) : Bien, alors, si vous vous sentez bien, suivez-moi. Votre père a demandé à vous voir. Et pensez à déposer ce paquet de draps -votre père n'apprécierait pas tellement de savoir que vous avez essayé de vous échapper.
Je me remets à rougir et dépose précautionneusement ma corde de fortune sur le lit. Je ne comprends rien à la situation. Mon père est là ? Dans cette maison ?
Je décide tout de même de suivre Nigel. J'en saurai toujours plus que si je reste cloîtré dans cette chambre.
Il me conduit dans un couloir pavé de marbre. Des tableaux anciens sont accrochés aux murs. Nous croisons une jeune fille vêtue d'une robe et d'un tablier. Elle me salue en faisant la révérence, mais j'ai le temps de croiser son magnifique regard vert. Nigel me fait descendre un large escalier longé par une rampe recouverte de peinture d'or. Pas de doute, cette maison est luxueuse.
Il me conduit dans un salon dans les tons vert d'eau. Des tapis orientaux, des rideaux de soie, des fauteuils en velours...sur lequel est assis un homme. Et cet homme n'est certainement pas mon père. Celui-ci est affublé d'un habit de la même couleur du salon. Des galons et autres médailles ornent sa veste filigranée d'or. Une perruque blanche couronne sa tête.
(Homme censé être mon père mais qui ne l'est pas) : Ah, William. Tu es bien tardif, ce matin. Il va falloir que tu penses à cesser de te rendre dans ces fêtes d'une frivolité presque indécente. Tout le monde ne parle que de toi sur l'île.
Sur l'île ? Mon coeur se met à battre à tout rompre. Si j'ai été enlevé et que je suis sur une île, je vais avoir du mal à m'évader...
(Moi) : Euh...
(Homme censé être mon père) : Tu n'as rien à dire pour ta défense ?
(Moi) : Euh...
Il pointe vers moi un doigt menaçant.
(Homme censé être mon père) : Attention à toi, William ! Si tu continues à faire l'enfant, je t'assure que je te renvoie en Angleterre. Tu iras dans un pensionnat de garçons à Oxford.
(Nigel) : Monsieur, je pense que c'est une mauvaise idée. Avec le mauvais temps anglais, votre fils pourrait mourir d'une pneumonie.
Mon "père" le foudroie du regard.
(Mon "père", d'un ton froid) : Je ne vous ai pas adressé la parole, Nigel.
Je tressaille. Cet homme n'est pas du tout sympathique. Il se tourne de nouveau vers moi.
(Mon "père") : Reprends-toi, fils. Car ton attitude n'est pas du tout digne des Kaulitz.
Le mot "Kaulitz" résonne dans ma tête. Cet homme s'appelle Kaulitz. Il est donc de ma famille. Mais pourquoi me prend-il pour son fils ? Dans tous les cas, personne ne parle sur ce ton à Bill Kaulitz. Je fronce les sourcils. La tempête gronde en moi.
(Moi, d'un ton sec) : Je fais ce qu'il me plaît, personne n'a le droit de me dire ce que je dois ou ne dois pas faire. Me dire que je ne suis pas digne des Kaulitz est une insulte. Et, enfin, qui que vous soyez, vous n'êtes pas mon père, monsieur !
Je quitte la pièce en trombe. Nigel m'emboîte le pas. J'entends mon "père" soupirer et dire :
(Mon "père") : Il ne changera jamais...
Une fois arrivés dans l'entrée, Nigel se tourne vers moi.
(Nigel) : Que comptez-vous faire aujourd'hui, Bill ? Une petite balade en mer ? Aller à la chasse en forêt ?
(Moi, décontenancé) : Je ne sais pas. Que me conseillez-vous ?
Il me fait un sourire complice. Sommes-nous vraiment si proches ??
(Nigel) : La jeune Fiona attendait votre visite, monsieur. On dit d'elle qu'elle est d'une grâce de lys.
Fiona attend ma visite, hein ? Je ne sais même pas qui est Fiona.
(Moi, avec hésitation) : Ma foi, allons-y pour Fiona.
(Nigel) : Il vous faut alors vous changer. Montez à l'étage pour choisir votre tenue.
Je monte donc en direction de ma chambre, en proie à de multiples interrogations.
Je ne sais pas ce qui m'arrive. Mais dans tous les cas, c'est très bizarre.
[Voilà, fin du chapitre ! Désolée de ne pas poster régulièrement, mais je n'ai vraiment plus le temps d'aller sur le PC ! La prochaine suite sera là vendredi !]