Chapitre XXIX : Quand Tom intervient

Evan Culkin a le Sida, eh oui...mais Evan Culkin a envie de penser à autre chose. Alors Evan Culkin a l'intention d'aller en boîte pour oublier, pour s'oublier. Oui, Evan Culkin est pathétique. Et il le sait.

***

(Bill) : Va demander aux autres s'ils veulent venir.

(Moi) : Nan, je pense qu'ils seront pas d'humeur...

Il m'attrape le menton pour rapprocher mon visage du sien. Son souffle délicat vient effleurer ma peau. Je frémis, doucement. Ses longs ongles me griffent au passage. J'ai mal. Ils se plantent dans ma peau comme des serres. Mais c'est tellement bon de se plonger encore une fois dans cet océan de chocolat chaud que sont les yeux de Bill. Oh oui, c'est avec délices que je souffrirai pour ne t'avoir rien qu'à moi, Bill.
Il a sniffé sa coke. Je ne pouvais pas vraiment l'en empêcher, si ça lui permet de tenir le plus longtemps possible. C'est peut-être égoïste de ma part de le laisser se détruire, mais je ne vois plus les choses de la même façon maintenant. Moi aussi je vais mourir. Peut-être l'année prochaine, peut-être demain. Je n'en sais rien. J'ai le Sida. La maladie de l'amour. Si je pouvais me trancher la gorge pour me vider de mon sang, pour me vider de ton amour, Bill, de cet amour qui m'a empoisonné, je le ferais sans hésiter. Et toi qui es là avec ton rail de coke, de la poudre blanche au bord du nez. Tu es pitoyable, et je te suis dans ta connerie. Nous ne sommes que deux lâches partis à l'assaut contre le monde.
Il me tient toujours le menton. Son visage s'est étiré en un sourire carnassier. J'aime le voir comme ça.

(Bill) : Alors, on y va en tête à tête...


***

On entre dans la boîte la plus branchée de L.A. sans aucune difficulté. Il faut dire qu'on s'est mis sur notre 31, comme disent les vieux. Bill s'est habillé d'un smoking blanc, d'une chemise noire et d'une cravate rayée noire et blanche. Il porte également un chapeau blanc, type borsalino. Pour ma part, j'ai sorti un tee-shirt noir à motifs bleu-verts complété d'un slim noir et d'une ceinture à grosse boucle. Et une cravate également pour compléter le tout. J'en ai profité pour refaire ma teinture (je vous rappelle que j'étais devenu blond à cause de Bill et de son caractère, que l'on pourrait qualifier "de merde") et mes cheveux sont plus noirs que jamais tandis que mes yeux n'ont jamais été aussi étincelants. Je suis beau, oui on peut le dire.
Immédiatement passé la porte je pénètre dans une atmosphère sombre, chaude, étouffante. La musique va m'assourdir, la lumière m'aveugler, l'alcool se chargera du restant de mes sens.
Bill passe devant moi et fonce au bar. La coke commence à faire son effet ; bientôt il se sentira pousser des ailes. Il nous commande un TGV chacun (composé de Tequila, Gin et Vodka). Je bois mon verre doucement, j'ai du mal à avaler ce liquide qui me consume la gorge. Je suis naze, je déteste l'alcool. Je regarde Bill du coin de l'oeil. Il a le regard perdu dans le vague. Je me demande à quoi il pense.
Bientôt, ses yeux se mettent à briller d'une lueur anormale, il commence à s'agiter sur sa chaise. Il tire maladroitement sur le col de sa chemise.

(Bill) : Putain, qu'est-ce qu'il fait chaud, ici...

J'en suis à mon deuxième verre. Moi aussi, j'ai chaud. Mes pensées commencent à devenir confuses. Le visage de Bill est couvert de sueur.

(Moi) : Si on allait danser ?

Il sourit. Son torse se soulève par rythme saccadé, il respire vite.

(Bill, essoufflé) : Ouais...

Il se lève.

(Bill) : Putain, j'ai le coeur qui bat à cent à l'heure...!

Il chancelle un peu et se retient in extremis à un poteau. Je le dévisage d'un oeil vide et brillant.
On avance donc sur la piste de danse. Je m'enfonce parmi la masse humaine. Bordel, qu'est-ce qu'il fait chaud ! J'ai l'impression de fondre sous la lumière des lasers. C'est...étrange.
Je commence donc à danser avec des gestes approximatifs (eh oui dans ces cas là l'alcool ça aide pas) mais Bill m'attrape par le t-shirt pour me tirer vers une cage. Il me reste suffisamment de dignité pour refuser.

(Moi) : Arrête tes conneries, on va pas monter là-dedans !

Il m'attire contre lui. Je sens son corps en ébullition contre le mien.

(Bill) : Mais si, viens !


Je le suis donc à contrecoeur. Je grimpe avec difficulté dans la cage. Immédiatement à l'intérieur, Bill commence à se déhancher. On nous regarde d'un air intrigué. Je m'en fous. Je ne suis plus à ça près maintenant. Bill s'approche soudainement de moi, l'air féroce, pour me tirer par la cravate. Je bascule en avant pour me retrouver plaqué contre lui. Il me sourit brièvement avant de se mettre dos à moi. Attentif à ses gestes, je le vois commencer à se frotter contre moi. Mon souffle s'accélère. Bientôt, il descend tout le long de mon corps en ondulant sensuellement son bassin. Une bouffée de chaleur m'envahit et s'empare de moi. Ses mains partent derrière lui pour me caresser au passage. J'ai chaud, j'ai très chaud. C'est moi ou bien ?
Après être arrivé à mes pieds, Bill remonte en se cambrant exagérément. Quand il arrive au niveau de mon entrejambe, il remue son bassin de façon à se frotter contre mon intimité. Celle-ci réagit presque immédiatement en tendant le tissu de mon boxer.
Une fois remonté à ma hauteur, Bill se retourne et m'observe, le regard provocant. Sa crinière de cheveux lui donne un air sauvage. Je le regarde, hypnotisé, tandis que mon rythme cardiaque s'accélère. Il fait rouler son piercing entre ses dents. Je plisse pour voir ce qu'il y a inscrit dessus, car l'écriture est en fluo et brille dans l'obscurité. Il y a écrit "Baise-moi".
Il ne m'en faut pas plus. Haletant, le sang bouillonnant dans mes veines, je lui fonce dessus. Je vois ses yeux s'agrandir de surprise. Je le colle contre les barreaux et lui immobilise les bras au-dessus de la tête, tandis que ma jambe vient se caler entre ses cuisses. Nos visages sont séparés d'une vingtaine de centimètres. Je tombe sur son regard charbonneux. Il scintille d'une étrange lueur que je connais si bien.

(Moi, le souffle court) : Tu n'as pas idée de l'effet que tu me fais...

Il s'approche de mon oreille et la mordille doucement. Une série de frissons me parcourt.

(Bill, la voix suave) : Alors, qu'est-ce que tu attends...?

Cette phrase me fait l'effet d'une décharge électrique et réveille tous mes mauvais instincts. Je plonge ma main dans la jungle de ses cheveux. Son chapeau tombe au sol. Je tire ensuite sur l'épaisse masse de mèches noires pour offrir son cou à ma vue. Sa tête part en arrière, il se laisse faire docilement. Je profite que sa bouche soit entrouverte pour happer sa lèvre inférieure et la mordre violemment. Je sens mes dents s'enfoncer dans la peau de ses lèvres si douces pour la transpercer. Il pousse un cri de douleur et porte sa main à sa bouche. Quand il l'enlève, elle est rouge de sang. Ses lèvres ont pris à présent une teinte écarlate. Je m'approche avec douceur de lui et lui lèche la lèvre du bout de la langue. Son sang, le mien, ce sont les mêmes à présent. Je m'imprègne de ce goût métallique si particulier. Bill frémit dans mes bras. Il a fermé les yeux, la tête posée contre les barreaux de la cage.

(Bill) : Embrasse-moi...

Ses yeux se sont rouverts et ils brûlent de désir. Ils parcourent mon corps d'un air gourmand, ils brûlent ma peau. Ce regard est pour moi, et pour personne d'autre. Je savoure cette victoire pendant quelques secondes ; je lui laisse le loisir de me dévorer des yeux, de me vouloir pour la nuit.
Pour le faire enrager, je me détache de lui et bondis hors de la cage. Je me tourne brièvement, juste le temps de voir un Bill dépité. Suivre ou fuir, telle est la question...

Je quitte la piste pour revenir près du bar. Bill a un moment d'hésitation puis se décide à me suivre. Je souris. Il en a fallu du temps, mais j'ai enfin réussi à l'apprivoiser...
Il émerge également de la marée humaine gesticulant au rythme d'une musique endiablée. Sauf que je n'en reste pas là et me dirige vers la sortie. Je passe la porte et me retrouve dehors. Bill me rejoint quelques secondes plus tard. Il n'a pas l'air très joyeux.

(Bill) : Mais qu'est-ce tu fous ? Pourquoi t'es sorti t'es con ou qu...

Je ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase. Je l'ai attrapé d'un bras pour l'embrasser à pleine bouche. Nos lèvres s'engagent dans un baiser sulfureux et passionné. Mes mains curieuses le caressent sous toutes les coutures. J'aime sa peau frissonnante sous mes doigts, j'aime l'odeur de ses cheveux, j'aime son regard provocant et douloureux à la fois, je l'aime tout court.
Lorsque le baiser cesse, je plane quelque part sur une étoile. Ses lèvres sont comme recouvertes de morphine. Je me sens terriblement bien. Et j'ai terriblement envie de lui. Je lève vers lui un regard fiévreux.

(Moi) : On rentre ?

Il sourit. Il a compris mes intentions.

(Bill) : On rentre !

On appelle un taxi, on monte dedans rapidement. Difficile de résister à l'envie de le déshabiller sur-le-champ...

***

On se laisse tomber sur le lit. Bill est sur moi. Nos jambes sont entremêlées, je sens sa chaleur se mélanger à la mienne. Quelques mèches de ses cheveux viennent me chatouiller le visage. Il enfouit sa tête dans mon cou pour me couvrir de baisers. Mes mains se chargent de lui enlever sa veste de smoking. Mes gestes sont envieux et pressés, ce désir qui est en moi remue et rugit comme une bête féroce. Juste un regard de sa part et je m'enflamme immédiatement. Dieu, qu'est-ce que je l'aime. J'ai envie de lui hurler au visage, de le hurler à la Terre entière. Mon coeur bat pour lui. C'est comme ça.
Il se met à me caresser de ses mains habiles. Je me sens trop bien, le désir monte graduellement. Je respire fort. Trop fort, même. En tout cas, suffisamment bruyamment pour attirer une personne qui à cet instant je n'ai pas du tout envie de voir.
La porte s'ouvre à la volée. Bill et moi sursautons. Il atterrit à côté de moi sur le lit. Nous nous redressons promptement pour voir QUI peut bien venir nous déranger.
C'est Tom, bien sûr. Il se tient à l'encadrement de la porte, les bras croisés. Il me toise d'un air menaçant. Je reste sur mes gardes. J'ai déjà vu ce qu'il était capable de faire par jalousie.
Il s'avance de quelques pas dans la chambre. Bill se recule contre le mur, apeuré.

(Tom) : On peut pas vous laisser seuls quelques instants...faut toujours que vous trouviez le moyen de vous envoyer en l'air...


Il avance encore. Une boule me tord l'estomac. J'ai peur de ce qu'il va faire. Il s'arrête enfin et se tourne vers Bill.

(Tom) : Bill...tu m'as toujours dit que tu m'aimais...

Il marque une pause avant de lui jeter un regard noir.

(Tom) : Pourtant, tu ne t'es jamais gêné pour me tromper des millions de fois. Au début, je ne comprenais pas, puis j'ai compris il y a peu de temps : tu voulais te venger du fait que je t'avais refilé le Sida...vrai ?


Bill hoche lentement la tête.

(Tom) : Mais le truc, c'est que je n'étais pas au courant...et que moi aussi je l'avais. Et tu m'en as fait baver pendant je sais pas combien de temps, alors que c'était pas de ma faute...

Personne ne répond.

(Tom) : Remarque, c'est la première fois que je te vois autant t'amuser avec un mec (Il me désigne du regard)...d'habitude, tu les prends, puis tu les jettes...je dois donc en déduire que tu as des sentiments pour lui ?

Bill semble extrêmement mal à l'aise. Moi aussi, je le serais, si je me retrouvais confronté à deux mecs raides dingues de moi.
Tom s'approche encore puis pose ses coudes sur le lit pour se mettre à notre hauteur. Son regard est assassin.

(Tom) : Tu crois peut-être que je ne te connais pas, Bill ? Je sais très bien ce que tu ressens pour lui...alors, dis-lui, que tu l'aimes.

Je me tourne vers Bill. Son regard va successivement de Tom à moi, de moi à Tom. Il ne sait pas quoi faire. Pour ma part, mon coeur bat la chamade. Si seulement ça se pouvait, qu'il m'aime. Mais je ne préfère pas y penser, j'ai peur d'être déçu.

(Bill, d'une voix hésitante) : Tom, tu sais très bien que je ne parle jamais de ces trucs-là...alors, arrête s'te plaît.

Tom fronce les sourcils. Ses yeux ne sont plus que deux fentes lançant des éclairs.

(Tom) : Tu ne veux pas le dire parce que tu as peur...


(Bill, fronçant les sourcils à son tour) : Si j'ai peur, c'est peut-être à cause de tout ce que tu m'as fait subir...alors maintenant lâche-moi la grappe.

Contrairement à toute attente, Tom sourit.

(Tom) : Okay, je te lâche...mais en échange, je veux...


[J'ai séparé le chapitre en deux parce que je le trouvais trop long. Comme ça, si vous n'avez pas le temps de tout lire, vous pouvez revenir plus tard. Oui je pense à vous vous avez vu ^^]
Chapitre XXIX : Quand Tom intervient

# Posté le vendredi 20 juin 2008 16:30

Modifié le lundi 30 juin 2008 05:49

Chapitre XXIX : La suite

(Tom) : Okay, je te lâche...mais en échange, je veux...

Il pointe son doigt vers Bill.

(Tom) : Toi...

Il pointe ensuite son doigt vers moi.

(Tom) : Et TOI...

(Bill & moi) : O_O'

Je tente de mettre les choses au clair, estomaqué.

(Moi) : Tu veux dire...que tu veux faire un plan à trois, c'est ça...?

Son sourire s'élargit. Sa langue vient titiller son anneau à la lèvre.

(Tom) : C'est ça...

Il commence à m'effleurer la cuisse du bout des doigts. Je tressaille malgré moi. Même si je suis amoureux de Bill, je dois dire que le sex-appeal de Tom ne me laisse pas indifférent.
Tom vient s'asseoir à côté de moi. Je m'écarte de lui mais il vient carrément se coller à moi. Il enfouit ensuite sa main sous mon t-shirt pour me toucher le ventre. Ses caresses sont douces, aériennes. Il remonte ensuite pour me toucher le torse. Ce contact fait naître une chaleur diffuse dans mon corps. Quoi, je devrais dire non ? Mais c'est trop bon ! Bill, lui, reste en retrait.
Tom me pousse soudain pour me mettre sur le dos. Je me laisse faire, même si je suis un peu anxieux. Il se recule pour se mettre au niveau de mon ventre. Ses mains viennent toucher mes cuisses. Tout d'abord mes genoux...je le regarde faire, attentif et frémissant. Il remonte un petit peu, lentement, en observant ma réaction. La chaleur dans mon corps s'amplifie et me monte au visage. Il remonte encore un petit peu, jusqu'à arriver à la limite de mon aine. Je me mords la lèvre et me cambre un peu. Il sourit, fier de lui. Il se penche ensuite pour s'occuper de mon ventre. Il passe le bout de ses lèvres sur ma peau. La froideur de son piercing fait naître des frissons sur tout mon torse.
Il se débarrasse définitivement de mon t-shirt et de ma cravate et les envoie valser dans la chambre. Je vois sa tête remonter lentement vers mon visage. Il se relève soudain et jette un regard vers Bill.

(Tom) : Regarde ce que je fais à ton mec, Bill...

Il vient à hauteur de ma bouche et m'embrasse sauvagement. Je le suis dans son baiser, empressé et fiévreux. Il suce avidement mes lèvres en haletant et en me caressant. Je laisse échapper un gémissement de plaisir, contre ma volonté.
Bill intervient soudain et pousse Tom hors du lit. Il fronce les sourcils.

(Bill) : Tu as cru que c'était toi qui allais mener la danse ?

Il attrape les dreads de Tom à pleines poignées et tire brutalement vers le bas. Tom pousse un hurlement de douleur avant de céder et de tomber à genoux devant Bill.

(Bill) : Eh non...c'est moi qui décide, Tom...comme toujours.

J'observe la scène depuis le lit, scotché. Cette petite démonstration sado-maso a le don de m'exciter sérieusement. Tom, toujours à genoux, ouvre la chemise de Bill d'un coup sec en faisant sauter tous les boutons, laissant voir son torse si parfait, à la peau si lisse. Bill a les yeux baissés vers Tom, en position de dominant. Son "jumeaux" le parcourt de sa langue tout en me fixant de biais, le regard de braise. Ca me fait m'enflammer immédiatement. Mon souffle s'accélère.
Une fois remis debout, Tom enlace la nuque de Bill et l'embrasse langoureusement. Ca me rappelle la fois où je m'étais caché dans le placard, mais cette fois-ci, je ne suis pas jaloux de Bill et Tom. Au contraire, ils m'excitent, tous les deux. Ils marchent vers le lit et s'affalent dessus, toujours en s'embrassant. Soudain, Tom quitte les lèvres de Bill et me regarde.

(Tom, en regardant Bill) : On manque à tous nos devoirs...

Bill sourit.

(Bill) : Oui...il serait temps de montrer à Evan ce que l'on sait...

Il s'approche de moi, félin, avant de saisir mes lèvres avec ses dents. Sa main file entre nous et s'empresse de déboutonner mon jean. Je le laisse faire, fébrile et plein d'envie. Il se débarrasse ainsi de mon jean et de mon boxer. Je suis nu devant les "jumeaux". Je me sens tout à coup vulnérable. Bill le ressent et me masse les épaules de ses mains fines.

(Bill) : Détends-toi...ça n'en sera que meilleur.

J'obéis et détends mes muscles un à un. Bill continue son massage en descendant vers mes fesses, mes cuisses. J'en ai des sueurs froides. Tom intervient soudain.

(Tom) : Mets-toi sur le côté...on va te faire quelque chose qui va t'envoyer au septième ciel...


Le coeur battant, je fais ce qu'il me dit. Bill se place derrière moi tandis que Tom se met face à moi, nous trois allongés.

(Tom) : Maintenant, ferme les yeux et laisse-toi faire...

Je clos mes paupières, impatient de voir ce qui m'attend. Tom empoigne mon sexe d'une main et entame un lent va-et-vient. Bill, quant à lui, caresse mon dos et me mordille affectueusement la nuque. Je laisse le plaisir venir, lentement. Les mains de Bill sont maintenant à hauteur de mes fesses. Tom continue d'empoigner ma virilité, d'une main plus ferme. Je laisse échapper un soupir d'aise.
Soudain, je sens un doigt s'approcher de mon intimité. Je me redresse brusquement. Bill s'approche alors de mon oreille.

(Bill) : Fais-moi confiance...

J'obtempère. Son doigt me pénètre brusquement. Je sursaute un peu, mais ne dis rien. Ce n'est pas désagréable. De la même façon que Tom, il commence des allées-et-venues, en rythme. Je gémis doucement.

(Moi) : Hmmmm...

Et dire que j'ai les jumeaux Kaulitz rien que pour moi, l'espace d'une nuit ! Des millions de filles rêveraient d'être à ma place...
Soudain, le plaisir devient plus intense : c'est Bill qui vient d'introduire un deuxième doigt. Je me cambre, submergé par cette vague de jouissance.

(Moi) : Haan, c'est trop bon...

Bill me griffe, tandis que Tom accélère son va-et-vient. Ce mélange de bien-être et douleur envoie mon esprit flotter quelque part près du septième ciel.
Sauf que mon ascension vers le plaisir vient s'interrompre quand Bill et Tom cessent de me caresser. Je rouvre les yeux étonné.

(Moi) : Qu'est-ce que vous...?

Tom me pose un doigt sur la bouche.

(Tom) : T'arrêtes avec tes questions ?

J'entends Bill qui farfouille derrière moi. Je comprends qu'il a enlevé son jean quand je vois celui-ci voler sur le sol.
Tom me lance un regard brûlant. Dieu, ce qu'il est sex.

(Tom) : C'est maintenant qu'on passe aux choses sérieuses...

Il baisse lentement sa tête et vient lécher l'intérieur de mes cuisses. Sa langue me chatouille, je laisse échapper un petit rire nerveux. Une de ses mains commence à me caresser les bourses. Ma tête se rejette en arrière, contre le torse de Bill. La sensation rendue est...waouh. Sa langue va bientôt remplacer sa main. J'étouffe un gémissement. Il remonte ensuite le long de ma verge pour me titiller le gland. Je donne un coup de reins involontaire. Il relève la tête et me sourit, comprenant mes volontés, et enveloppe mon sexe de se bouche étroite et chaude. Je crois mourir. Il recommence des allées-et-venues, rapides celles-ci. Le plaisir m'envahit, se diffuse dans tout mon corps. Bordel, c'est trop bon ! Mais que dire quand Bill me pénètre en passant la frontière de mes reins ! Leurs va-et-viens combinés me font gémir en continu.

(Moi) : Haaaan...oui...haaan...

Le plaisir monte, et monte, et monte...

(Moi) : HMMMMMMM !!!

Je me déverse dans la bouche de Tom. Il avale tout et s'empresse de me nettoyer à coups de langue. Il part ensuite se rincer la bouche dans la salle de bains. Je me mets sur le ventre, tremblant et en sueur. J'ai la tête enfouie dans la couverture.

(Moi, la voix étouffée) : Putain, c'était trop b...

(Bill, d'un ton moqueur) : Ah parce que tu crois que c'est fini ?

Tom revient dans la chambre en rigolant.

(Tom) : C'était juste qu'un échauffement !

Je me tourne sur le dos pour les regarder tour à tour. Il n'y a que Tom qui soit resté habillé.

(Bill) : Eh...qu'est-ce que j'ai dit ? J'ai dit que c'était moi qui dirigeais le truc !

Il bondit sur Tom et lui administre une baffe en pleine figure. Celui-ci se laisse faire. Personnellement, j'adore ce petit jeu.

(Bill) : Va falloir que je te punisse...

Il prend Tom et le jette avec force sur le lit. J'ai juste le temps de m'écarter pour ne pas me faire écraser. Bill saute sur le dos de Tom (qui pousse un cri de douleur) et lui descend le jean jusqu'aux chevilles. Il lui griffe sauvagement le dos.

(Tom) : Ah, tu m'fais mal !


(Bill) : Je sais, chéri...

Il enlève également son boxer. Tom n'a pas le temps de réagir que Bill le pénètre avec brutalité.

(Tom) : Aaaaaahhh !!

Il essaie de se débattre, mais Bill le maintient entre ses deux jambes. Il se penche sur lui pour lui susurrer des paroles à l'oreille :

(Bill) : Maintenant, tu vois ce que ça fait...

Il s'enfonce un peu plus. Nouveau cri de douleur. Je les regarde faire avec un certain amusement mais aussi avec envie. Mon corps en redemande encore.
Les deux "jumeaux" se tournent sur le côté, permettant à Bill de caresser Tom. Les gémissements dûs à la souffrance sont remplacés par des soupirs de plaisir.
Bill, lui, a la tête rejetée en arrière et des mèches de cheveux collés sur son front par la sueur. Sa bouche est entrouverte, ses yeux clos. Vision de jouissance plus qu'excitante ! Il accélère son va-et-vient, accélère encore puis se vide dans un râle rauque. Il s'effondre sur le lit, tout essoufflé. J'ai le temps d'observer à loisir son corps aux courbes parfaites luisant de sueur, son visage apaisé aux traits angéliques, ses fesses, son torse. Tom, pour sa part, a des abdos et des pecs parfaitements dessinés. Il n'y a pas de doute, les avoir eux deux dans son lit, c'est le septième ciel assuré.
Une fois que Bill a récupéré, il se tourne vers moi.

(Bill) : Bon, maintenant, c'est le grand final...tu as le choix d'être le Chanceux, le Meneur ou le Suiveur...

Je lui réponds par un regard perplexe.

(Tom, à bout de souffle) : Il...sait pas ce que c'est...

(Bill) : C'est simple : le Meneur est devant, le Chanceux au milieu et le Suiveur est derrière...

Je commence à comprendre. C'est LE plan à trois, quoi. Je réfléchis quelques instants avant de dire :

(Moi) : Je veux être le Suiveur...

Bill sourit. Suivre ou fuir, telle est la question...

(Bill) : Alors, c'est parti !

Chacun se met debout, avant de se mettre en place : Bill devant, Tom au milieu et moi derrière. Tom pénètre Bill. Il gémit tandis que Tom s'enfonce en lui avec douceur. J'attrape les hanches de Tom pour passer également la barrière de son intimité. Je le sens se crisper un peu, mais j'y vais précautionneusement, et je lui administre des caresses d'encouragement pour qu'il se laisse faire. Au bout d'un moment, il se détend complètement et se laisse aller au plaisir. Il accélère son va-et-vient en Bill. Sa tête vient se renverser en arrière et se poser sur mon torse. Je suis recouvert par une cascade de dreadlocks, et je n'aperçois juste que son visage déformé par le plaisir. Nos gémissements bientôt s'élèvent et se mêlent. Il n'y a pas de doute, je me souviendrai toute ma vie de cette nuit...
Le plaisir met plus longtemps à venir mais quand je jouis pour la deuxième fois, c'est encore meilleur que la première.
On s'écroule tous les trois sur le lit, épuisés. Ca a été...sensationnel. Après avoir récupéré, on se glisse tous les trois sous la couette, Bill au milieu. On éteint la lumière, pour se retrouver dans une semi-obscurité éclairée par les lumières de la ville.

(Bill) : On pourra dire qu'on aura profité...

(Tom
et moi) : Oui...

Nous nous endormons sur ces mots, ayant chacun dans la tête la question : de qui Bill est-il réellement amoureux ?


[Fin du chapitre. J'espère que cette petite fantaisie vous a plu, je me suis dit qu'un lemon à trois, ça changeait...!]
Chapitre XXIX : La suite

# Posté le vendredi 27 juin 2008 16:20

Modifié le lundi 30 juin 2008 05:49

Chapitre XXX : Hantise nocturne

C'est un rayon de soleil qui vient doucement me sortir de mon sommeil. Avant d'ouvrir les yeux, je me remémore la nuit d'avant. Un sourire vient se peindre sur mon visage. Un bref moment de bonheur absorbé comme une piqûre d'héroïne. Je l'aime. Oui, je l'aime tout entier. Je ne me dis pas que nous allons être séparés. Non, quoi qu'il arrive, nous serons toujours ensemble. Son image restera à jamais tatouée dans mon coeur. Mon sang est imprégné de son âme, mon corps recouvert de son odeur, mon esprit empli de sa voix.
Toujours les yeux fermés, je tâte le lit de ma main pour chercher celui dont je suis fou. Je tombe enfin sur sa peau douce, qui dégage une légère chaleur. Je viens me coller à lui et le serre fort dans mes bras, son torse contre mon torse. Il remue un peu, mais ne se réveille pas. Je couvre ses épaules de baisers et le caresse tendrement.

(Moi, marmonnant) : Bill, je t'aime tellement...


Il me répond par un petit gémissement d'approbation. Je plonge ensuite mon nez dans son cou pour absorber son odeur. Tiens, tu as changé de parfum, darling ? Je prends une nouvelle inspiration. Ah, non, c'est son odeur elle-même qui a changé...à moins que ? J'ouvre les yeux en grand. Mon regard se fond dans deux yeux bruns et brillants. Jusque là, tout va bien...le problème, ce sont les dreads, l'anneau à la lèvre. Je fais un bond en arrière.

(Moi) : Merde, je suis désolé, Tom !

Il sourit. Il a lâché ses cheveux, et ses dreads pendouillent mollement sur ses épaules. Ca lui donne un air très Bob Marley, mais...blanc.

(Tom) : Pas grave. Comme ça, j'ai eu droit à ma minute de tendresse.

(Moi, gêné) : Et euh...l'est où, Bill ?

(Tom) : J'sais pas. Je l'ai pas entendu se lever.

(Moi) : Okay...

Il se met sur le coude et me regarde d'un air sérieux. Dieu ce qu'il est bon.

(Tom) : Je peux te poser une question ?

(Moi) : Euh...oui ?

(Tom) : Est-ce que Bill...t'a déjà dit qu'il t'aimait ?

Je marque un temps avant de répondre. Nan, il me l'a jamais dit...merci de me le rappeler, je me sens beaucoup mieux maintenant.

(Moi) : Nan...pourquoi ?

Il se tourne sur le dos.

(Tom) : Comme ça, pour savoir...

Ses paroles sont interrompues par un bruit venant de la salle de bains. On tend l'oreille pour identifier le bruit.

(Moi) : On croirait que quelqu'un est en train de gerber...

Effectivement, quelqu'un est en train de vomir dans les toilettes. Je me lève avec difficulté, en boxer, traverse la chambre et ouvre la porte de la salle de bains. Je trouve Bill, assis sur le carrelage et la tête plongée dans les toilettes. Quand je rentre dans la pièce, il est pris d'un haut-le-coeur et renvoie une substance non identifiée dans la cuvette. J'esquisse une moue de dégoût avant de s'approcher de lui -à bonne distance quand même.

(Moi) : Ca fait combien de temps qu't'es là ??

Il relève un peu la tête et m'observe d'un air blasé.

(Bill, la voix caverneuse) : Une bonne demi-heure...

Il est repris d'un nouveau haut-le-coeur. Je détourne le regard. Je suis désolé, mais quand je vois quelqu'un vomir, eh beh...je vomis.

(Bill) : J'ai le bide déchiré.

(Moi) : C'est sûrement le mix coke/alcool...

(Bill) : Ouais...

Il se met debout, tremblant et faible. Je vais le soutenir en lui passant le bras sur mon épaule.

(Moi) : Tu devrais rester couché.

Une fois au bord du lit, je l'allonge avec précaution et le recouvre d'une couverture. Tom s'est levé et se tient à côté de moi. Son front est perlé de sueur.

(Bill) : J'ai froid...

Il tremble de tous ses membres. Je pose ma main sur son front. Il est brûlant.

(Moi) : Merde, tu as de la fièvre.

(Bill) : Je suis gelé, Evan...

Je me couche près de lui et le prends dans mes bras. Sa peau est chaude et collante. Il enfouit sa tête dans mes cheveux (eh oui, moi aussi j'ai les cheveux longs). Je frictionne vigoureusement ses bras pour le réchauffer.

(Tom) : Tu veux que j'appelle le service de chambre ?

(Bill, d'une petite voix) : Nan, ça va passer...je veux juste de l'eau. Je crève de soif.

Je lui dépose un baiser sur son front avant de me lever et de chercher ce qu'il désire. Il boit son verre d'eau d'une traite.

(Bill) : Je vais dormir un peu, si ça ne vous dérange pas.

(Tom & moi) : Nan, bien sûr.

Nous nous habillons rapidement puis quittons la chambre. Une fois dans le couloir, nous parlons :

(Moi, angoissé) : Tu crois que c'est grave ???

(Tom) : J'espère pas...étant donné qu'il est malade, il est...fragile.

(Moi) : Je pense qu'on devrait appeler un médecin.

(Tom) : Nan ! On le fera que dans une extrême urgence. Bill a envie d'autre chose, je crois.

(Moi) : Ouais, t'as raison...

On descend dans le hall de l'hôtel. Maiwenn s'y trouve. Elle lit un magazine. Je vois son visage au sourcils froncés par-dessus la revue. Elle est préoccupée.

(Moi) : Salut.

Elle relève la tête.

(Maiwenn) : Ils racontent tout un tas de conneries là-dedans...apparemment, je suis une prostituée payée pour être avec Bill, et toi tu es mon mac. C'est cela, oui.


(Moi) : Bill ne se sent pas bien.

Elle lève vers moi des yeux électriques.

(Maiwenn, en baissant la voix) : C'est peut-être à cause de votre virée d'hier soir ?

Oups, elle est au courant.

(Maiwenn) : C'est pas malin d'ta part. Tu sais très bien qu'il doit se ménager, et toi, tout ce que tu trouves à faire, c'est de l'emmener en boîte et de le chevaucher toute la nuit.

(Moi, d'un ton venimeux) : Parle pas de lui comme ça. Et puis, toi tu me fais la morale, mais tu crois peut-être que tu es mieux ? Tu crois pas que j'ai deviné qu'il s'était passé des trucs avec Tom ?


Elle se planque derrière son magazine, embarrassée.

(Maiwenn) : On s'est protégés.

(Moi) : Nan mais j'hallucine ! J'te jure. Tout le monde baise avec tout le monde, vas-y fais péter les strings.

Un silence. Elle me fusille du regard.

(Maiwenn) : Et toi alors...t'as fait le test ?

(Moi) : Ouais...

(Maiwenn) : Et...?

C'est dans ces moments-là que je me déteste. C'est dans ces moments-là que j'ai envie de me tuer.

(Moi) : J'ai rien.

Oui, je viens de mentir à ma soeur. Encore une fois. Mais elle a suffisamment de problèmes, je n'ai pas envie d'en rajouter une couche. Même quand je serai au summum du désespoir, même quand je toucherai le fond, cela restera un combat que je mènerai seul.
Elle pousse un soupir soulagé.

(Maiwenn) : C'est déjà ça. T'as une putain de chance.

Moi, de la chance. C'est ça, ouais.

Je sors sur le parvis du devant de l'hôtel pour fumer une clope. J'ai besoin de réfléchir. Seul. J'observe l'agitation de la circulation qui grouille devant mes yeux. Les gens vont et viennent, indéfiniment. Chacun fait sa vie comme il veut, indifférent à ce qui se passe chez les autres. Personne ne sait que Bill a le Sida. Personne ne sait ce qu'il endure. Personne ne sait de quelle façon il souffre. Moi, je le sais. Parce que je l'aime. Et que lorsqu'on aime réellement une personne, on ressent chaque chose que celle-ci perçoit.
Je ne sais pas ce qu'il va advenir de nous. Et je crois que je ne veux pas le savoir.

***

(Tom) : Viens vite ! Bill est vraiment pas bien !

Je lui emboîte le pas, et nous fonçons vers les étages. On débarque en trombe dans la chambre de Bill. Maiwenn y est déjà. Elle n'a que le temps de me jeter un regard anxieux avant que je bondisse auprès de Bill.
Il a le corps parcouru de frissons, les cheveux collés par la transpiration. Je lui prends la main. Elle est glacée.

(Moi) : Bill...tu m'entends ?

Il ouvre les yeux. Ils sont vitreux et ternes.

(Bill) : Evan...

A l'entente de sa voix aigrelette, mon rythme cardiaque grimpe en flèche. Je lutte contre les larmes qui envahissent mes canaux lacrymaux. Je caresse sa main d'un geste paniqué et maladroit.

(Moi) : On va appeler un médecin...on va t'amener à l'hôpital, et on te soignera, ok ?

Il ne me répond que par un faible gémissement. Son corps est perlé de sueur et son visage d'ange est d'une blancheur de craie. Ca me fait l'effet d'une centaine de coups de couteau dans le corps.

(Tom) : J'appelle le médecin de la clinique.

Il sort son portable et compose le numéro. Il explique rapidement le cas de Bill.

(Tom) : Ils arrivent le plus vite possible.

Pourquoi maintenant ? Pourquoi il faut que tout s'écroule ici, maintenant ? Le destin ne peut-il pas nous donner un peu de répit ? Je tiens la main de Bill, je la serre fort, comme si j'avais peur qu'il m'échappe, qu'il file entre mes doigts comme un nuage de fumée. Oh, Bill...
Il me regarde à travers la brume de sa fièvre. Ses yeux m'implorent. Mais qu'est-ce que je peux faire ? Je suis totalement impuissant.

Georg et Gustav surgissent sur le pas de la porte, suivis par Hub. Celui-ci s'arrête net quand il voit Bill étendu dans le lit.

(Hub) : Qu'est-ce qu'il lui arrive ? Je voulais vous prévenir que j'ai essayé de retenir une bonne dizaine de journalistes venus vous interviewer, mais je crains qu'ils n'aient réussi à rentrer...

Des voix nous parviennent du couloir. Des voix de gens qui ne doivent surtout pas voir l'état de Bill.

(Moi) : Dégagez-les de là ! C'est pas le moment !

Mais trop tard, ils sont arrivés à l'encadrement de la porte. Leurs visages curieux et leurs yeux vicieux tentent d'apercevoir quelque chose qui pourrait ravir leurs lecteurs. Leur conversation forme un incroyable brouhaha. Bill fronce les sourcils et se tourne dans le lit, dérangé. La bouche entrouverte, il exhale un souffle malade et brûlant. Je lève des yeux méchants vers les journalistes. Je ne leur permettrai pas de lui faire du mal. L'un d'eux bouscule Hub et rentre dans la chambre. Je le regarde, sidéré, me tirer par la manche et me tendre un magnétophone sur le coin de la bouche. La marée de journalistes qui se trouve encore sur le pas de la porte me regarde avec des yeux avides. On croirait des charognards prêts à se jeter sur une carcasse.

(Journaliste) : Pourquoi ce rassemblement autour de Bill Kaulitz, le chanteur homosexuel le plus controversé de la planète ?

(Moi) : Dégagez de là. Vous n'avez rien à faire ici.

(Journaliste) : Que pensez-vous du réchauffement climatique ?

Je serre les poings. Ce n'est vraiment pas le moment de me faire chier. Pas quand Bill est en train d'agoniser dans son lit.

(Journaliste) : A votre avis, le fait que l'on qualifie votre musique de "bouillie musicale" est-elle justifiée ?

D'un geste, je fais voler son magnétophone qui va s'exploser en mille morceaux sur le sol. J'attrape le journaliste par le col et le fixe méchamment.

(Moi) : VOUS ALLEZ VOUS BARRER D'ICI TOUT DE SUITE, SINON JE VOUS JURE QUE JE VOUS ATOMISE LA GUEULE !

Il se débarrasse de mes mains qui le tiennent et me regarde à son tour d'un oeil noir.

(Journaliste) : C'était juste quelques petites quest...

Je ne le laisse pas finir sa phrase. Je lui envoie mon poing de toutes mes forces et son nez émet un craquement sinistre. Immédiatement, une cascade de sang inonde son visage et sa chemise auparavant immaculée. Le journaliste porte ses mains à son nez dans un râle de douleur.

(Moi) : Je vous avais prévenu. Maintenant, dégagez de là.

Je me tourne vers le petit comité de journalistes qui attend au chambranle de la porte.

(Moi) : Barrez-vous !

Ils obéissent, et, un par un, ils quittent la pièce. Le journaliste que j'ai frappé les suit, mais, avant de partir, m'adresse une dernière parole :

(Journaliste) : On n'en restera pas là.

Il part. Je reconcentre mon attention sur Bill. Il a les yeux mi-clos. Des larmes ont coulé sur ses joues. Des larmes de fièvre. Je me penche vers lui et lui caresse les cheveux. Tous les autres nous regardent, à distance.

(Moi, chuchotant) : Je t'avais dit que je te protégerai, Bill...

Celui-ci m'adresse un faible sourire. Cette image de lui au bord du gouffre me donne le vertige et vient s'imprimer dans ma rétine. Je ne t'oublierai jamais, Bill, quoi qu'il arrive. Au même moment, des individus habillés de blanc entrent dans la pièce.

(Ambulancier) : Poussez-vous de là. On a besoin d'espace pour faire passer la civière.

Ils hissent Bill sur la civière. Celui-ci retombe comme une poupée de chiffon. Sa main pend sur le côté. Cette main que je ne voulais surtout pas lâcher. Les ambulanciers quittent la pièce sans un mot. Le petit groupe les suit, sauf moi. Je reste planté au milieu de la pièce. Maiwenn le remarque et se tourne vers moi.

(Maiwenn) : Allez, viens, on les suit jusqu'à l'hôpital.

Anéanti, je me laisse tomber sur le lit encore chaud de la présence de Bill. Je contemple les draps vides d'un air affligé, en me disant que, peut-être, Bill n'y redormirait plus jamais.

(Moi) : Vas-y, toi.

Elle fait les yeux ronds.

(Maiwenn) : Qu'est-ce qui te prend ?

(Moi) : Je peux pas y aller, c'est tout. Je...pourrais pas le supporter.

(Maiwenn) : Tu peux pas faire ça. Tu peux pas LUI faire ça. Tu sais très bien qu'il a besoin de toi.

Ses paroles résonnent dans mon esprit comme un gong. Je le sais, je le sais tout ça ! Mais je ne peux pas bouger, je suis collé à ce lit. Je ne veux pas voir sa souffrance, je l'aime mais je ne peux pas, c'est tout. J'ai tort, je me hais, mais c'est comme ça, ok ? Les pensées tournoient et se bousculent, toutes plus contradictoires les unes que les autres. Je plonge ma tête dans les mains.

(Moi) : Vas-y, je te dis.

(Maiwenn) : Allez, courage !

(Moi) : VAS-Y !

J'écarte un peu mes doigts juste assez pour la voir, mais pas suffisamment pour qu'elle voie mon visage. Mon visage couvert de larmes devant ma lâcheté.

(Maiwenn) : Bon...

Elle quitte la pièce, me laissant plus seul que jamais. Je relève la tête. Le silence qui m'entoure semble me couvrir de cris accusateurs. Je ne suis qu'un lâche, je fuis. Je me déteste.

***

(Maiwenn) : Il te réclame.

Je me bouche les oreilles.

(Moi) : Tais-toi, je ne veux rien savoir !

Je cours m'enfermer dans ma chambre en claquant la porte. Trois jours que Bill est à l'hôpital. Trois jours que tout le monde me demande d'aller le voir, trois jours que tout le monde me demande POURQUOI je ne vais pas le voir. Mais est-ce que je le sais, moi ? Peut-être qu'ils pensent que je ne fais aucun effort, mais c'est faux. A plusieurs reprises, j'ai essayé d'y aller. Je n'y arrive pas. Cette peur incontrôlable s'est blottie au creux de mon ventre et ne me quitte pas. Je ne dors pas de la nuit, je suis hanté par d'innombrables cauchemars. Je m'écroule au milieu de ma chambre. Je n'en peux plus. Je suis fatigué, troublé, hanté, c'est tellement horrible ! Bill, aide-moi. Donne-moi la force. J'ai peur. Si je ne mange plus, si je ne dors plus, c'est pour toi, tu sais. Je suis terrorisé à l'idée d'aller à l'hôpital, de te voir au bord de la mort, que tes paupières ne se soulèvent plus...je sais, je devrais te soutenir. Mais j'ai tellement peur de ce que je peux découvrir, peur de la réalité...

"Mais on ne peut pas éternellement vivre dans un monde de rêves"

Je ne sais pas d'où parvient cette voix. De ma tête, sûrement. C'est mon subconscient.

"Je sais..."

"Alors, qu'est-ce que tu attends ?"

"J'ai peur..."

"Est-ce que tu l'aimes ?"

"Oui..."

"Alors dépêche-toi !"

"Lui ne m'aime pas."

Est-ce que c'est ça qui me retient ? Le fait que je ne sache pas s'il est amoureux de moi ?

"C'est bien plus que de l'amour qu'il ressent pour toi, et tu le sais."

"Mais il y a Tom..! "

"..."

"Aide-moi, je t'en supplie...Bill"

Je m'allonge sur le lit. Ma peau me brûle, j'ai envie de l'arracher et d'en jeter les lambeaux. De déchirer cet amour, de m'ouvrir le crâne pour ôter tous ces souvenirs. Ca me brûle, j'ai mal...le sang bouillonne dans mes veines. Bill, je t'aime, je me consume de l'intérieur. Sauve-moi...j'ai si mal. Je me tire les cheveux, fort, très fort. J'ai envie d'extérioriser cette douleur. Je t'aime, c'est à cause de toi que je suis comme ça. Je souffre, je brûle ! Le sang palpite à mes tempes. J'ai mal à la tête. Mon ventre se tord. Tu as mal et tu as besoin de moi...et moi je reste là. Je tire mes cheveux de plus en plus fort. Tu as besoin de moi et moi je ne viens pas. Mais j'ai si mal, Bill !

"Lui aussi a mal...et tu le laisses dans sa détresse."

Je me prends la tête et la secoue dans tous les sens pour chasser cette voix.

"Laisse-moi !"

"Il a besoin de toi et tu le laisses..."

"Tais-toi !"

Je ferme les yeux et me concentre pour apaiser cette tempête qui s'est formée sous mon crâne. Le silence s'instaure enfin. Quand je rouvre les yeux, j'ai l'impression que les murs se rapprochent les uns des autres. Je suis enfermé ici, dans ma propre culpabilité. Les murs se rapprochent, il fait sombre. Et une voix quelque part murmure "Rette mich...". Bill ? Est-ce que c'est toi ? Les murs bougent, de la poussière tombe du fait de leur à cause de leur mouvement. Il y a un évier sale qui luit faiblement sous un néon clignotant. Je me lève et me précipite vers lui. J'ouvre le robinet, dans le but de me passer de l'eau sur le visage, pour me calmer. La pièce me paraît plus petite, je me trompe ? Je tourne le robinet, qui émet un grincement perçant. Rien n'en sort.

Rette mich...

Et toujours cette voix qui vient de je ne sais où. Mon coeur bat à la chamade, il faut que j'ouvre cette saleté de robinet avant que les murs ne viennent m'engloutir. Je tourne le robinet dans le vide. Rien, il n'y a rien.

Rette mich...

Je lève les yeux vers le miroir cassé qui se trouve au-dessus du lavabo. Ce n'est pas moi que je vois, mais le visage de Bill. Sa bouche articule silencieusement :

Rette mich...

Je ne supporte pas cette vision. J'en ai assez ! Mon poing vient exploser le miroir qui tombe en morceaux dans un fracas funeste. Du sang émerge des différentes plaies qui se sont formées sur ma main. Je n'ai pas mal. La douleur vient d'ailleurs.
Les murs se rapprochent, encore et encore. Je m'asseois sur le parquet poussiéreux, en attente de me faire aplatir entre les deux cloisons. Au moins, je ne ressentirai plus rien, une fois mort. Des inscriptions gravées en lettres brillantes attirent mon attention. Rette mich, en lettres de sang...elles couvrent tous les murs.

Rette mich...

(Moi) : Laissez-moi !

Les voix s'élèvent de plus belle. Les murs ne sont plus écartés que de deux mètres. Je n'ai pas peur. Je suis même pressé. Du moment que ces voix se taisent...

Rette mich, rette mich, RETTE MICH !

(???) : Evan ?

J'ouvre les yeux d'un coup et me redresse brusquement. Pour venir me cogner à Tom. Celui se recule, l'air inquiet.

(Tom) : Ca va ? Tu es couvert de sueur.

Je jette un coup d'oeil autour de moi. Je suis dans ma chambre d'hôtel. Je comprends au bout de quelques secondes que c'était un rêve. Encore. Voilà ce qui me hante toutes les nuits. Dans un mouvement spontané, je tombe dans les bras de Tom.

(Moi) : J'en peux plus, Tom...

Il me prend entre ses bras rassurants.

(Tom) : Il faut que y ailles, Evan...sinon, tu ne t'en sortiras pas.

(Moi) : T'as raison.

Ca y'est, je suis vaincu. Je vais admettre la réalité. Une bonne fois pour toutes. Je m'écarte de Tom et me lève, déterminé.

(Moi) : Je n'ai pas peur.


[Fin du chapitre ! Alors, Evan va-t-il avoir le courage d'aller voir Bill à l'hôpital ? Réponse dans la suite !]

PS : A votre avis, c'est une bonne idée de mettre une chanson à chaque début de chapitre pour l'ambiance ?
Chapitre XXX : Hantise nocturne

# Posté le lundi 30 juin 2008 10:17

Modifié le jeudi 10 juillet 2008 11:35

Chapitre XXXI : En tête à tête

Encore une fois ici. Encore une fois dans ce lieu horrible. Cette odeur de médicaments et de malades. Cette atmosphère étouffante. Ces murs blancs. Ces couloirs interminables. Oui, je déteste cet hôpital. Mais j'ai eu le courage d'y venir.
Bill est encore dans une chambre, encore une autre. Et les médecins l'observent. Encore.
Et moi j'attends. C'en est presque insupportable. Je tourne en rond, j'ai la nausée. Je veux savoir. JE VEUX SAVOIR, c'est pourtant pas si compliqué que ça ? Ces évanouissements, ces vomissements...qu'est-ce que ça signifie ? Est-ce que ça va passer ? Pourquoi personne ne peut répondre à mes questions ? Mon ventre est tordu par l'angoisse. Je me sens terriblement mal. Mais y a-t-il quelqu'un pour me comprendre ?
Maiwenn tente de me rassurer. Sans succès. Tom, quant à lui, fume cigarette sur cigarette. Il n'est guère mieux que moi.

Enfin, au bout d'un moment, un médecin vient nous voir. Mes nerfs sont à vif. Je lui saute dessus.

(Moi) : Alors ???

(Médecin) : Il a demandé à vous voir, monsieur Culkin...

Je le considère d'un air incrédule. Tom, lui, a l'air profondément vexé. Pourquoi le médecin ne me dit pas ce qu'il a ? Qu'est-ce qui se passe ?

(Moi) : Très bien...je vous suis.

On déambule donc dans le labyrinthe des couloirs et accédons enfin à la chambre. Le médecin l'ouvre. Je passe devant lui. Il referme la porte derrière moi.
J'avance dans la pièce à pas hésitants. Ce que je vois me glace le sang. Le visage de Bill est recouvert d'un masque à oxygène. Sa respiration est lente et bruyante. L'électrocardiogramme est régulier. Je ressens comme une impression de déjà-vu.
Je m'asseois au bord du lit. Bill a les yeux grands ouverts. On y lit de la détresse. Et c'est tout. Il fixe le plafond.

(Moi) : Bill...ça va ?

Question relativement stupide. Mais les mots me manquent.

(Bill, d'une voix à peine audible) : Je sais pas...

(Moi) : ?

(Bill) : Je sens plus mon corps...ils m'ont shooté à la morphine.

(Moi, paniqué) : Pourquoi ???

Il tourne enfin les yeux vers moi. Ils sont tout brillants.

(Bill) : Tu sais, tu resteras toujours sacré pour moi, Evan...

Les larmes me montent aux yeux. Devant lui, je suis aussi sensible qu'une petite fille. Il a quelque chose de tellement...spécial. Je sens son regard insistant sur moi.

(Moi) : Me regarde pas comme ça...

Il ne m'écoute pas. Son regard déchirant reste posé sur moi. Qu'est-ce que je suis censé dire ? Qu'est-ce que je suis censé faire ? Je me demande soudain pourquoi je suis ici. Bill me fixe toujours. Je détourne les yeux, je ne veux pas le voir. Je me contente donc de faire vagabonder mon regard par-delà la fenêtre. Je suis mal à l'aise, je me sens étouffé. Pourquoi je suis là ? C'est inutile. On se fait du mal, Bill est là sans être là. Comme s'il m'avait définitivement échappé. Je sens soudain quelque chose se poser sur mon bras. C'est la main de Bill. Comme pour me consoler, pour me dire "tu n'es pas seul". Mais c'est faux. Je suis plus seul que jamais. Et c'est à ce moment que je fonds en larmes. Je m'effondre sur le torse de Bill et l'inonde de ma tristesse. Chaque larme est comme une goutte de sang qui s'échappe de mon corps. La vie me quitte peu à peu.

(Moi, en sanglotant) : Bill, tu peux pas me faire ça...

Je relève la tête pour le regarder. Je veux continuer à voir la flamme s'animer dans son regard, je veux qu'il vive ! C'est impossible qu'il me quitte. N'est-ce pas ?

(Bill) : Je ne te sens pas sur moi...je ne sens rien, Evan !

Je sanglote de plus belle.

(Bill) : Je sens juste mon coeur qui saigne...

Il lève mollement sa main vers moi mais la laisse retomber.

(Bill, au bord des larmes) : J'y arrive pas...

Je porte ma main sur son visage et le caresse doucement. Il ferme les yeux pour essayer de sentir ce contact furtif. Sa peau est douce et chaude. Ca me rassure un peu.

(Bill) : Tu méritais pas ça, Evan...

Je pose mon doigt sur ses lèvres sèches et craquelées.

(Moi) : Tais-toi...

Je m'allonge sur lui, en prenant bien soin de ne pas l'écraser. Et je pleure. Je vide mon désespoir. Il reste immobile, inerte, à partager ma douleur.

(Moi) : Tu m'as fait découvrir tant de belles choses, Bill...et j'ai pas su te protéger.

Il ne répond pas. Je vois juste les larmes dégringoler sur son visage. Je lui ôte ce masque qui lui dénature le visage. Il est pris d'un hoquet, comme un poisson hors de l'eau.

(Bill, haletant) : M...merci.

Je dépose un chaste baiser sur ses lèvres. Comme j'aimerais avoir le don de lui insuffler la vie. Je lui donnerai la mienne sans hésiter.
Je le regarde ensuite droit dans les yeux. Son regard a retrouvé un peu de vigueur. Je ne peux pas me faire à l'idée que ses paupières recouvrent ce regard à jamais. Je m'imprègne une dernière fois de ses yeux pour ne jamais les oublier.

(Moi) : Je t'aime tellement, Bill...je pourrai pas vivre sans toi.

(Bill) : Du wirst für mich immer heilig sein...(tu resteras toujours sacré pour moi)

Est-ce que ça veut dire qu'il m'aime ? Non, c'est autre chose. Quelque chose de bien plus fort. Nous sommes liés par un lien immortel qui est bien au-dessus de l'amour. Un lien indestructible teinté d'éternité et de perfection.
Soudain, Bill ferme les yeux. Paniqué, je le secoue un peu violemment.

(Moi) : Nan, Bill, ne t'endors pas, reste avec moi !

Il rouvre les yeux.

(Bill) : Approche...

Je fais ce qu'il me dit. Il me souffle doucement dans le cou et me mord.

(Bill) : Considère ça comme la marque de notre lien...

Je porte la main à mon cou. Je sens la marque de ses dents. Le peu de forces qui lui reste, il l'a utilisé pour moi. Ca me touche tellement que je me remets à pleurer.
Soudain, une lente litanie s'élève dans la pièce. C'est Bill qui chante, d'une voix très faible.

Du wirst für mich immer heilig sein
Ich sterb' für unsere Unsterblichkeit
Meine Hand von Anfang an
Uber dir
Ich glaub an dich
Du wirst für mich immer heilig sein


Je le regarde chanter. Il est toujours aussi magnifique. L'amour que je lui porte est infini. Ca ne peut pas se terminer. Pas maintenant.

(Moi) : Bill...


[Fin du chapitre. Qu'est-ce qu'Evan compte dire à Bill ? Moi seule le sait hin hin hin]

______________________

Question :

badgirl2006 : J'ai toujours du mal à comprendre le comportement de Bill envers les autres , même si il veut se venger , même si il a mal et qu'il est malade , Pourquoi ???

S'il est méchant avec les autres, c'est parce qu'il est aigri, qu'il est dégoûté des gens et de la vie. Il sait que le monde continue et continuera de tourner sans lui, indifférent...
Chapitre XXXI : En tête à tête

# Posté le lundi 07 juillet 2008 07:46

Modifié le jeudi 24 juillet 2008 17:22

Chapitre XXXII : Parce qu'une histoire avec un dénouement heureux est une histoire qui n'est pas terminée...



(Moi) : Bill...

Il ne me répond pas. Ses yeux sont grand ouverts sur le plafond, inexpressifs.

(Moi) : Bill ?

Mes doigts se crispent autour de son bras. Je le secoue un peu. Pas de réaction.

(Moi) : BILL !!!

Je me laisse tomber à terre. Un véritable torrent de larmes vient inonder le sol de la chambre. On n'entend plus que mes pathétiques sanglotements. Ca y'est, je commence à comprendre. Le départ est proche.

(???) : A cause de ce que j'ai vécu, j'avais peur d'aimer...mais tu m'as redonné confiance...en l'amour...

Je me relève brusquement. C'est Bill qui a parlé, d'une voix à peine audible. Une lueur d'espoir s'empare de moi.

(Moi) : Bill...tu m'entends ?

(Bill) : Tu resteras sacré pour moi...sacré...

Soudain, sans heurts, ses yeux se ferment aussi délicatement qu'un battement d'ailes. Je le contemple avec une profonde détresse. Je suis figé, plus rien ne traverse mon esprit. Il murmure encore quelque chose, je ne comprends pas. Je crois que c'est "je t'aime" mais je n'en suis pas sûr. Non, ça ne doit pas être ça. Les fréquences sonores de l'électrocardiogramme s'espacent, s'espacent de plus en plus. Le vide qui sépare chaque bip me semble immense. Je pose ma main sur son torse. Je sens son coeur cesser de battre, comme si le temps se suspendait à jamais. Il est en train de me quitter, pour toujours.

(Moi) : Bill...Bill...je t'en supplie...

Je le secoue un peu. Il ne bouge pas. On le croirait plongé dans une profonde rêverie.

(Moi) : Bill...ne me laisse pas...

Les traits de son visage se détendent. J'ai froid. Et j'ai peur, j'ai si peur...

(Moi) : Ne me laisse pas...je t'aime tellement...

Peu à peu, sa poitrine cesse de se soulever. Et je suis là, impuissant, à le regarder partir à tout jamais loin de moi. Bill...sauve-moi...

(Moi) : Emmène-moi avec toi...

Je ne peux plus parler. Ma voix s'est transformée en un sanglot qui explose de nouveau bruyamment. Je tape du poing contre les barreaux du lit.

(Moi, hurlant et reniflant) : Naaaan, réveille-toi !

Je le secoue de toutes mes forces. Son corps remue comme une poupée de chiffon. Rien ne montre la moindre trace de vie sur lui.

(Moi) : Reviens !

Je m'écroule de nouveau à terre pour laisser échapper tout le produit de ma tristesse. Mes pensées sont empoisonnées, mon coeur brûlé, je ne ressens plus rien que ma propre douleur qui hurle au fond de moi. Je laisse les larmes couler, couler, en espérant de toutes mes forces qu'il va se réveiller et me dire : Arrête de pleurer, Evan, je suis là...
Mais jamais Bill ne vient me dire ça. Car c'est fini. Pour de bon.
Je pose ma tête sur le ventre inanimé de l'être que j'aime tant et m'endors, harassé par la fatigue et le chagrin.

***

Je crois bien que des gens sont venus dans la chambre. Quand je me réveille, j'entends des voix précipitées, je vois des visages décomposés par les pleurs. Pour ma part, je suis complètement sonné. Comme dans un rêve. On me relève, on me parle, je ne réponds pas. Je ne comprends plus rien. On va m'asseoir sur une chaise et on me pose une tonne de questions. Je reste muet, totalement déconnecté. On me demande de quitter la chambre. Je me lève donc.
Je contemple une dernière fois le corps enfin apaisé. Sa poitrine ne se soulève plus. L'électrocardiogramme reste désespérément plat, empli du même vide qui m'habite en ce moment. Je m'en vais une dernière fois lui prendre la main. Elle est froide. Jamais plus elle ne viendra me caresser le visage, jamais plus elle...Je ne peux m'empêcher de verser une larme qui roule et va s'écraser sur son bras inerte. Je n'arrive pas à croire que c'est fini. Que Bill Kaulitz ne chantera plus. Sa voix, sa belle voix...Mon estomac se serre. Bill ne sera plus qu'une illusion à travers un écran de verre, intouchable et figée à jamais comme une statue de pierre. Je l'aime tellement...
Soudain, un rayon de soleil perce entre les nuages et vient illuminer son visage blanc. Il est si beau. C'est un ange qui a rejoint le paradis, emporté par la maladie, comme des milliers d'autres. Tom et moi aussi sommes atteints du SIDA. La mort déploiera ses ailes sur nous de la même façon, et nous rejoindrons notre Bill. Nous quitterons ce monde qui n'est pas fait pour nous...je n'ai pas peur.

J'ai encore du mal à y croire, mais pourtant oui, la flamme de la vie s'est éteinte en lui. Son âme a quitté son corps dans une ultime expiration, pour rejoindre le ciel...elle s'est envolée sans que rien ni personne ne puisse la rattraper. Je sais qu'il m'attend, quelque part au paradis, où il ne souffre plus. Je le sais parce que nous sommes liés pour l'éternité...je l'aimerai jusqu'à mon dernier souffle...même si je ne saurai jamais si cet amour que je lui vouais était réciproque. Chaque sourire, chaque larme, chaque parole ne seront que pour lui. C'est ainsi. Est-ce que tu me vois de là-haut, Bill ? Est-ce que tu vois comme je souffre de voir ton visage qui restera à jamais figé ? Je n'entendrai plus ton rire, tes yeux cerclés de noir ne pétilleront plus...tes absences seront dures, autant pour moi que pour Tom, Maiwenn, Georg, Gustav, Hub, et toutes les fans. Les étoiles meurent...toi tu as brillé de mille feux avant de t'éteindre une bonne fois pour toutes. Si tu savais comme j'ai mal...j'ai l'impression d'être une coquille vide, mais est-ce qu'une coquille peut ressentir la douleur qui me tiraille de toutes parts ? Non, je suis bel et bien vivant, et, toi tu es...

La mort de Bill a provoqué un soulèvement médiatique encore jamais vu. Une nouvelle campagne contre le SIDA a été lancée. Il faut toujours qu'il y ait des morts pour que l'on se décide à faire quelque chose...ça me dégoûte. Je suis dans un hôtel de Magdeburg, en attendant de trouver un avion qui me ramènera en France. J'ai du mal à croire que tout ça est terminé pour de bon...je n'ai pas cessé de pleurer depuis l'enterrement. Je ne sais plus à quand remonte mon dernier repas. Je vais me laisser mourir, purement et simplement. Ou la douleur qui me consume finira par me rendre fou...

(Tom) : Je peux entrer ?

Il est à ma porte. Je me traîne pour aller lui ouvrir. Il a les dreads en bataille, le visage blême, les yeux rouges. Il semble à bout de forces. Nous allons nous asseoir au bord de mon lit. Regardons la télé un bon moment, sans parler. Chacun plongé dans ses pensées...Il se tourne finalement vers moi.

(Tom) : Tu sais, je l'aimais vraiment...

Je suis un peu surpris par ces paroles.

(Moi) : Moi aussi, je l'aimais...

(Tom) : Alors, je me disais...puisque tous les deux, nous allons bientôt, enfin, tu vois...je me disais qu'on pourrait rendre hommage à Bill une dernière fois...

Et, dans un mouvement naturel, ses lèvres viennent rencontrer les miennes, dans le plus doux baiser que j'ai jamais reçu. Ses mains viennent encercler ma nuque. Je me rapproche de lui, puis l'allonge délicatement sur le lit. Je me mets à califourchon sur lui tout en l'embrassant. Il s'affaire à m'enlever mon tee-shirt. Nous allons faire l'amour une dernière fois dans notre vie. Et cette fois-là, elle sera pour Bill.

***

Je suis dans les bras de Tom. Notre nuit a été brûlante, belle et triste comme un coucher de soleil. Nous nous sommes offerts tout entier à lui.

______________________


EPILOGUE :


Je marche dans les rues de Magdeburg. Vous vous demandez sûrement ce que je fais là, un an après la mort de Bill. Moi non plus, je ne le sais pas vraiment. C'est mon instinct qui me guide, puisque mon coeur, lui, est mort depuis longtemps. Je continue de marcher sous la pluie battante. J'ai froid. Mais ça non plus, je ne le sens pas. Ma peau n'est plus qu'une enveloppe de chair nécrosée. Il fait nuit. Les réverbères luisent faiblement dans une lueur vaporeuse à travers les gouttes d'eau. Mes chaussures crissent sur le sol mouillé. Je ne sais pas vraiment où je vais, mais j'y vais.
Je passe les grilles d'un parc. Après avoir parcouru quelques minutes le sentier sinueux, un arbre apparaît à ma vue, au milieu de la pelouse détrempée. Je me dirige vers lui, malgré le fait que l'averse a redoublé de violence. Mes vêtements sont trempés et boueux, je grelotte.
En dessous l'arbre, il y a un banc. Je vais aller m'y asseoir, les feuilles de l'arbre filtreront un peu la pluie.
Il n'y a pas âme qui vive ici. J'ai besoin d'être seul de toute façon. Les gens m'insupportent, je ne peux plus voir personne, même ma propre soeur. Eh oui, certains évènements font que l'on change. J'ai changé, oui.
Je reconnais soudain l'arbre sous lequel je suis. C'est un cerisier japonais. Celui sous lequel j'étais venu une nuit, avec Bill...on avait fait l'amour, puis on avait regardé les étoiles. C'était...magique. Une larme s'échappe de ma joue. Comme j'aimerais remonter le temps...Bill, tu me manques tellement. Chaque jour à vivre est un supplice.
Je ferme les yeux pour lutter contre mes larmes. C'est tellement dur. J'essaie d'évacuer toutes les pensées négatives qui m'ont envahi. Il ne reste plus qu'elle et moi...cette saloperie de maladie. Je m'affaiblis de jour en jour. Je ne sais même pas comment j'ai fait pour arriver jusqu'à ce banc. Et se promener sous cette pluie glaciale est un véritable suicide. Je m'en fous. J'ai envie de mourir.

Je vois soudain une silhouette se profiler sur le chemin. Elle avance à pas rapides, la tête baissée, si bien que je n'arrive pas à distinguer son visage. Je vois juste de longs cheveux blonds trempés pendre tristement de part et d'autre de son corps. C'est une fille.
Elle arrive vers moi. Je fronce les sourcils. Je n'ai pas envie qu'elle vienne ! Je veux être seul, y'a-t-il quelqu'un pour comprendre ça ?
Oui, elle vient vraiment dans ma direction. Qu'est-ce qu'elle veut ?

(???) : Quel temps magnifique, n'est-ce pas ?

Elle vient s'asseoir à mes côtés. Nan mais je rêve ! Je ne réponds pas, bouillonnant intérieurement.

(???) : Quelle idée de sortir d'un temps pareil...

Je me contente de l'observer attentivement. Sa longue chevelure d'or est plaquée sur un beau visage planté de deux grands yeux bleus. Elle est plutôt jolie, quoiqu'un peu vulgaire.
Elle est maigre, très maigre. Elle flotte dans son imperméable en cuir.

(???) : Je crois que j'avais besoin de prendre l'air frais...au moins une fois avant de...

Elle laisse sa phrase en suspens. Son regard se perd dans le vague. Quelques gouttes de pluie traversent le dais de feuilles qui nous abrite. J'ai froid, si froid...
Elle se tourne soudain vers moi.

(???) : Au fait, je m'appelle Katya...et toi ?

Mon coeur bondit dans ma poitrine. Se pourrait-il que ce soit Katya...LA Katya ? Celle fait tant de mal à Bill et à Tom ? Celle qui nous a conduit tous à notre perte ?

(Moi, maugréant) : Evan...

Elle me fixe de ses yeux brillants. Elle est pâle, son visage est creusé. Elle est très malade, et ça se voit.

(Katya, en baissant les yeux) : En fait, je le savais...

Comment savait-elle que j'étais ici ??? Je détourne le regard. Si je pose les yeux sur elle, je crois bien que je vais l'étriper sur place. Je la hais, je la hais, je la hais.

(Katya) : Je sais que tu m'en veux, et c'est normal...mais j'ai été punie de mes actes, tu sais. Depuis que Tom m'a quittée, j'ai tout perdu...et là, je vais mourir. A cause d'une connerie de maladie. Mais je ne me plains pas, puisque tout est de ma faute.


(Moi) : Oui...tu mérites tout ce qui t'arrive.

Une larme roule sur ses joues. Ce que je viens de dire est méchant, mais c'est la vérité. Je la déteste de toute mon âme.

(Katya) : Je sais...

Eh bien, si elle est au courant, c'est déjà ça. Je la regarde encore une fois. Elle a l'air à bout de forces. Elle me fait de la peine, en fait. Et puis, je n'ai plus le courage d'haïr.

(Katya) : Drôle de vie, quand même...

Je hoche la tête. On se sent bien, finalement, ici. Oui, ça doit être la première fois que je me sens bien depuis que Bill m'a quitté. Son image apparaît devant mes paupières fermées. Je souris.

(Moi, murmurant) : Bill...

Son image, un peu floue, me sourit également. Je me trouve dans un demi-sommeil.

(Moi) : Je t'aime...

J'ai de plus en plus de mal à le voir. Est-ce parce que j'ai du mal à me souvenir de lui, ou parce que je m'endors ?

(Moi) : Viens me chercher...

Il me sourit. Je ne le vois plus très bien. J'essaie de rouvrir mes paupières, mais elles sont lourdes, si lourdes...et puis, à quoi bon les rouvrir, puisque je me sens bien ?
Je sens les forces m'abandonner dans mon demi-sommeil. Une vague lumière apparaît devant mes yeux. Même si ce n'est qu'une illusion, je l'atteindrai. Bill...la souffrance s'évapore, et moi aussi, je crois...j'arrive...Sa voix m'appelle.

Evan...

Evan...

EVAN !

Je rouvre les yeux brusquement. Le visage de ma soeur est planté devant moi.

(Maiwenn) : Ah, t'es long à la détente mon vieux !

(Moi) : Gné ?

(Maiwenn) : Grouille-toi, on va encore être en retard au lycée !!!


Elle bondit hors de mon lit et sort de ma chambre. Ma chambre ? Je me mets sur mon séant. Oui, c'est bel et bien ma chambre, avec les posters d'Alesana, Nightwish...mais qu'est ce que je fous dans MA chambre ? Il y a deux minutes, j'étais sur ce banc avec Katya ! Décidément, je ne comprends rien de rien.

(Moi) : Maiwenn ?

Je l'entends depuis la salle de bains.

(Maiwenn) : Quoi encore ?

(Moi) : Où sont passés les TH ?

Elle fait irruption à l'encadrement de la porte. Un air perplexe peint sur le visage.

(Maiwenn) : Pourquoi tu me parles d'eux ???

(Moi) : Bah euh...

(Maiwenn, l'air fâché) : Si c'est encore pour me dire que c'est un groupe de merde, que le chanteur est un gros gay, bla bla bla, je te conseille de t'abstenir ! Et DEPECHE-TOI bordel !


Ah, toujours aussi aimable ma soeur. Ca fait rêver. Je fixe le plafond d'un air pensif. Se peut-il que tout ceci n'ait été....qu'un rêve ??? Impossible. Ca semblait si réel ! Et pourtant...

***

Oui, c'était bien un rêve. Je ne suis jamais parti de chez moi, je n'ai jamais rencontré les Tokio Hotel, je ne suis jamais tombé amoureux de Bill...et je n'ai pas le Sida.
Cela dit, ce rêve m'a fait beaucoup réfléchir. D'une part, sur mon opinion envers TH et les gens en général. Promis, je ne jugerai plus sans connaître...
Ensuite, je ferai davantage attention quand je ferai l'amour avec quelqu'un (oui, je ne dis pas "quand je ferai l'amour avec une fille". Ce rêve m'a perturbé à ce niveau-là, je me demande si....?) parce qu'avoir le Sida, ou rêver d'avoir le Sida, c'est tout simplement vivre un calvaire où rien ni personne ne peut vous sauver de votre descente aux enfers...
Ca me laisse une impression bizarre. Je me dis que Bill n'est en fait qu'une illusion...que je suis irréel pour lui. Alors que, dans mon rêve, il m'aimait ! Et je touchais la douceur de sa peau, je sentais la chaleur de son souffle, je voyais la lueur de ses yeux...mais non, ce n'est jamais arrivé. Je ne suis rien pour lui. Il ne sait même pas que j'existe.
Je regarde les photos qui se trouvent dans un magazine que j'ai piqué à ma soeur. Bill s'y trouve. Alors, comme ça, rien n'a jamais existé entre toi et moi ? C'est peut-être mieux comme ça, après tout. Mais enfin, c'est tout de même étrange, cette histoire...

J'allais refermer le magazine quand un papier qui était glissé entre ses pages tombe à terre. Je le ramasse et le déplie. Mon coeur loupe un battement.

"Tu resteras à jamais sacré pour moi, Evan..."

Quelqu'un peut-il m'expliquer ce qui se passe ???

Voilà, ici s'arrête ma fic. J'espère qu'elle vous a plu, et que vous avez pris autant de plaisir à la lire que j'en ai eu à l'écrire. Je tiens à dire que j'ai complètement changé la fin, car cette demoiselle (ICI) m'a fait beaucoup réfléchir sur l'issue de l'histoire. Alors, je vous propose cette fin-là, j'espère que vous l'aimerez. Si vous avez une quelconque question sur l'histoire, un élément resté dans l'ombre, dites-le moi.
Sinon, quel a été votre personnage préféré ? Votre moment préféré dans l'histoire ? C'est important que je le sache, ça me guidera pour l'écriture de ma prochaine fic (eh oui, une nouvelle est en préparation ^^).

J'espère que vous me resterez fidèle =)

J'ai aussi une autre question. J'ai deux idées de fic, les voici :

-L'une d'elles se déroulerait à la Renaissance, du temps des pirates,

-L'autre se passerait dans le futur, pendant la troisième guerre mondiale.

A vous de choisir, les votes sont ouverts !!!


MayOu.


Pix : Montage fait par moi
Chapitre XXXII : Parce qu'une histoire avec un dénouement heureux est une histoire qui n'est pas terminée...

# Posté le jeudi 10 juillet 2008 10:59

Modifié le jeudi 29 janvier 2009 16:42