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(Bill) : Va demander aux autres s'ils veulent venir.
(Moi) : Nan, je pense qu'ils seront pas d'humeur...
Il m'attrape le menton pour rapprocher mon visage du sien. Son souffle délicat vient effleurer ma peau. Je frémis, doucement. Ses longs ongles me griffent au passage. J'ai mal. Ils se plantent dans ma peau comme des serres. Mais c'est tellement bon de se plonger encore une fois dans cet océan de chocolat chaud que sont les yeux de Bill. Oh oui, c'est avec délices que je souffrirai pour ne t'avoir rien qu'à moi, Bill.
Il a sniffé sa coke. Je ne pouvais pas vraiment l'en empêcher, si ça lui permet de tenir le plus longtemps possible. C'est peut-être égoïste de ma part de le laisser se détruire, mais je ne vois plus les choses de la même façon maintenant. Moi aussi je vais mourir. Peut-être l'année prochaine, peut-être demain. Je n'en sais rien. J'ai le Sida. La maladie de l'amour. Si je pouvais me trancher la gorge pour me vider de mon sang, pour me vider de ton amour, Bill, de cet amour qui m'a empoisonné, je le ferais sans hésiter. Et toi qui es là avec ton rail de coke, de la poudre blanche au bord du nez. Tu es pitoyable, et je te suis dans ta connerie. Nous ne sommes que deux lâches partis à l'assaut contre le monde.
Il me tient toujours le menton. Son visage s'est étiré en un sourire carnassier. J'aime le voir comme ça.
(Bill) : Alors, on y va en tête à tête...
***
On entre dans la boîte la plus branchée de L.A. sans aucune difficulté. Il faut dire qu'on s'est mis sur notre 31, comme disent les vieux. Bill s'est habillé d'un smoking blanc, d'une chemise noire et d'une cravate rayée noire et blanche. Il porte également un chapeau blanc, type borsalino. Pour ma part, j'ai sorti un tee-shirt noir à motifs bleu-verts complété d'un slim noir et d'une ceinture à grosse boucle. Et une cravate également pour compléter le tout. J'en ai profité pour refaire ma teinture (je vous rappelle que j'étais devenu blond à cause de Bill et de son caractère, que l'on pourrait qualifier "de merde") et mes cheveux sont plus noirs que jamais tandis que mes yeux n'ont jamais été aussi étincelants. Je suis beau, oui on peut le dire.
Immédiatement passé la porte je pénètre dans une atmosphère sombre, chaude, étouffante. La musique va m'assourdir, la lumière m'aveugler, l'alcool se chargera du restant de mes sens.
Bill passe devant moi et fonce au bar. La coke commence à faire son effet ; bientôt il se sentira pousser des ailes. Il nous commande un TGV chacun (composé de Tequila, Gin et Vodka). Je bois mon verre doucement, j'ai du mal à avaler ce liquide qui me consume la gorge. Je suis naze, je déteste l'alcool. Je regarde Bill du coin de l'oeil. Il a le regard perdu dans le vague. Je me demande à quoi il pense.
Bientôt, ses yeux se mettent à briller d'une lueur anormale, il commence à s'agiter sur sa chaise. Il tire maladroitement sur le col de sa chemise.
(Bill) : Putain, qu'est-ce qu'il fait chaud, ici...
J'en suis à mon deuxième verre. Moi aussi, j'ai chaud. Mes pensées commencent à devenir confuses. Le visage de Bill est couvert de sueur.
(Moi) : Si on allait danser ?
Il sourit. Son torse se soulève par rythme saccadé, il respire vite.
(Bill, essoufflé) : Ouais...
Il se lève.
(Bill) : Putain, j'ai le coeur qui bat à cent à l'heure...!
Il chancelle un peu et se retient in extremis à un poteau. Je le dévisage d'un oeil vide et brillant.
On avance donc sur la piste de danse. Je m'enfonce parmi la masse humaine. Bordel, qu'est-ce qu'il fait chaud ! J'ai l'impression de fondre sous la lumière des lasers. C'est...étrange.
Je commence donc à danser avec des gestes approximatifs (eh oui dans ces cas là l'alcool ça aide pas) mais Bill m'attrape par le t-shirt pour me tirer vers une cage. Il me reste suffisamment de dignité pour refuser.
(Moi) : Arrête tes conneries, on va pas monter là-dedans !
Il m'attire contre lui. Je sens son corps en ébullition contre le mien.
(Bill) : Mais si, viens !
Je le suis donc à contrecoeur. Je grimpe avec difficulté dans la cage. Immédiatement à l'intérieur, Bill commence à se déhancher. On nous regarde d'un air intrigué. Je m'en fous. Je ne suis plus à ça près maintenant. Bill s'approche soudainement de moi, l'air féroce, pour me tirer par la cravate. Je bascule en avant pour me retrouver plaqué contre lui. Il me sourit brièvement avant de se mettre dos à moi. Attentif à ses gestes, je le vois commencer à se frotter contre moi. Mon souffle s'accélère. Bientôt, il descend tout le long de mon corps en ondulant sensuellement son bassin. Une bouffée de chaleur m'envahit et s'empare de moi. Ses mains partent derrière lui pour me caresser au passage. J'ai chaud, j'ai très chaud. C'est moi ou bien ?
Après être arrivé à mes pieds, Bill remonte en se cambrant exagérément. Quand il arrive au niveau de mon entrejambe, il remue son bassin de façon à se frotter contre mon intimité. Celle-ci réagit presque immédiatement en tendant le tissu de mon boxer.
Une fois remonté à ma hauteur, Bill se retourne et m'observe, le regard provocant. Sa crinière de cheveux lui donne un air sauvage. Je le regarde, hypnotisé, tandis que mon rythme cardiaque s'accélère. Il fait rouler son piercing entre ses dents. Je plisse pour voir ce qu'il y a inscrit dessus, car l'écriture est en fluo et brille dans l'obscurité. Il y a écrit "Baise-moi".
Il ne m'en faut pas plus. Haletant, le sang bouillonnant dans mes veines, je lui fonce dessus. Je vois ses yeux s'agrandir de surprise. Je le colle contre les barreaux et lui immobilise les bras au-dessus de la tête, tandis que ma jambe vient se caler entre ses cuisses. Nos visages sont séparés d'une vingtaine de centimètres. Je tombe sur son regard charbonneux. Il scintille d'une étrange lueur que je connais si bien.
(Moi, le souffle court) : Tu n'as pas idée de l'effet que tu me fais...
Il s'approche de mon oreille et la mordille doucement. Une série de frissons me parcourt.
(Bill, la voix suave) : Alors, qu'est-ce que tu attends...?
Cette phrase me fait l'effet d'une décharge électrique et réveille tous mes mauvais instincts. Je plonge ma main dans la jungle de ses cheveux. Son chapeau tombe au sol. Je tire ensuite sur l'épaisse masse de mèches noires pour offrir son cou à ma vue. Sa tête part en arrière, il se laisse faire docilement. Je profite que sa bouche soit entrouverte pour happer sa lèvre inférieure et la mordre violemment. Je sens mes dents s'enfoncer dans la peau de ses lèvres si douces pour la transpercer. Il pousse un cri de douleur et porte sa main à sa bouche. Quand il l'enlève, elle est rouge de sang. Ses lèvres ont pris à présent une teinte écarlate. Je m'approche avec douceur de lui et lui lèche la lèvre du bout de la langue. Son sang, le mien, ce sont les mêmes à présent. Je m'imprègne de ce goût métallique si particulier. Bill frémit dans mes bras. Il a fermé les yeux, la tête posée contre les barreaux de la cage.
(Bill) : Embrasse-moi...
Ses yeux se sont rouverts et ils brûlent de désir. Ils parcourent mon corps d'un air gourmand, ils brûlent ma peau. Ce regard est pour moi, et pour personne d'autre. Je savoure cette victoire pendant quelques secondes ; je lui laisse le loisir de me dévorer des yeux, de me vouloir pour la nuit.
Pour le faire enrager, je me détache de lui et bondis hors de la cage. Je me tourne brièvement, juste le temps de voir un Bill dépité. Suivre ou fuir, telle est la question...
Je quitte la piste pour revenir près du bar. Bill a un moment d'hésitation puis se décide à me suivre. Je souris. Il en a fallu du temps, mais j'ai enfin réussi à l'apprivoiser...
Il émerge également de la marée humaine gesticulant au rythme d'une musique endiablée. Sauf que je n'en reste pas là et me dirige vers la sortie. Je passe la porte et me retrouve dehors. Bill me rejoint quelques secondes plus tard. Il n'a pas l'air très joyeux.
(Bill) : Mais qu'est-ce tu fous ? Pourquoi t'es sorti t'es con ou qu...
Je ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase. Je l'ai attrapé d'un bras pour l'embrasser à pleine bouche. Nos lèvres s'engagent dans un baiser sulfureux et passionné. Mes mains curieuses le caressent sous toutes les coutures. J'aime sa peau frissonnante sous mes doigts, j'aime l'odeur de ses cheveux, j'aime son regard provocant et douloureux à la fois, je l'aime tout court.
Lorsque le baiser cesse, je plane quelque part sur une étoile. Ses lèvres sont comme recouvertes de morphine. Je me sens terriblement bien. Et j'ai terriblement envie de lui. Je lève vers lui un regard fiévreux.
(Moi) : On rentre ?
Il sourit. Il a compris mes intentions.
(Bill) : On rentre !
On appelle un taxi, on monte dedans rapidement. Difficile de résister à l'envie de le déshabiller sur-le-champ...
***
On se laisse tomber sur le lit. Bill est sur moi. Nos jambes sont entremêlées, je sens sa chaleur se mélanger à la mienne. Quelques mèches de ses cheveux viennent me chatouiller le visage. Il enfouit sa tête dans mon cou pour me couvrir de baisers. Mes mains se chargent de lui enlever sa veste de smoking. Mes gestes sont envieux et pressés, ce désir qui est en moi remue et rugit comme une bête féroce. Juste un regard de sa part et je m'enflamme immédiatement. Dieu, qu'est-ce que je l'aime. J'ai envie de lui hurler au visage, de le hurler à la Terre entière. Mon coeur bat pour lui. C'est comme ça.
Il se met à me caresser de ses mains habiles. Je me sens trop bien, le désir monte graduellement. Je respire fort. Trop fort, même. En tout cas, suffisamment bruyamment pour attirer une personne qui à cet instant je n'ai pas du tout envie de voir.
La porte s'ouvre à la volée. Bill et moi sursautons. Il atterrit à côté de moi sur le lit. Nous nous redressons promptement pour voir QUI peut bien venir nous déranger.
C'est Tom, bien sûr. Il se tient à l'encadrement de la porte, les bras croisés. Il me toise d'un air menaçant. Je reste sur mes gardes. J'ai déjà vu ce qu'il était capable de faire par jalousie.
Il s'avance de quelques pas dans la chambre. Bill se recule contre le mur, apeuré.
(Tom) : On peut pas vous laisser seuls quelques instants...faut toujours que vous trouviez le moyen de vous envoyer en l'air...
Il avance encore. Une boule me tord l'estomac. J'ai peur de ce qu'il va faire. Il s'arrête enfin et se tourne vers Bill.
(Tom) : Bill...tu m'as toujours dit que tu m'aimais...
Il marque une pause avant de lui jeter un regard noir.
(Tom) : Pourtant, tu ne t'es jamais gêné pour me tromper des millions de fois. Au début, je ne comprenais pas, puis j'ai compris il y a peu de temps : tu voulais te venger du fait que je t'avais refilé le Sida...vrai ?
Bill hoche lentement la tête.
(Tom) : Mais le truc, c'est que je n'étais pas au courant...et que moi aussi je l'avais. Et tu m'en as fait baver pendant je sais pas combien de temps, alors que c'était pas de ma faute...
Personne ne répond.
(Tom) : Remarque, c'est la première fois que je te vois autant t'amuser avec un mec (Il me désigne du regard)...d'habitude, tu les prends, puis tu les jettes...je dois donc en déduire que tu as des sentiments pour lui ?
Bill semble extrêmement mal à l'aise. Moi aussi, je le serais, si je me retrouvais confronté à deux mecs raides dingues de moi.
Tom s'approche encore puis pose ses coudes sur le lit pour se mettre à notre hauteur. Son regard est assassin.
(Tom) : Tu crois peut-être que je ne te connais pas, Bill ? Je sais très bien ce que tu ressens pour lui...alors, dis-lui, que tu l'aimes.
Je me tourne vers Bill. Son regard va successivement de Tom à moi, de moi à Tom. Il ne sait pas quoi faire. Pour ma part, mon coeur bat la chamade. Si seulement ça se pouvait, qu'il m'aime. Mais je ne préfère pas y penser, j'ai peur d'être déçu.
(Bill, d'une voix hésitante) : Tom, tu sais très bien que je ne parle jamais de ces trucs-là...alors, arrête s'te plaît.
Tom fronce les sourcils. Ses yeux ne sont plus que deux fentes lançant des éclairs.
(Tom) : Tu ne veux pas le dire parce que tu as peur...
(Bill, fronçant les sourcils à son tour) : Si j'ai peur, c'est peut-être à cause de tout ce que tu m'as fait subir...alors maintenant lâche-moi la grappe.
Contrairement à toute attente, Tom sourit.
(Tom) : Okay, je te lâche...mais en échange, je veux...
[J'ai séparé le chapitre en deux parce que je le trouvais trop long. Comme ça, si vous n'avez pas le temps de tout lire, vous pouvez revenir plus tard. Oui je pense à vous vous avez vu ^^]

