Chapitre XXVI : Tu resteras toujours sacré pour moi

(Moi) : Ne va pas me dire que TOI tu le savais ?

(Maiwenn) : Mais non, j'le savais pas, Evan ! Tu sais bien que je t'aurais jamais caché un truc pareil !!!

(Moi) : Alors pourquoi tu dis ça ?

(Maiwenn) : J'ai juste dit que je connaissais toute l'histoire à propos de Katya...Tom m'a tout raconté en détail.

Je m'étrangle à moitié au bout du téléphone. Ca me rend à moitié nerveux de parler à Maiwenn, à des milliers de kilomètres de là où je suis.

(Moi) : Depuis quand tu as des contacts avec lui ?!

(Maiwenn, élevant la voix) : Mais putain on s'en fout de ça ! Ils ont le Sida, Evan ! Merde quoi...

Je me tais. Elle a raison, après tout. En fait, j'essaie d'oublier cette vérité et de faire comme si de rien n'était. Sinon, je deviendrais dingue sur-le-champ.

(Moi) : Je sais pas quoi faire...

J'entends un soupir bruyant dans le téléphone.

(Maiwenn) : Je t'ai dit de pas t'accrocher, Evan...mais tu m'as pas écoutée. Et regarde où ça t'a amené : t'as failli choper cette merde !


(Moi, choqué) : Tu crois peut-être que je vais le lâcher parce qu'il est malade ? T'as pas d'coeur ou quoi ?

(Maiwenn) : Mais arrête de dire des conneries ! Seulement, tu dois bien savoir que le Sida, ça se soigne pas...

Je ne la laisse pas finir. J'ai raccroché. J'ai pas envie d'entendre ce qu'elle a à dire. Ca me fait trop mal. Il faudra laisser passer le temps pour guérir cette blessure...qui se rouvrira un jour, plus ardente et plus douloureuse. Le mieux est de ne pas y penser. Pour l'instant.
Ca fait quelques jours que je suis au courant pour Bill. Je remarque qu'il est gêné de se trouver en ma présence, et vice-versa. Je crois qu'il a peur que je dévoile son secret par accident. Je suis pas con à ce point-là, pourtant. En tout cas, le fait est qu'il n'arrête pas de m'éviter. Chacun fait ses activités de son côté sous le soleil d'avril. Toutes ces histoires et embrouilles ont disloqué le groupe. Plus personne ne se regarde ni ne se parle. Je me demande ce que l'avenir nous réserve...ça me paraît si sombre. Ce que je sais, c'est que mon amour pour Bill grandit de jour en jour, mêlant frustration, tristesse et désir. Et puis, demain, ils vont sortir toutes les photos du soir où nous étions sous l'arbre dans un de ces ramassis de journaux people. Et les gens vont nous voir, et les gens vont nous haïr. Je m'en fous, d'un côté. Ce n'est pas le plus important. Seulement, je me demande quelle sera la réaction de mes parents ??? Je n'ai plus qu'à attendre, et à prier pour que ces photos se perdent en chemin ou soient brûlées. J'ai le droit de rêver...

***

(Bill) : Ca y'est...

Il me tend d'un air las le magazine, plus désespéré que jamais.
Je l'ouvre d'une main tremblante. J'ai peur de ce que je vais voir. L'humiliation est assurée...Je feuillette quelques instants les pages avant de tomber sur la double page centrale. Je lâche une exclamation étranglée. Juste un énorme titre, en jaune, et quatre photos un peu sombres mais que je saurais reconnaître entre mille.
"La vérité enfin dévoilée ! Bill Kaulitz est GAY !"
Je reconnais le cerisier japonais en dessous duquel nous étions. Sur celle-ci je suis torse nu, à cheval sur Bill. Sur l'autre, oh mon dieu...je suis penché sur lui, avec quelque chose de pas très catholique dans la bouche. Des sueurs froides roulent le long de mon dos. Nos parties intimes ont été floutées, mais, mais...
Je lâche le journal qui tombe à terre avec un bruit mat. Je m'asseois sur la première chaise que j'arrive à attraper et plonge ma tête dans le creux de mes mains.

(Moi, la voix étouffée) : J'ai jamais été dans une galère pareille...

Je redresse le menton. Bill se tient devant moi, un petit sourire triste peint sur la figure.

(Bill) : Ouais, c'est la merde...mais il y a d'autres choses plus graves, je crois...


Il porte sa main à ses cheveux et tire sur une mèche. La poignée de cheveux reste dans sa main. Je pousse une exclamation de surprise.

(Bill, les larmes aux yeux) : Mes cheveux...j'y tenais tellement...et voilà qu'ils vont tous tomber...

Il laisse tomber les cheveux en regardant leur trajet jusqu'au sol avec un infini regret. Il renifle ensuite et s'essuie les yeux d'un revers de la main, en prenant soin d'épargner son maquillage. Je baisse la tête. Alors, c'est maintenant que les symptômes vont arriver...je n'aurais pas cru que ce serait si rapide.

(Bill) : Avant, j'étais tellement perfectionniste. Tout devait être au mieux, mes vêtements, ma coiffure, mon image. Et maintenant, tout est en train de partir en fumée. Rien ne va...


Je reste silencieux. Il avance vers la baie vitrée qui donne sur le jardin et continue à me parler en me tournant le dos.

(Bill) : Heureusement que tu es là, Evan...


Je ne parle toujours pas. Ma gorge s'est nouée rien qu'à l'idée de le perdre, pour toujours...Soudain, je repense à Heilig. Est-ce que ça correspond ? Il faut que j'en sois sûr.

(Moi) : Chante moi Heilig, s'il te plaît...

Il me jette un regard inquisiteur.

(Bill) : Tu aimes cette chanson ?


(Moi) : Oui...elle est magnifique...

Il se met face à moi, le dos bien droit, et commence à chanter :

Ich halt mich wach für dich...Je reste éveillé pour toi
Wir schaffen's nicht beide, du weisst es nicht...Nous n'y arriverons pas tous les deux, mais tu ne le sais pas


Sa voix m'envoûte, me transporte. Ca y'est, son regard se perd au loin, mélancolique et rêveur.

Ich gib' mir jetzt für dich auf
...Je m'abandonne maintenant pour toi
Mein letzte Wille hilft dir raus bevor das Meer...Ma dernière volonté est de t'aider/Avant que l'océan
Unter mir zerbricht...Sous moi ne se brise


Chaque note investit la pièce d'une larme de cristal, la remplissant d'une tristesse sans nom au fur et à mesure...nous allons y finir noyés, noyés de chagrin.

Ich glaub' an dich...Je crois en toi

Je comprends soudain...cette chanson était dédiée à Tom. Elle est...tellement vraie.

Du wirst für mich heilig sein...Tu resteras toujours sacré pour moi

Tellement pure.

Ich sterb' für unsere Unsterblichkeit...Je meurs pour notre immortalité.

Tellement belle.

Meine Hand, von Anfang an, über dir...ma main, depuis le début/Sur toi


J'ai envie de pleurer. Je ferme les yeux pour lutter. Je l'aime tellement.

Ich glaub' an dich...je crois en toi

Mon coeur est comme emprisonné d'une main de fer. Je ne veux pas le perdre...

Du wirst für mich immer heilig sein
...Tu resteras toujours sacré pour moi

Du brichst die Kälte, wenn du sprichst
...Tu brises la glace dès que tu parles
Mit jedem Hauch von dir, erlösst du mich...Chacun de tes souffles me délivre
Wir sehen uns wieder, irgendwann...Nous nous reverrons un jour
Atme weiter wenn du kannst...Respire tant que tu le peux
Auch wenn das Meer...Avant que l'océan
Unter dir zerbricht...Sous toi ne se brise


Il réentame le refrain. Je rouvre les yeux. Lui les a fermés, mais les larmes rampent sur ses joues, insidieuses, pour venir se perdre dans son cou. Il crie maintenant, avec l'expression de quelqu'un à l'agonie. Ca me donne des dizaines de frissons. Mon coeur bat la chamade.

Ich schau durchs Meer, und seh dein Licht...Je regarde à travers l'océan, et vois ta lumière
Ich sinke, ich sinke...Je sombre, je sombre
Weg von dir...Loin de toi


Soudain, il se calme, sa voix perd en volume...

Schau mir nicht mehr, hinterher...Ne me regarde plus
Glaub' an dich...Crois en toi
Ich glaub' an dich...Je crois en toi

Il repart sur le refrain, mais cette fois-ci sa voix se brise, s'étouffe puis s'éteint. Il ne termine pas la chanson et vient s'asseoir près de moi, bouleversé.

(Bill) : Cette chanson me remplit toujours d'une émotion indescriptible...


Je ne suis guère mieux que lui. Cette histoire d'amour perdu me trouble.

(Moi) : Quand tu l'as écrite, tu pensais à Tom, non ?


(Bill) : Je l'ai écrite pour celui ou celle qui m'accompagnera jusqu'à la fin...


Nous restons muets quelques instants. Ces dernières paroles sont très dures. Tout ça m'insupporte. J'ai envie de remonter en arrière, de tuer cette Katya, de ne jamais l'avoir rencontré, de ne pas l'aimer...Si seulement les voeux pouvaient être exaucés. Je fronce les sourcils et tape du poing sur la table. Ma colère des jours passés me reprend soudain.

(Moi) : Putain, c'est pas juste, bordel ! Pourquoi toi ?


Il me lance un regard affligé. Je constate une fois de plus que ses traits sont de plus en plus fatigués, son teint de plus en plus pâle. C'est drôle, avant que je sache qu'il était malade, je ne voyais rien...

(Bill) : Ca fait partie de la vie...même si je meurs jeune, je pourrais dire que j'aurais eu une vie exceptionnelle...

(Moi) : Mais...mais...tes fans, tu en fais quoi ? Tous les gens qui t'aiment ? Tu comptes donc les laisser tomber comme ça, sans lutter ?


J'ai la voix tremblante d'indignation. J'ai tellement mal, je remuerais terre et mer pour le sauver, pour le tirer de là, et lui il prend ça avec un tel fatalisme ! On croirait presque qu'il s'en fout...ça me révolte.

(Bill) : Tu parles de la trithérapie...c'est d'la merde, ça. Ces médicaments sont juste là pour te donner un sursis, un semblant de vie pourri par les examens à l'hôpital et tous les effets secondaires qu'il peut y avoir...

(Moi) : Mais Bill...est-ce que tu te rends compte du mal que tu nous fais ? Que tu...me fais ?


(Bill) : J'y peux rien...j'ai fait le con, maintenant, j'en paye les conséquences...

(Moi) : Dis pas ça...

Nous restons un moment sans rien dire. Aucun son ne vient perturber ce pénible silence.

(Moi) : Et à Tom, tu comptes lui dire quand ?


(Bill) : J'ai pas l'intention de lui dire...

(Moi) : O_O'

(Bill) : Avant que je sache, j'arrivais à ressentir de la joie, j'avais confiance en l'avenir...maintenant, je sais que je ne pourrai jamais accomplir tous mes rêves, je ne pourrai jamais fonder de famille, profiter de la vie, tout simplement...crois-moi, l'ignorance est la meilleure des choses. Je dois bien ça à Tom. Après tout, je l'ai fait souffrir autant que lui m'a fait souffrir. On est quittes.

Je ne réponds rien, atterré. Je ne veux pas voir la réalité en face...pas possible qu'il meure...et puis, comme on dit, pour guérir d'une maladie, c'est 50% de médicaments, 50% de mental...il suffit juste d'y croire. Pas vrai ?
Bill fouille soudain dans ses poches et en sort un tube en forme de cône, rempli d'une substance pas vraiment légale. Il sort ensuite un briquet de son autre poche. Je l'observe, médusé.

(Moi) : Qu'est-ce tu fous ?!

(Bill) : Ca se voit, nan ? Je vais me détendre un peu, parce que je suis un peu à cran...

Il allume son pét' et en tire une longue bouffée. Il me crache la fumée à la figure. L'odeur caractéristique que je déteste tant vient m'irriter les narines.

(Moi) : Pourquoi tu fais ça, Bill ? Ca te ressemble pas...

Il me gratifie d'un sourire tout en retirant sur son pétard. Son visage disparaît derrière un nuage de fumée.

(Bill) : Je fais ça au nom de mon statut de rockstar ! Sex, drugs and rock'n'roll !!!

Il pose son bedo sur le rebord d'un cendrier posé sur la table puis va ouvrir le bar qui se trouve juste à côté. Il en sort une bouteille de vodka, une bouteille de rhum et deux verres. Il revient s'asseoir.
Il sert ensuite la vodka à ras bord dans les deux verres et m'en tend un, que je prends.

(Bill) : Si tu fumes et que tu bois, tu finiras par oublier tous tes problèmes, crois-moi...à la tienne, Evan !


Il fait cogner son verre contre le mien et se l'enfile cul sec. Mes yeux s'écarquillent sous la stupéfaction. Je contemple le contenu de mon verre, indécis. Je n'aime pas boire, sauf quand ça ne va pas. En l'occurrence, je n'ai jamais été aussi mal qu'aujourd'hui. Le choix va être vite fait, je crois.

(Moi) : Allez, fais fumer...!


Satisfait, il me tend le pét'. Je tire une longue bouffée et laisse la fumée envahir ma gorge, investir mes poumons, engourdir mes membres et mon esprit. Je vais me laisser emporter dans le doux pays de l'illusion, pour oublier cette réalité pesante...
J'imite ensuite Bill et bois le verre d'un trait. Il me resserre un autre verre. Je veux oublier, je vais oublier...

***

Ca y'est, je suis dans un état lamentable. Je vois flou, et les mots qui sortent de ma bouche ont un goût de pâte à modeler, ils sortent comme sortirait une paëlla mal digérée, informes, indistincts. Mon cerveau est anesthésié. Bill et moi sommes écroulés sur le canapé. Les deux bouteilles que nous avons bues gisent quelque part par terre. On ne parle pas, on savoure juste cet instant de félicité où on ne pense à rien.
Je tourne ma tête vers lui. Il a les yeux mi-clos, le regard perdu dans le vague. Son teint est plus blanc que blanc, des gouttes de sueur perlent sur son visage. J'ai un peu de mal à le fixer, la tête me tourne.

(Moi) : Sahaaaa ?


Bill ouvre ses yeux rougis et oscille un peu de la tête, qui a l'air de mal tenir sur ses épaules. Imaginez qu'elle tienne tellement mal qu'elle se décroche et se mette à rouler par-terre. Je rigole à cette pensée.

(Bill) : Sahaaétouaa ?

Je ne réponds pas, sinon je vais vomir. J'ai l'impression que le canapé va m'engloutir, d'être enfoncé dedans au point de ne plus pouvoir bouger.
Je remarque que Bill se caresse le torse d'un air absent. Ca me donne une soudaine envie de sexe.
Je rampe vers lui, l'air mal assuré. Il me regarde venir sans vraiment réagir. Je grimpe ensuite à califourchon sur lui et tente de l'embrasser, mais il me repousse.

(Bill) : Tu pues l'alcool et le pèt'...va t'laver...

(Moi) : Seulement si tu viens avec moi...


(==> Langage de bourré traduit en langage normal xD)

(Bill) : Je te suis...


Nous nous levons avec une grande difficulté. Je fais quelques pas mais la tête me tourne tellement que je perds l'équilibre. Un violent mal de tête s'empare de moi. Oh non, il faut que je m'assoie. Trop tard, ça remue déjà dans mes intestins. Je me cramponne le ventre, en sueur. C'est comme si une bestiole gesticulait dans mon estomac. Oh non, je veux pas vomir, je déteste ça...J'ai mal, ça me brûle. J'aurais pas dû boire autant...Ca y'est, mon ventre se tord, ça s'agite, bientôt il se contracte et...

(Bill) : Ah putain t'es dégueulasse !

J'ai gentiment baptisé la table de salon, qui est à présent recouverte d'une substance d'un blanc jaune douteux. Putain c'est gore. Je ne m'en soucie pas outre mesure et refais une tentative pour me lever. Je suis toujours dans les choux, mais au moins je me sens plus léger.
J'effectue un trajet incertain dans les escaliers jusqu'à ma chambre à l'étage, avec Bill sur mes talons.
Je rentre dans la salle de bains en me tenant aux murs. Diantre, quelle idée de se bourrer la gueule ! Je retire mon t-shirt plein de vomi (Hmmm...bon appétit bien sûr !) et me débarrasse avec difficulté du reste de mes vêtements sans aucune pudeur, puis pénètre dans la cabine de douche. J'allume l'eau et m'envoie le jet au visage en puissance maximum. J'attrape gel douche et shampooing et commence à me décrasser.
Cependant, c'était sans compter sur Bill. Je le vois qui m'observe d'un air gourmand depuis l'encadrement de la porte. Ca me donne des idées.

(Moi) : Eh ben, qu'est-ce t'attends ? Viens !

Il s'approche de la douche à pas chancelants avec un rire de dinde.

(Bill) : J'vais pas réussir à me déshabiller huhuhu...!

Je sors mon bras de la cabine et le tire par le t-shirt.

(Moi) : Eh bah viens comme ça !

Je l'attire dans la cabine tandis qu'il continue de glousser d'un air stupide. En peu de temps il se retrouve trempé de la tête aux pieds. Ses mèches ont envahi son visage barbouillé de maquillage. Dieu qu'il est sex, comme ça. Je m'en vais lui retirer son haut. Il se retrouve torse nu tandis que je suis en tenue d'Adam et Eve.

(Moi, d'une voix suave) : Embrasse-moi...

Il agrippe ma nuque et me mord sauvagement la lèvre supérieure, avant de me procurer un long baiser sulfureux. Mes mains descendent vers ses fesses pour le plaquer contre moi. Je halète tandis que le désir monte progressivement.
Tandis que nous continuons de nous embrasser je le débarrasse de son pantalon et de son boxer, non sans une certaine difficulté. Nous sommes à présent nus l'un contre l'autre. Je sens sa virilité durcie contre ma cuisse, et cela me fait perdre tous mes moyens. Ma main file entre nous et je commence à le caresser. Il gémit doucement.

(Bill) : Hmmm...encore...

Je continue de m'affairer tout en embrassant et mordillant chaque parcelle de peau que je peux trouver. Je tire ensuite sur ses cheveux en arrière pour offrir son cou à mes lèvres. Il soupire en fermant les yeux. L'eau dégouline sur son magnifique visage. Je recueille sur ma langue quelques gouttes d'eau qui tombent de son menton pour absorber un peu de lui.
Je m'agenouille devant lui et lèche le bout de son sexe tout en lui caressant le ventre et les cuisses.

(Bill) : Continue...ça fait tellement longtemps...

J'englobe son gland avec ma bouche et le suçote comme on pourrait le faire avec une glace ou une sucette. Ses mains se referment dans mes cheveux tandis que sa tête se renverse, bouche entrouverte et yeux fermés. Oh que j'aime le voir comme ça. Vision de jouissance, vision de paradis.
Au bout d'un bref instant, Bill se recule et me relève. Il me fixe d'un air plein de gravité. Je suis toujours dans un état second, je ne réfléchis plus. Je me sens juste bien.
Sa main glisse le long de mon dos, me faisant frissonner malgré l'eau chaude. Elle parcourt la courbe de mes fesses avant de s'arrêter à un endroit interdit.

(Bill, haletant) : J'ai envie d'essayer...avec toi.

Je ne réagis pas, je ne suis pas en état de penser ou de faire quoi que ce soit. J'ai juste envie de faire l'amour avec celui que j'aime.

(Moi) : Alors vas-y...

Je me plaque contre la paroi froide de la cabine, dos à lui. Il colle son torse à mon dos et vient agripper mes hanches.

(Bill) : Ca risque de faire un peu mal au début...

Je sens alors quelque chose tenter de franchir la barrière de mon intimité. Je me crispe. Bill force un peu plus. Un rictus de douleur apparaît sur mon visage tandis qu'il s'enfonce un peu plus en moi. Des perles de sueur viennent se mêler aux gouttes d'eau. Il faut que je tienne...j'ai envie de lui faire plaisir.
En un coup de rein il me pénètre complètement, ce qui m'arrache un cri bref et aigu. Les larmes me montent aux yeux.

(Bill) : Ne t'en fais pas, ça ira mieux après...


Tout en me disant ça, il me caresse doucement le visage. Il commence ensuite un lent va-et-vient, pas trop brusque pour éviter de trop me faire mal. Je le laisse faire, curieux de ce qu'il va se passer ensuite. Au début mes muscles sont tendus, puis je me détends progressivement au fur et à mesure que la douleur s'en va. Je ferme les yeux.

(Bill) : Je vais forcer un peu plus...


Je me prépare mentalement. Il s'enfonce plus loin dans mon intimité. Je redoute la douleur mais il vient se frotter contre quelque chose qui me fait pousser un gémissement de plaisir. C'est très bizarre...

(Moi) : Qu'est-ce que t'as fait ?!


(Bill) : J'ai touché ta prostate...tu vas voir, c'est agréable...


Il recommence ce qu'il a fait précédemment, me refaisant soupirer. Je me détends complètement et laisse Bill accélérer ses allées-et-venues. Soudain, une de ses mains vient prendre ma virilité en main et commence à me caresser.

(Moi) : Han...c'est trop bon...


Je sens son souffle accéléré dans mon cou.

(Bill) : Je sais...


Il accélère et amplifie le mouvement. Je me cramponne à ses hanches, submergé par la soudaine vague de plaisir.

(Moi) : Hmmmm...plus vite...plus fort...

Il m'obéit. Il va de plus en plus vite, me pénétrant toujours plus profondément. Nous nous mettons à gémir en coeur.

(Bill) : Evan, je...je t'...

Sa phrase est couverte par un de mes cris. Mon ventre s'est contracté, au summum de la jouissance. Je ferme donc les yeux tandis que le fruit de mon plaisir se répand entre autres sur le carrelage de la douche et dans la main de Bill.
Celui-ci se retire précipitamment de mes fesses, à la limite de l'orgasme. Il recueille mon sperme au creux de sa main. Je me demande bien ce qu'il va en faire. Il porte sa main à son sexe et se masturbe avec la substance. Je le regarde, surpris. Il se caresse de plus en plus vite et pousse un long gémissement avant d'éjaculer à son tour. Je ne dis rien à propos de cette étrange façon de jouir et m'en vais lui déposer un tendre baiser sur la joue. Ca y'est, je suis revenu sur Terre.
Je viens de faire l'amour à proprement dit avec Bill sans protection.

Vais-je payer les conséquences de mes actes ?


[Voilà, fin du chapitre. Que pensez-vous de la tournure de la fic ? Est-ce que vous trouvez que je publie trop souvent, ou avec des chapitres trop longs ? A votre avis, qu'est-ce que Bill allait dire à Evan ?]

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Je ne peux pas m'empêcher de publier ce commentaire qui m'a fait extrêmement plaisir :


Expéditeur : z3-fic-th

Commentaire envoyé le : samedi 07 juin 2008 15:46
Article associé : Chapitre X : Bill se confesse...et Tom se fait la malle Voir l'article Éditer l'article
Oh punaise, mais t'es vraiment une auteur bourrée de talents !
T'as réussie tout au long de cet aprem a me faire sourire, a me sentir "Evan", a me faire rire, a me faire sourire et là je suis en train de pleurer...
J'ai pas honte de ce que je te raconte mais sérieusement je pleure. C'est trop triste, je voit tellement comme Evan doit se sentir... le pauvre
C'est super sentimental et le coup de Tom n'est pas le jumeau de Bill je ne m'y attendais absolument pas.
Vraiment génial ! Je suis très impatiente de lire la suite =)
A partir de je ne sais plus qu'elle heure j'ai commencer à lire et figure toi que tu m'as même donné envie d'écrire une autre fiction. Tu mérites d'être blog star et même plus.
J'ai jamais autant aimé une fiction. Vraiment tu as que du mérite ! BRAVO


PS : N'oubliez pas d'aller voter sur le Psychodelique-Annuaire (je suis page 36).
Chapitre XXVI : Tu resteras toujours sacré pour moi

# Posté le mardi 03 juin 2008 15:22

Modifié le dimanche 27 juillet 2008 17:28

Chapitre XXVII : Ne me laisse pas tomber

La nuit suivante je dors mal, mon sommeil est perturbé, malsain, agité. Je me tourne et me retourne dans mon lit. L'idée que j'ai peut-être attrapé le SIDA me hante et m'obsède. Mon cerveau est assailli de pensées plus folles les unes que les autres. Imaginez que Bill me l'ait redonné...qu'est-ce que je vais devenir ? Hein ? Est-ce que je me soignerai ? Comment l'annoncerai-je à mes proches ? Mais putain, qu'est-ce que je peux être con ! Quelle idée de coucher avec lui sans protection ! Parfois, je me déteste...

***

(Bill) : .....Vraiment ? Vous en êtes sûrs ?......Ok......Je vais leur dire.......Ils ne sont pas au courant, là bas ?......Ok.......Ok......A plus.

Il raccroche son téléphone portable. Georg, Gustav et moi sommes suspendus à ses lèvres, avides de savoir ce qu'il va advenir du groupe. Il était au téléphone avec David pour savoir si nous allions remonter sur scène ou pas.
Bill prend son inspiration, se préparant à parler. Il paraît en meilleure santé depuis notre nuit d'amour, comme si elle lui avait redonné un peu de vie. Pour ma part, j'ai l'impression que quelque chose rampe dans mes veines et m'envahit peu à peu. Mais ce n'est peut-être que dans ma tête...

(Bill) : Alors...David m'a dit qu'on allait remonter sur scène, c'est déjà une bonne nouvelle.


(Georg) : Quand ça ?

(Bill) : Dans trois jours...demain on prend l'avion à Berlin, et on s'envole pour Los Angeles !

Cette révélation est accueillie par des soupirs soulagés. Je ne suis pas prêt à affronter le regard des fans européens, qui sont à présent au courant de ma relation avec Bill. Aux States, ils ne se doutent de rien. Pour le moment.

(Gustav) : Ca va nous faire du bien de nous retirer de tout ce bordel...un petit séjour loin d'ici ne pourra nous faire que du bien.


Tout ça me tracasse. J'ai une soudaine envie de revoir ma soeur, ma famille, mes amis, la France tout simplement. J'ai une boule au ventre, je me sens mal. J'ai besoin de savoir si je l'ai attrapé. J'ai besoin de savoir, sinon je serai constamment poursuivi par cette idée obsédante. Je ne peux me concentrer sur rien d'autre. Je ne souhaite à personne de se retrouver dans cette situation...
Ils continuent de parler des détails techniques du voyage tandis que je pense à autre chose. Au bout d'un moment, Bill remarque que je n'écoute rien de la conversation.

(Bill) : Ca va pas, Evan ?

Je lui lance un regard affligé. "Nan, ça va pas nan". Il me comprend rien qu'à l'expression de mon visage. Je sais qu'il va me prendre à part pour savoir ce que j'ai. Je commence à le connaître.
Au bout de quelques minutes, Georg et Gustav se lèvent et partent dans le jardin. Toujours ensemble ces deux-là...S'ils n'étaient pas hétéros, je dirais qu'il se passe quelque chose entre eux...!
Bill se tourne vers moi et me scrute avec gravité.

(Bill) : Bon..?

(Moi, d'une voix hésitante) : Bill...je crois que la nuit dernière était une erreur...

Ses yeux s'ouvrent en grand.

(Bill) : Comment ça...?

(Moi) : Oui, on n'aurait pas dû...c'est vrai quoi...on l'a fait sans protection, alors que...voilà quoi...


Son visage se décompose au fur et à mesure que les syllabes s'échappent de ma bouche. Quand il lève les yeux vers moi, je tombe sur un air profondément triste et désespéré.

(Bill, à demi-voix) : Je me suis retiré avant, exprès pour que le risque soit diminué...mais à ce que je vois, tu me fais pas confiance...

Je reste sans voix. Comment avoir l'air con en une leçon ? Voyant que je ne réponds pas, il continue à parler.

(Bill) : Voilà pourquoi je l'ai dit à personne...Si je l'ai dit à toi, c'est parce que je pensais que ton regard sur moi ne changerait pas, en tout cas pas négativement...mais je vois que j'ai eu tort.


Il se lève précipitamment et sort à pas rapides de la pièce. Je n'ai pas le temps d'esquisser le moindre geste.

(Moi) : Nan, Bill, attends ! C'est pas ce que je voulais...

Trop tard. Il est parti, il ne m'entend plus.

(Moi) : ...dire.

Je plonge ma tête dans mes mains. Mais quel con, MAIS QUEL CON ! Je fais connerie sur connerie. Depuis que Bill est entré dans ma vie, tout va de travers. J'ai envie de disparaître...
Pourtant, il y a eu de nombreuses choses positives...les concerts, cette soirée dans un night club, toutes ces nuits d'amour...est-ce qu'il faudrait que je tire un trait sur tout ça ? Que j'oublie tout, que je revienne à la vie normale ? C'est impossible. Pas à ce stade du jeu...

***

On est en route vers Berlin. Il est trois heures du matin, on a la gueule dans le cul et la limousine roule sur une autoroute droite et interminable. Personne ne parle, et c'est normal, d'ailleurs. Bill évite constamment mon regard. Il me fait la gueule, c'est net. Un élan de culpabilité me parcourt le corps. Je regrette ce que je lui ai dit...voilà les conséquences quand on ne sait pas exprimer ce qu'on ressent...!
Je l'aime, putain, je l'aime à en crever, je serais prêt à tout pour lui, le suivre au bout du monde, changer de vie, m'en remettre totalement à lui...mais je ne suis pas capable d'assumer sa maladie, et c'est lâche. Je devrais l'aimer "tout entier" mais je rejette cette partie obscure qui m'effraie tant. J'ai tort, il mérite mieux que moi...

***

Trajet jusqu'à Berlin, puis voyage jusqu'à la cité des anges. Pas besoin de raconter tout ça, il ne s'est rien passé de palpitant. Nous nous trouvons dans un hôtel luxueux dans Beverly Hills, c'est la grande classe. Mais tout l'or du monde ne me ferait pas sentir mieux. Bill ne m'a toujours pas adressé la parole. Je me sens mal, c'est horrible. D'ailleurs, si ça ne vous dérange pas, je vais aller dormir, le décalage horaire et le voyage en avion m'ont épuisés...on se retrouve au concert...

***

La foule hurle dans la salle, mais moins que dans les salles européennes. Cette salle-là est beaucoup plus petite que les autres, rien à voir avec Bercy ou Oberhausen. C'est beaucoup moins impressionnant. Ca a même quelque chose de convivial, de rassurant. On va bientôt monter sur scène. J'ai retrouvé l'euphorie précédent chaque concert.
Ca va bientôt à être à moi. Bill s'approche soudain de moi, par-derrière.

(Bill, d'un ton froid) : C'est bon, tu es prêt ?

(Moi) : Euh...ouais, je crois...

(Bill) : J'espère bien...que Tom ne soit pas parti pour que le groupe se casse la gueule...


Et bam ! Prends-toi ça dans les dents. Il recommence à avoir son comportement hautain et détestable. Notre complicité a été rompue.
Quand j'avance sur la scène, je me sens mal à l'aise. Les paroles de Bill m'ont un peu blessé, pas par rapport à leur contenu, mais c'est le ton avec lequel il les a prononcées...
Ca y'est, je joue les premiers accords de Ready Set Go. Les notes restent les mêmes, mais les chansons ne sonnent pas avec la même émotion. Intuition ou réalité ?
Je me fais rejoindre par Georg et Gustav. Les cris de la foule m'enivrent, je me sens pousser des ailes. Ce soir, je donnerai le meilleur. Je vois même quelques pancartes qui me sont adressées : "Evan I luv' you". Je souris. Ca fait partie des choses qui mettent de bonne humeur.
Bill arrive soudain sur scène, beau, charismatique, énigmatique. Il ne me regarde pas, il regarde droit devant lui, plein d'assurance.

We are running through the town...

Je me laisse emporter par l'énergie ambiante de la salle et oublie toutes mes préoccupations. La foule est hystérique, on se déchaîne comme des bêtes à des milliers de kilomètres de la folie des médias, que demander de plus ?

Pourtant, quand Bill se met à chanter Don't Jump, je sens sa voix faiblir, elle tremblote. Je me tourne vers lui étonné. Son front est couvert de sueur, il est plus blanc que jamais. Qu'est-ce qu'il lui arrive ?

I scream into the night for you...

Sa voix tremble de plus en plus, ses jambes flageolent.

Don't make it true...

Je retiens mon souffle, perturbé. Sa voix se fait de plus en plus fluette.

Don't j...

Soudain, contre toute attente, il laisse tomber son micro qui atteint le sol avec un bruit mat et s'effondre à terre.
Affolé, je lâche ma guitare et accours vers lui.

(Moi) : Bill !


Georg et Gustav quittent leurs instruments et se précipitent également vers lui. Les fans s'agitent, se demandant ce qui se passe. Je me laisse tomber près de Bill. J'observe son visage. Il a les yeux fermés. Mon coeur cogne contre ma poitrine, je tremble de partout. Je lui donne des claques pour le réveiller. Il ne réagit pas. Ma gorge se serre sous l'émotion.

(Moi, affolé) : BILL ! Réveille-toi !

Pas de réaction. Bordel de merde, qu'est-ce que je peux faire ? On n'entend plus dans la salle que les cris des filles qui hurlent sous la panique. Je secoue Bill de toutes mes forces.

(Moi) : Bill, réveille-toi ! Me lâche pas, tu peux pas me laisser, pas maintenant...


Je fonds littéralement en larmes, submergé par le tourbillon des sentiments qui m'agitent. Voyant que je suis inefficace, Georg m'écarte de Bill. Je m'éloigne à contrecoeur. Je ne veux pas le quitter, je veux rester avec lui, le toucher, sentir sa chaleur. Mais Georg me tient à distance et prend le pouls de Bill en touchant son cou.

(Georg) : Son pouls est très faible...

Je sanglote comme un gosse. L'idée qu'il s'éteigne maintenant, devant ma totale impuissance, me donne la nausée. Sa poitrine se soulève, faiblement. Je n'ai jamais été aussi terrorisé de ma vie.

(Moi) : Qu'est-ce qu'on peut faire ?

(Georg) : Appelle une ambulance au lieu de rester là à chialer !


Il met Bill sur le côté et tente de lui parler. Aucune réaction. Cette vision de lui inconscient, peut-être au bord de la mort, m'insupporte. Je sors mon portable de ma poche. Mes mains tremblent tellement que je le fais tomber à plusieurs reprises. Quand j'arrive enfin à composer le numéro, j'ai du mal à parler à la standardiste au bout du fil :

(Moi) : C'est Bill Kaulitz...il a eu un malaise sur scène...envoyez une ambulance...non il est inconscient...faites vite !

Après plusieurs indications, je raccroche enfin. Faites qu'ils se dépêchent pour venir ! Si ça se trouve, la survie de Bill ne tient qu'à un fil. Je m'écroule à côté de lui et lui prend la main. Elle est tiède, presque froide. Je me penche à son oreille et parle de façon à ce que lui seul puisse m'entendre.

(Moi) : Bill...je voulais que tu saches que...que je t'aime...de n'importe quelle façon, n'importe où, n'importe quand, je t'aimerai toujours...je sais pas si tu peux m'entendre, mais tu resteras toujours sacré pour moi...jusqu'à la fin, pour l'éternité...


Je continue à lui parler ainsi jusqu'au moment où les ambulanciers arrivent. Très vite ils se penchent vers lui, ils veulent me l'arracher des mains. Je réagis violemment.

(Moi) : Laissez le moi !


Ils tirent le corps aussi inerte que celui d'une poupée pour le mettre sur une civière. Je le retiens par le bras. Je veux rester avec lui, sans lui je ne suis rien, ils me volent mon air, ma vie, mon oxygène...

(Moi) : Laissez-le moi ! Laissez-moi Bill ! Je veux être avec lui...

Mais ils finissent par gagner. Vaincu, je me remets à pleurer, au milieu de la scène, me sentant plus seul que jamais. Tout le reste n'est plus que confusion de son et lumière. Plus rien n'existe autour de moi, c'est comme si j'étais dans les ténèbres complètes. Une seule pensée occupe mon esprit :

Que va-t-il arriver à Bill ?

[Fin du chapitre ! Bill va-t-il s'en sortir ? Réponse dans le prochain épisode ! Aussi, je tenais à vous dire merci pour vos commentaires, ils sont de plus en plus touchants. Bref, à la prochaine pour la suite...]
Chapitre XXVII : Ne me laisse pas tomber

# Posté le mercredi 11 juin 2008 18:46

Modifié le samedi 14 juin 2008 08:06

Chapitre XXVIII : Te réveilleras-tu un jour ?

Déchiré, tremblant, j'attrape le micro qui gît à terre. Face à moi, une foule déchaînée et hystérique. Ca me fait peur. Qu'est-ce que je suis censé leur dire ? Que Bill a eu un malaise ? Juste un malaise, et rien d'autre ? Oui, c'est ce que je dois dire. Pas question de révéler son secret. Pas ici, pas maintenant. Je me râcle la gorge tout en fixant le public avec appréhension.

(Moi) : Alors, euh...ne paniquez pas, Bill a été victime d'un évanouissement léger...

Je suis incapable de continuer. D'une part parce que les cris couvrent mes paroles, d'autre part parce que je dis que Bill s'est juste évanoui, alors qu'il est peut-être au bord de la mort...C'est un mensonge trop énorme. Ma gorge est envahie d'un sanglot qui ne demande qu'à exploser en un torrent de larmes. Dieu, si vous existez, guidez-moi, dites-moi ce que je dois faire...

(Georg) : Allez, viens, on va à l'hôpital !

Bon, Dieu a pris la forme de Georg, de toute évidence. Je me laisse tirer par le bras, déconnecté, ballant, dépassé par la situation. J'ai peur. Peur de la vérité, qui a surgi sous mon nez quelques minutes auparavant : il lui reste peu de temps...tellement peu de temps...
On m'entraîne dans une voiture, je ne sais pas à qui elle appartient, et je m'en fous. Toutes mes pensées ne sont tournées que vers Bill. Il est loin de moi, je me sens mal, j'ai la nausée...il me le faut près de moi, j'ai besoin de lui parler, qu'il sache que je l'aime...ma respiration s'accélère. C'est comme si un chat s'était installé dans mes poumons. Je ne m'en soucie pas, je veux Bill, je le veux près de moi, je veux qu'il rie, qu'il pleure, qu'il crie, pas comme je l'ai vu, pâle, vide, inconscient...je halète de plus en plus fort. Des frissons me parcourent, mais j'ai terriblement chaud. J'ai chaud et froid en même temps...je ne me sens pas bien, c'est presque insupportable...Le poids sur ma poitrine s'accentue...j'étouffe ! J'ouvre la fenêtre et sors ma tête. J'ai besoin de respirer, mais je n'y arrive pas...les larmes se mêlent aux gouttes de sueur qui ont envahi mon visage. Je suffoque bientôt. Merde, l'air ne circule plus dans ma gorge, qu'est-ce qui m'arrive ?
Gustav remarque mon air paniqué et donne une tape sur l'épaule de Georg. Celui détache sa ceinture et s'approche de moi. Il me regarde hoqueter comme un poisson hors de l'eau avant de hurler, alarmé :

(Georg) : Il fait une crise d'angoisse ! Grouillez-vous de nous amener à l'hôpital !


Le chauffeur appuie probablement sur l'accélérateur, peut-être, je n'en sais rien. J'essaie seulement de respirer, mais la chose dans mes poumons y a pris toute la place. Mon coeur bat à la chamade, je tremble de partout. Georg me prend le visage de ses mains puissantes et me tourne vers lui. Il a le regard droit, perçant, mais j'ai du mal à le fixer.

(Georg) : Essaie de respirer calmement...vide les pensées de ta tête...oublie Bill, oublie tout...ferme les yeux...

Je lui obéis. Je ferme mes paupières et tente de faire le vide dans mon esprit...chasser toutes ces sales pensées. La voix apaisante de Georg continue de me parvenir dans la brume de mon cerveau.

(Georg) : Voilà, calme-toi...je pose ma main sur toi...tu la sens ?

Je sens quelque chose ramper sur mon torse.

(Moi, faiblement) : Oui...


(Georg) : Maintenant, inspire et expire à fond...


Je fais ce qu'il me dit. Au bout d'un moment, le poids s'enlève de ma poitrine. Mon coeur retrouve son rythme normal. Même si la sensation de nausée est toujours présente. Je rouvre soudain les yeux.

(Moi) : Qu'est-ce qui m'est arrivé ?


(Georg) : Une crise d'angoisse...les gens qui en sont victimes, dès qu'ils sont trop stressés, ressentent une sensation d'étouffement, d'enfermement...une peur inconnue leur tord l'estomac...

(Moi) : Mais...mais...j'ai jamais eu ça, moi !


Il me considère d'un air impassible avant d'ajouter :

(Georg) : Eh bah c'est bizarre.

Voilà, vous voyez comment il me rend ? Je suis malade de lui, c'est impossible qu'il me quitte...je regarde la ville illuminée des milliers de lumières de la ville en me rongeant les ongles. L.A. dans toute sa splendeur, rayonnant dans la nuit comme une étoile terrestre.

Die Lichter fangen dich nicht...Les lumières ne te rattraperont pas
Sie betrügen dich...Elles te trompent

Elles te trompent...

***
On débarque en trombe dans une des cliniques les plus réputées de Los Angeles, quelque part dans le centre. Georg, Gustav et moi nous précipitons vers la réception. On passe devant tout le monde. La réceptionniste nous envoie un regard hostile.

(Réceptionniste) : Faites la queue comme tout le monde, je vous prie.

(Moi) : C'est pour une urgence !


(Réceptionniste) : Ah oui ?

Je fronce les sourcils. A croire qu'elle est complètement lobotomisée du bulbe, celle-là.

(Moi) : OUI ! Bill Kaulitz est arrivé par les urgences il doit y avoir à peine cinq minutes !


Elle me gratifie d'un regard dédaigneux avant de plonger dans ses registres. Tout douuuucemeeent.
Je m'impatiente, trépigne sur place. Je triture mes anneaux au labret avec ma langue. Ca faisait longtemps que je n'y avais pas touché, à ceux-là. C'est Tom qui m'a donné cette manie, il me semble.

(Moi) : Bon, ça vient ?


(Réceptionniste) : Je peux pas aller plus vite que la lumière...en plus, son dossier n'est pas encore inscrit dans nos ordinateurs, vous allez devoir patienter...

(Moi) : TU MAGNES TON CUL A ME DIRE OU IL EST GROGNASSE OU JE T'ENVOIE MON POING DANS LA GUEULE !

Là, au moins, ça a le mérite d'être clair. Bizarrement, celui aussi d'être efficace. A peine trente secondes plus tard, nous avons la chambre où se trouve Bill. Les gens nous regardent choqués mais je m'en contrefous. On part à toutes jambes vers la chambre qui nous est indiqués. Quand nous arrivons dans le couloir où se situe Bill, mon coeur se serre. Une réalité insoutenable se cache peut-être derrière cette porte...non, ce n'est pas possible. Pas maintenant.
J'entre dans la chambre sans même frapper. Un médecin est penché sur le lit de Bill et note des choses sur un carnet. Quand il me voit débarquer, il se relève brusquement, offusqué.

(Médecin) : Vous êtes malade ! Retournez dehors !


(Moi) : JE VEUX LE VOIR !


(Médecin) : Seule la famille et les proches ont la permission de venir le voir...


(Moi) : Sa famille est environ à dix mille kilomètres d'ici...mais on peut dire que je suis un proche.


(Médecin) : Ah oui, vous êtes ?

Je réponds en hésitant un peu.

(Moi) : Son petit ami.


Je ne pense pas que Bill me considère comme son petit ami, mais tant pis. Le médecin me regarde avec curiosité. T'as jamais vu un gay ou quoi ?

(Médecin) : Bien. Je vous laisse le voir. Mais les deux autres restent dehors.

Georg et Gustav obéissent contre leur volonté. Je bondis vers le lit de Bill. Il est relié à toutes sortes d'appareils électroniques qui émettent une multitude de sons étranges et inquiétants. Je consulte son électrocardiogramme. Son coeur bat rapidement, sa tension est faible. C'est mauvais, je crois. Je m'approche à pas mesurés de l'être de mon coeur. Il dort, enfin je pense. Des tuyaux ont été insérés dans son nez, des électrodes sont branchées un peu partout sur son corps. Alors, ça ressemble à ça, un malade ? A une créature inerte, mi-homme mi-robot ? Je m'asseois délicatement au bord du lit. Le creux que forme mon corps fait glisser Bill contre moi. Ca me remplit d'une émotion sans nom, inexplicable.

(Moi) : Oh, Bill...je comprends pourquoi tu voulais pas te soigner...ces murs blancs, froids, sans âme...tous ces machins branchés sur toi...


Rien ne bouge sur son visage, on croirait une sculpture. Je n'ose pas lui prendre la main, sa main si douce, sa main si fragile, comme faite de porcelaine.

(Moi) : Je ne sais même pas si tu dors ou si tu es...dans le coma ?


Je l'observe quelques instants.

(Moi) : Je pense que tu dois être dans le coma...sinon, on t'aurait pas mis tous ces tuyaux dans le nez...c'est ça, non ?


Ma voix résonne dans la pièce, atone, sans émotion. Bill ne me répond pas, bien sûr. Sa poitrine se soulève au rythme de sa respiration artificielle, insouciante du temps, mue par un mécanisme inchangé et inchangeable.

(Moi) : Combien de temps vas-tu encore tenir, Bill ? Est-ce que tu te réveilleras un jour ?


Je continue ainsi mon monologue, seul dans la pièce. Les gens des chambres d'à côté doivent me prendre pour un fou.

(Moi) : Bon, je crois que je vais aller parler au médecin...il va me dire précisément ce que tu as, et il va trouver un moyen de te garder en vie pendant longtemps ok ? Je t'aime tu sais.


Je lui dépose un chaste baiser sur la joue. Je m'apprête à me relever, quand, après une seconde d'hésitation, je descends lentement vers sa bouche. J'ai envie de toucher ses lèvres, encore une fois. Elles sont tièdes et douces, comme toujours. Je me redresse et quitte la pièce avec le goût de ce baiser volé sur mes lèvres. Putain, qu'est-ce que je l'aime.
Le médecin m'attend dehors, aux côtés de Georg et Gustav. Il m'adresse un regard courroucé.

(Médecin) : C'est bon ?


(Moi) : J'ai besoin de vous parler une minute...en privé.


(Médecin) : Très bien. Suivez-moi...

Il me conduit dans une petite pièce isolée. Il ferme la porte et se tourne ensuite vers moi, l'air soucieux.

(Moi) : Alors ? Qu'est-ce qu'il a ?


(Médecin) : Je ne sais pas si vous le savez, mais votre compagnon est atteint du VIH...


(Moi) : ...

(Médecin) : Et la maladie s'est déclarée à proprement dit, sous la forme d'une "maladie opportuniste". Savez-vous ce que c'est ?

Je hoche la tête à la négative.

(Médecin) : C'est une maladie qui se déclare due au SIDA. En fait, comme vous vous en doutez, le virus détruit toutes les cellules immunitaires. Cela permet à d'autres maladies de se développer. C'est le cas de monsieur Kaulitz.

Je retiens mon souffle, tétanisé. Je redoute le pire. Mais qu'est-ce qu'il peut arriver de pire, de toute façon ?!

(Médecin) : On n'a pas encore déterminé quelle était sa maladie, tout ce qu'on peut dire, c'est qu'elle est bien présente. Nous avons donc plongé Monsieur Kaulitz dans un coma artificiel pour lui éviter de souffrir.

Mon coeur loupe un battement. Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? Bill, dans un coma artificiel ? Est-ce que ça veut dire...qu'il ne se réveillera plus jamais ? Non, non, ça ne se peut pas.

(Moi, la voix brisée) : Mais...mais...vous allez le réveiller, hein ?

Il secoue la tête d'un air navré.

(Médecin) : Il ne vaut mieux pas...


De rage, je donne un coup de poing dans le mur. Je ne veux pas entendre ça ! JE NE VEUX PAS ! Ma main palpite sous le choc, le sang pulse dans mes tempes. Si je ne me calme pas, je risque de faire un carnage. Je veux que Bill se réveille, que tout soit comme avant ! Et pourtant, tout va de pire en pire...mais Seigneur, je vous en supplie, pas ça.

(Moi, des trémolos dans la voix) : Pourquoi ?!

(Médecin) : Parce qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps...

(Moi, furieux) : Vous avez pas le droit de faire ça, Bill a le droit de profiter de ses derniers instants, vous entendez ?

Sur ces paroles, je l'ai agrippé par le col. Ses lunettes de docteur ont glissé pour aller tomber sur le sol.

(Moi) : VOUS ALLEZ LE REVEILLER, COMPRIS ?

Je le secoue de toutes mes forces.

(Médecin, affolé) : Mais enfin, lâchez-moi ! Vous êtes fou ou quoi ?

Je me rends compte que ce que je fais est stupide, bestial, primaire. Je lâche donc le col du médecin et me recule, effrayé par mon geste. D'où me vient cette agressivité ?

(Moi) : Je suis désolé...

Le médecin ramasse ses lunettes et me jette un regard noir. Pour ma part, je suis confus, rouge jusqu'aux oreilles.

(Médecin) : Vous semblez très émotif...je vais passer outre, mais, si vous le voulez bien, je ferais quand même un IRM de votre cerveau pour voir s'il n'est pas atteint d'une affection neurologique. Pour ce qui est de monsieur Kaulitz, je vais téléphoner à sa famille pour savoir si je dois le réveiller ou pas...

(Moi) : Ils ne sont pas au courant pour sa maladie.


(Médecin) : Mon dieu...je vais devoir leur annoncer, alors...

Sur ces dernières paroles, nous sortons de la petite pièce. C'est ce coup de fil passé aux Kaulitz qui déterminera l'avenir de Bill...


[Fin du chapitre. Si vous n'aimez pas les fics tristes, je suis désolée, je ne comptais pas à ce que la mienne devienne aussi tragique, mais bon, c'est le fil de l'histoire...! A bientôt]
Chapitre XXVIII : Te réveilleras-tu un jour ?

# Posté le vendredi 13 juin 2008 15:41

Modifié le mardi 17 juin 2008 17:15

Chapitre XXVXI : Quand les révélations tombent...

Je ressors de la petite pièce anéanti. Georg et Gustav se jettent sur moi. Le médecin quitte les lieux sans un mot. Je pense qu'il va passer son coup de fil. J'ai peur...peur de la réponse de sa famille. S'ils demandent à ce que Bill reste dans le coma, je crois que je ne le supporterai pas...ne plus jamais pouvoir l'embrasser, ne plus jamais le voir rire, ne plus voir cette lueur étincelante dans son regard. Bill, si tu m'entends, bats-toi, si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour moi, moi qui me tuerais pour toi si tu me le demandais. Et dire qu'il est derrière cette porte, à la fois présent et absent. C'est dans ces moments-là qu'on se dit que rien ne peut être pire. C'est dans ces moments-là qu'on se rend compte que l'on se prenait la tête pour des conneries. C'est dans ces moments-là qu'on se dit que cette personne, on l'aime vraiment.
Je ressors de mes pensées pour répondre aux questions des deux G's.

(Georg) : Bon alors qu'est-ce qu'il a ? Qu'est-ce qu'il a dit le médecin ?


Je souffle un bon coup. La vérité devait éclater, un moment ou un autre. Cet instant est venu.

(Moi, avec hésitation) : Bon, les gars, je vous conseille de vous asseoir.


Georg et Gustav arborent des expressions horrifiées sur leurs teints blêmes.

(Gustav) : Merde, c'est si grave que ça ?

J'ai les mains moites et la voix qui tremble. Le redire encore une fois, c'est enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie. Je me balance sur mes pieds, mal à l'aise.

(Moi) : Bon...Je suis désolé de vous l'annoncer comme ça...mais...c'est tellement difficile...voilà, Bill a le SIDA.

Heureusement que je leur ai dit de s'asseoir. Je vois leurs visages devenir encore plus blancs et leurs yeux encore plus grands.

(Gustav) : Putain de MERDE...j'ha...j'hallucine.

Georg, quant à lui, ne dit rien. Il tente d'assimiler l'information sans trop de panique. Et moi qui suis planté devant eux comme un con, impuissant, inutile.
Je m'installe près d'eux et reste silencieux. Personne n'échange un mot. On attend le retour du médecin. Il n'y a que ça à faire.

***

Je l'entends avant de le voir. J'entends ses chaussures crisser sur le sol du couloir. Le verdict, la phrase qui risque de bouleverser nos vies, approche à grands pas.
Je remarque son visage anxieux. Mais je pense qu'un médecin qui s'occupe de gens au bord de la mort a toujours un air anxieux. Quand nous le voyons arriver, nous bondissons de nos sièges comme si nous avions reçu une décharge électrique.

(Moi) : Alors ?

(Médecin) : J'ai donc téléphoné à la famille de Bill...

Nous retenons nos souffles, comme si le cours du temps s'était suspendu.

(Médecin) : Je dois dire que sa mère en particulier était effondrée...elle a pris la décision qu'elle jugeait la meilleure pour Bill...

Je me mords les lèvres. Si vous saviez comme j'ai peur.

(Médecin) : Elle m'a donc demandé...


Qu'est-ce qu'il va dire ? Qu'est-ce qu'il va dire ???

(Médecin) : De réveiller Bill.


(Moi, Georg, Gustav) : OUAIIIIIS !!!!!!!

On se tombe dans les bras. On va revoir notre Bill, lui parler, le toucher. Même s'il est faible, je m'occuperai de lui. Je le protégerai...
Vous n'imaginez pas mon soulagement. C'est comme un poids qui s'enlève soudain. Ah, mon Billou, je veux lui dire combien je l'aime.

(Médecin) : Je vais donc conduire Bill en service de réanimation. Vous pourrez retourner le voir demain matin.


Il s'apprête à partir puis se ravise.

(Médecin) : Ah oui, et un certain Tom Turner a dit qu'il arriverait demain dans la matinée...accompagné d'une Maiwenn Culkin. Vous les connaissez ?


J'esquisse un léger sourire. Enfin, nous serons tous ensemble. Soudés, présents pour Bill. On lui doit bien ça.

(Moi) : Oui. L'un est l'ex petit ami de Bill tandis que l'autre est ma soeur. Transmettez leur l'adresse de notre hôtel.

(Médecin) : Bien. Alors à demain, alors. Et courage.

***

Quand je m'endors le soir, c'est avec une lueur d'espoir dans le coin de la tête. Serait-il possible...qu'il vive ?

***

(Maiwenn) : Evan...!

Je ne peux pas répondre car elle m'étouffe à moitié tant elle me serre contre elle. Elle est arrivée à 10.00 A.M accompagné de Tom. Celui-ci a l'air complètement terrassé. Quand il s'approche pour me serrer la main, je l'attrape par l'épaule.

(Moi) : Viens, faut que je te parle...


Je l'entraîne à part. Il enlève ses grosses lunettes de soleil. Je découvre des yeux rougis, tristes.

(Tom) : Je sais ce que tu vas me dire...mais ne t'inquiète pas, je suis au courant.

Il esquisse un faible sourire.

(Tom) : Maintenant, je comprends le comportement de Bill...c'est l'essentiel.

Il baisse la tête. J'ai de la peine pour lui. Il est gentil, dans le fond.

(Tom) : Je pensais pas que Katya m'aurait refilé une telle merde. C'est le prix que je paye de mes conneries...

J'ouvre des yeux étonnés. Bill a prononcé exactement la même phrase. Pas étonnant que tout le monde ait cru qu'ils étaient jumeaux.

(Moi) : Je suis désolé, Tom...y'a pas de mots pour décrire...ça.

(Tom, avec un rire amer) : Ouais...

Un long silence s'installe entre nous. C'est Tom qui le rompt.

(Tom) : Tu y vas quand, à l'hôpital ?

(Moi) : Je pars dans un quart d'heure. Je dois passer un examen médical. Selon le médecin, mes réactions agressives sont dues à un problème dans mon cerveau.


(Tom) : On viendra tous avec toi, alors. Comme ça, on verra Bill.

***

A l'hôpital. Je suis installé sur une plaque de métal, on va me glisser dans une espèce de grand tunnel. J'aime pas trop ça, je suis à moitié claustrophobe. M'enfin, je ne vais pas me mettre à faire le gosse.

***

Plus qu'à attendre les résultats. Ils me les feront parvenir à l'hôtel. En attendant, je fonce à la chambre de Bill. Quand j'arrive dans le couloir, je vois l'attroupement qui s'est formé devant la porte. Il y a bien sûr le groupe, Maiwenn, Hub (qui débarque toujours quand on s'y attend le moins) et même quelques fans. Impossible de savoir comment elles ont su que Bill se trouvait là.
Je passe devant tout le monde et me dresse sur la pointe des pieds pour apercevoir ce qu'il se passe dans la chambre à travers le hublot. Et je n'y vois rien.
Pourtant, je n'ai pas beaucoup à attendre. Le médecin sort à peine cinq minutes plus tard. Immédiatement, il est assailli par tout le monde qui pose des tonnes de questions en même temps, le tout dans un vacarme pas possible. Il est obligé de calmer le jeu.

(Médecin) : S'il vous plaît, pas tous en même temps...! Je ne suis pas un surhomme.


(Moi) : Est-ce qu'on peut le voir maintenant ?

(Médecin) : Oui, mais seulement un par un. Il est encore très fatigué.


C'est là que chacun se consulte du regard. Qui va passer en premier ? Je regarde Tom en particulier. On est à égalité pour ce qui est de notre place dans le coeur de Bill. Enfin, je crois.
Maiwenn vient trancher ce dilemme.

(Maiwenn) : Je pense que Tom et Evan peuvent y aller tous les deux en même temps...

(Médecin) : Mais je...

Maiwenn l'interrompt en lui lançant un regard noir digne de la famille Culkin. Ca marche à tous les coups.
On entre donc dans la chambre. L'atmosphère est pesante, étouffante. Je ne me sens pas très bien.
On approche donc à l'unisson près du lit de Bill. Il dort encore. Je ne peux m'empêcher de dessiner un sourire attendri sur mon visage.
Tom n'a pas l'air de trop savoir quoi faire, alors il va s'asseoir sur une chaise près du lit sans m'accorder un regard. Pour ma part, je m'approche de Bill et lui tapote l'épaule avec précaution.

(Moi, à voix basse) : ...Bill ?

Celui-ci plisse les yeux et s'agite un peu. Je recommence mon geste.

(Moi) : Bill, réveille-toi...c'est Evan.

Il se tourne enfin vers moi et lève une paupière fatiguée. Ses yeux noirs de cernes sont blafards et éteints. Ca me fait terriblement mal. Lui qui avait un regard si pétillant, si vivace. Quand il m'aperçoit, il sourit.

(Bill, d'une voix enrouée) : Ah, Evan...tu es là.

Je lui rends son sourire. Je pointe Tom du doigt.

(Moi) : Tom aussi est là.

(Bill) : Ah...

Tom survient à mes côtés. Il a les yeux brillants de larmes. Je le comprends. Lui qui en voulait tant à Bill. Maintenant, il comprend. Maintenant, il pardonne.
Tom se penche vers Bill et le serre délicatement dans ses bras. Moi, je reste en retrait. Je suis un peu jaloux, en fait. Même si je sais que je ne devrais pas.

(Bill) : Je suis content que vous soyez venus...

(Moi) : Je ne te le fais pas dire...

On reste un moment sans piper mot.

(Tom) : Tu vas pouvoir sortir quand ?


(Bill) : Normalement, je ne suis pas censé sortir...mais je vais signer une décharge. J'ai envie de profiter.

(Tom) : Ok...

J'essaye de détecter dans le regard de Bill la moindre trace d'affection quand il a les yeux tournés vers Tom. Mais son regard est d'encre, opaque, qui ne laisse rien voir.

(Moi) : Bon, on va te laisser...plein de gens meurent d'envie de te voir.


Je me mords la lèvre. Je viens de prononcer le mot "meurent". Je suis sûr que ça l'a affecté, d'une façon ou d'une autre. En tout cas, moi, ça m'a affecté. Aoutch.
Il tente de se lever mais, voyant que ça lui coûte un effort considérable, il se laisse retomber sur l'oreiller.

(Bill) : Putain, j'suis crevé...

Je m'approche de lui et l'embrasse dans les cheveux. Sentir son odeur me revigore comme une bouffée d'air frais.

(Moi, en chuchotant) : Ne t'en fais pas, une fois que tu seras sorti, je prendrai soin de toi...

Il me répond par un sourire sincère. Je rêve ou ses yeux brillent d'une drôle de lueur ? Je secoue la tête ; ça doit être mon imagination. Je ne pense pas qu'il m'aime plus que Tom. Encore faudrait-il qu'il m'aime. Parce que, moi, je lui ai quand même dit plusieurs fois, et je suis toujours resté sans réponse. Bill restera un mystère à mes yeux.
On sort de la chambre en traînant les pieds. On se fait sauter dessus par tous les gens qui attendaient dehors. J'entends à peine ce qu'ils me disent, car je ne pense qu'à lui...

***

(Moi) : Nan, Bill, c'est hors de question !

(Bill) : Mais t'inquiète pas pour moi, ça va aller!

Oui, comme vous pouvez le constater, Bill est sorti de l'hôpital. Le jour-même de son réveil. Là, nous sommes à l'hôtel, toujours à Los Angeles. Les premiers jours, il est resté couché, toute la journée. J'étais près de lui tout le temps, attentif au moindre de ses désirs. Je brûlais d'envie de le toucher, de le caresser, de l'embrasser, mais il n'était pas d'humeur ni d'état, et c'était normal. Là, il a un peu repris du poil de la bête. Il s'est levé, et il recommence à se coiffer et à se remaquiller, même si ses cheveux tombent à présent par poignées entières. Il est obligé de se couvrir de fond de teint pour masquer son teint cadavérique. Ca me déchire de l'intérieur de voir l'être que j'aime s'éteindre de jour en jour. Mais il faut être fort. Pour lui.

(Moi) : Nan ça va pas aller ! Tu tiens à peine debout.


Il sourit.

(Bill) : J'ai la solution pour me faire tenir toute la nuit.

Il sort de sa poche un sachet. Pas un sachet vert, nan. Un sachet de poudre blanche. Je lève vers lui des yeux estomaqués.

(Moi) : Où est-ce que t'as eu ça ?!

Il continue de sourire, un peu honteux quand même.

(Bill) : On peut avoir tout ce qu'on veut quand on est une star...

(Moi) : Maiiiiiis...tu comptes pas en prendre hein ?

(Bill) : Bien sûr que si ! Si je veux continuer de vivre normalement, j'ai besoin de ce truc. Sans ça, je m'écroulerai dès que je poserai le pied dehors.

Je le fixe sans un mot, stupéfait. Il est en train de se détruire sous mes yeux, et je ne peux rien faire. Je commence à réaliser que j'ai perdu le Bill d'autrefois. Plus rien ne sera plus comme avant. Bill me lance un regard gêné.

(Bill) : Me regarde pas comme ça, Evan...moi aussi, j'aimerais ne pas être malade, et continuer de vivre comme quelqu'un de sain. Mais c'est pas possible, alors tu dois l'accepter...


Il est interrompu par un groom qui rentre dans la chambre. Il s'approche de moi et me tend une grande enveloppe.

(Groom) : De la part du docteur House (désolée c'était trop tentant xD).

Je prends l'enveloppe qu'il me tend, le remercie. Il quitte donc la pièce tandis que je l'ouvre avec fébrilité.

"Monsieur Culkin,

Après examen de votre encéphale par IRM, nous avons pu déterminer une anomalie. En effet, il semblerait que vous soyez atteint de neuropathie périphérique. Cette maladie se traduit par un comportement agressif, irritable, mais également par une sensibilité profonde : douleur fulgurante traversant le corps, impression d'avoir les chevilles serrées dans des brodequins trop étroits, avoir l'impression que la poitrine est serrée dans des bandes, impression de morsure, de rongement, qu'un clou pénètre dans le corps, etc. Cette maladie apparaît rarement au cours d'une vie. Par conséquent, nous en avons déduit que cette neuropathie dont vous êtes atteint ne peut être qu'une maladie opportuniste apparue à cause du VIH. Je suis désolé de vous l'annoncer ainsi, monsieur Culkin, mais vous êtes séropositif."


Je laisse tomber l'enveloppe du bout de mes doigts tremblants. Je fixe droit devant moi, hagard. Mon cerveau ne répond plus. Mes jambes, cotonneuses, ne peuvent plus supporter le poids de mon corps. Je m'effondre sur le sol. Bill se précipite vers moi.

(Bill) : Evan, qu'est-ce qu'il y a ???


Je ne peux pas parler. Ma bouche refuse d'obéir. La nouvelle que je viens d'apprendre a envahi tout mon esprit. J'ai peur d'avoir mal compris. Bill me secoue. Je l'observe de mes yeux vides.

(Bill) : Merde, réponds-moi !

Je ramasse l'enveloppe et lui tends. Il me la prend des mains un peu brutalement et parcourt les lignes de la lettre rapidement. Quand il termine, il pousse une exclamation de surprise.

(Bill) : Oh nan ! Putain !

Il me prend par les bras et me relève. Je me laisse faire, sans aucune réaction. Il me prend dans les bras et me serre fort. Très fort. Trop fort, à m'en briser les côtes. Mais je ne ressens rien, je suis en stand-by.

(Bill) : Je...je suis désolé, Evan...tout est ma faute...je t'ai fait souffrir, j'ai brisé ta vie...et maintenant, ça !

Je sens quelque chose de mouillé dans mon cou. Je crois bien qu'il pleure. Ses épaules tressautent en rythme irrégulier. Je ne réagis toujours pas. Je n'arrive pas à y croire, tout simplement.

(Bill) : Je ferais bien de sortir de ta vie...je t'apporte que des merdes.

C'est à ce moment-là que je reviens à la réalité.

(Moi) : NAN !

Je le repousse pour le regarder droit dans les yeux. Je suis en colère. Contre lui, mais pas pour les raisons qu'il pense.

(Moi) : Ecoute-moi bien, Bill. Je te fais un flash-back de tout ce qu'il s'est passé. On s'est rencontré parce que j'étais obligé d'accompagner ma soeur en Allemagne. Je détestais ton groupe, ta musique, je te détestais TOI. Et ça n'est pas allé en s'arrangeant. Nos relations se sont dégradées de jour en jour, on a pas cherché à se connaître. Et puis, tu as commencé ton petit jeu : tu me rejetais, pour ensuite me chauffer la minute d'après. Et j'ai tout de suite pris, tu m'as fait découvrir que j'étais gay. On a fait l'amour ensemble, plus d'une fois, j'ai tout découvert avec toi. Puis j'ai appris tous tes secrets, les uns après les autres. Je t'aimais, mais tu me repoussais. Je t'aimais quand tu étais avec Tom. Je t'aimais quand tu m'as traité comme une sous-merde. Je t'aimais quand tu me fuyais. Je t'aimais quand tu étais dans le coma. Alors, tu crois que maintenant, je peux retourner en arrière ? Tu crois que vu que tu m'as refilé cette maladie, je ne peux plus t'aimer ? Tu crois que vu que tu vas mourir, je vais me détourner de toi ? Eh bien tu te trompes. Je me suis engagé corps et âme pour toi, et je n'ai pas l'intention d'en changer. Compris ?

Choqué par ma longue tirade, il se contente de hocher la tête de haut en bas. Je crois que je n'ai jamais autant parlé en sa présence.

(Moi) : Maintenant, file-moi ce sachet de coke et allons en boîte nous bourrer la gueule.

Il me sourit en me tendant le sachet.

(Bill) : Ca me semble être une excellente idée.


[Fin du chapitre ! Eh oui, Evan aussi a le SIDA...lui, Tom et Bill. Que vont-ils faire ? Lutter ? Profiter des derniers instants ? Vous le saurez bien assez tôt...]
Chapitre XXVXI : Quand les révélations tombent...

# Posté le dimanche 15 juin 2008 17:13

Modifié le mardi 24 juin 2008 12:47