Chapitre XXII : Un intrus dans la maison

J'ai la bouche grande ouverte. Je dois avoir l'air d'être lobotomisé du bulbe. Mais en même temps, comment aurais-pu réagir autrement en voyant Tom (eh oui c'était lui. Mais en même temps c'était facile hein ^^) sur le pas de la porte, alors qu'il vient de tous nous trahir ???
Tom nous regarde tous d'un air un peu embarrassé, mais le fait de nous avoir balancé tous les journaux à scandale sur le dos ne semble pas le chagriner plus que ça. Il est aussi pourri que Bill, en fait.

(Tom) : Bah euh...


(Bill, enragé) : TOOOIIIII !!!!

Il se jette littéralement sur Tom et tente de lui envoyer son poing dans la figure. Mais tout le monde sait que Bill n'est qu'une insignifiante crevette chevelue, par conséquent Tom l'arrête de suite en lui maintenant les poignets. Le visage de Bill est tordu par la fureur, il se débat. Georg, Gustav et moi restons immobiles, complètement sidérés.

(Bill, en hurlant) : ESPECE DE C******, T'AS VOULU FAIRE QUOI EN BAVANT SUR NOTRE DOS, HEIN ? T'ES VRAIMENT QU'UN SALE B***** !!!

On ne voit plus qu'une masse de cheveux qui s'agite dans tous les sens et qui vocifère comme un charretier. Tom essaie de le contenir tant bien que mal. Je crois que je n'ai jamais vu Bill autant en colère. D'habitude, il est si calme, si observateur...Georg décide d'intervenir mollement. Faut dire qu'on crève de chaud, là, à attendre sur le perron.

(Georg) : Arrête, Bill, tu te fatigues pour rien...

(Bill) : Ta gueule, Georg ! Toi aussi tu devrais être en train de lui faire la peau ! Mais vous êtes tous que des...

Sa phrase s'achève par une longue plainte de douleur. Tom vient de l'effondrer sur le sol par un coup de pied dans le tibia. Bill est maintenant à genoux par terre, s'insurgeant encore plus. Sauf que ses paroles sont à présent inintelligibles. Tom relève la tête vers nous.

(Tom) : Bon, vous allez pas camper là...

Il s'efface pour nous laisser entrer. Georg et Gustav pénètrent dans la demeure, suivis par Tom. Je suis le dernier. Je me penche vers Bill, qui est toujours par terre. Il halète encore après son effort. Je ne vois pas son visage, il est caché par des mèches collées par la sueur. Il me fait de la peine, tout à coup.

(Bill, à voix basse) : Laisse-moi...


(Moi) : Allez, viens, tu vas pas rester là.

Il lève vers moi un visage empreint d'une détermination farouche.

(Bill) : Tu comptes vraiment passer plusieurs jours en compagnie de Tom ???


(Moi) : Il n'a fait que dire la vérité...dans le fond, on ne peut pas lui en vouloir. Tu l'as fait souffrir, tu sais...

Il laisse échapper une exclamation de dédain.

(Bill) : Et lui, il ne m'a pas fait souffrir, peut-être ??? Ca se voit que tu ne sais pas ce qu'il m'a fait subir par le passé...


(Moi) : Nan, je le sais pas, puisque tu ne veux rien me dire...

Il se met debout.

(Bill) : On en reparlera...

Il rentre dans la maison. Je suis bien obligé de le suivre. On arrive tous les deux dans un immense salon, où se trouvent les trois autres. Personne ne parle. La tension est à couper au couteau. Je me jette à l'eau et romps le silence plus que pénible.

(Moi) : Alors, qu'est-ce que tu fais là, Tom ?

Il joue avec son piercing à la lèvre. Il est tendu. J'aime quand il fait ça, ça le rend si...sex. Il tripote ensuite le bout de sa casquette.

(Tom) : Je suis là pour les mêmes raisons que vous...c'est David qui m'a conseillé de me planquer pendant quelques temps...


(Bill, en maugréant) : Ca ne lui a pas semblé nécessaire de nous prévenir...


Tom le fusille du regard. Gustav se balance sur ses pieds, mal à l'aise, tandis que Georg enroule des mèches de cheveux autour de ses doigts. Moi je vous le dis, on va se fendre la poire...

***

On arrive au soir. Une cuisinière, qui est arrivée vers 18h, s'est chargée de nous préparer notre dîner. Un chauffeur est à disposition à toute heure pour nous emmener où bon nous semble. Ca aurait pu être cool, si seulement Bill et Tom arrêtaient de se pouiller la tronche. Ils passent la plupart du repas à s'envoyer des vannes :

(Bill) : Passe-moi le sel.


(Tom) : Prends-le toi-même.


(Bill) : Passe-le moi bordel de chiotte !


(Tom) : Déhancher ton cul devant un micro a fini par te rendre handicapé ? Tu peux plus te lever c'est ça ?

(Bill) : Nan je crois que c'est le fait de voir ta gueule qui me rend malade.

(Tom) : Ah oui bah t'aimais bien la voir ma gueule quand...

(Moi) : STOP ! On veut pas en savoir plus.

Bill se lève précipitamment et sort dans le jardin. Personne ne cherche à le retenir. Ca promet, tout ça, ça promet...
Le dîner s'achève en silence. Je me sens mal, ici, j'ai envie de me barrer. D'un côté, c'est de ma faute si Tom est parti...si Bill ne m'avait pas rencontré, il n'aurait pas trompé Tom, et ce serait comme avant. Mais ce qui est fait est fait. On ne peut pas changer le passé.
Je monte à l'étage. Nos affaires ont déjà été déposées dans nos chambres respectives. J'arrive dans le couloir, je passe devant la chambre de Bill. Elle est juste à côté de la mienne. Je continue de marcher, puis...je me ravise. Je m'arrête devant sa porte. Jette un regard aux alentours. Il n'y a personne. Après tout, rien ne m'empêche d'aller jeter un oeil à sa chambre et à ses affaires. J'ouvre la porte et entre dans la pièce.
C'est une chambre banale, avec un lit, un bureau, une armoire. Les bagages de Bill sont posés à gauche du lit, près de la fenêtre. Je m'écroule sur le lit et rampe vers les valises, toujours allongé. Avant, je plonge ma tête dans l'oreiller. Il n'y pas encore son odeur, mais je veux lui laisser un petit cadeau qu'il remarquera peut-être en se couchant...MON odeur. Je commence à ouvrir la fermeture de la valise qui se trouve le plus près de moi. Mon coeur bat sous la crainte de me faire griller. Je ne sais même pas pourquoi je fais ça. L'amour, sûrement. La stupidité, donc. La première valise est ouverte. Je farfouille un peu dedans. Des fringues, des fringues à n'en plus finir. Je trouve également divers accessoires, tels que des colliers à pics, des piercings. Soudain, ma main tombe sur quelque chose de sphérique et de froid. Je sors le quelque chose en question. Une exclamation étouffée s'échappe de ma gorge. C'est une boule de geisha ! Eh beh on se fait plaisir, à ce que je vois, pas vrai Bill ?
Soudain, j'entends des bruits dans l'escalier.

(Moi) : Merde !

Je m'éjecte du lit, et, sans réfléchir, fonce me cacher dans l'armoire. Je referme la porte du meuble au moment où deux personnes rentrent dans la pièce. Putain, quel con, j'ai oublié de fermer la porte de la chambre ! Bon, tant pis, espérons qu'ils ne remarqueront rien. C'est Bill et Tom qui viennent de rentrer. Qu'est-ce qu'ils vont encore bien foutre ?


[Fin du chapitre. Je sais, il est court, merdique, mais bon, la suite sera plus intéressante, je vous le promets. C'est toujours le bordel entre Bill, Evan et Tom, enfin comme d'hab quoi ! Mais pourquoi Bill et Tom partent s'enfermer dans la chambre de Bill ? Réponse dans le prochain épisode...]
Chapitre XXII : Un intrus dans la maison

# Posté le mardi 20 mai 2008 17:12

Modifié le jeudi 22 mai 2008 14:53

Chapitre XXIII : Pervers un jour, pervers toujours !

Je laisse la porte de l'armoire juste assez ouverte pour que je voie ce qui se passe dans la chambre. Je ne préfère même pas imaginer s'il prend à Bill l'envie soudaine de prendre son manteau (contre lequel je suis appuyé, je tiens à le rappeler). Déjà qu'il me prend pour un abruti, alors là ce serait le pompon. Bref. J'observe les deux "jumeaux". Vu le niveau sonore de leur voix, j'en déduis qu'ils sont en train de s'engueuler.

(Bill) : Putain tu pouvais pas choisir un autre endroit pour crécher ? Fallait que tu viennes me faire chier jusqu'au fin fond de la cambrousse bavaroise ?


Il a contourné le lit et regarde ses valises d'un air distrait. Pourvu qu'il ne remarque pas que l'une d'elles est ouverte ! Tom est de l'autre côté du lit, près de la porte. Il pointe un doigt menaçant vers son "jumeau". C'est vrai qu'ils ont un air de ressemblance, putain. Le même nez retroussé, la même bouche pulpeuse...

(Tom) : Et toi, tu crois pas que tu m'as fait chier pendant ces dernières semaines ? A te pavaner aux bras d'Evan...

Je ressens une pointe au coeur et une bouffée de chaleur me monte au visage. Je retiens mon souffle, nerveux à l'idée qu'on parle de moi à mon insu. Bill le fixe avec un air buté.

(Bill) : Il ne s'agit pas d'Evan, là.

Tom plisse les yeux, de plus en plus en colère.

(Tom, gueulant) : Putain mais tu te fous d'ma gueule ? Pourquoi tu crois que je suis parti ? Hein ? Tu crois que je pouvais continuer à supporter tes p'tits coups dans l'dos ? Nan, Bill, j'en pouvais plus ! Parce que moi je...t'aime.

Bill continue de l'observer mais ne répond pas. Alors, j'avais raison, il est bien parti à cause de moi. Je me sens super mal, tout à coup. J'aimerais disparaître. Oublier tout ça.

(Bill) : Ce que je fais ne te regarde pas...et puis, qu'est-ce que tu croyais que je ressentais, quand tu baisais avec ta chienne, Katya ?

(Tom) : Tu sais très bien ce que je pensais d'elle et ce qu'il en était.

(Bill, souriant) : Si tu l'as lâchée, c'est parce que j'étais meilleur au lit qu'elle, pas vrai ?


(Tom, les yeux au ciel) : Je sais pas, ça fait longtemps que tu m'as pas touché, darling...

Bill pose ses mains sur le bureau derrière lui, tend ses bras et se cambre dans une position outrageusement sexuelle. Mon coeur en loupe un battement.

(Bill) : Viens, et je te dirai ça...


Mes yeux se font ronds comme des billes. J'hallucine ! Il ne manque pas une occasion de se faire tirer, bordel ! Un élan de jalousie me prend au corps et je manque de sortir de l'armoire pour aller le frapper. Mon souffle s'accélère sous la fureur.

(Tom, jouant avec son piercing) : Ne me tente pas...

Bill lève son sourcil, celui qui a le piercing. Il passe la langue sur ses lèvres. Bill, pourquoi ressens-tu toujours le besoin de faire du mal aux autres ? Je me mords les lèvres. Non, ce n'est pas possible, tu ne peux pas me faire ça, je ne pourrais pas le supporter...

(Bill) : Tu ne peux pas me résister...

Il passe ses mains tendues sur son torse et commence à se caresser. Je plante mes dents encore davantage dans mes lèvres. Les pensées tourbillonnent dans mon esprit. Qu'est-ce qui me retient de fondre en larmes ? De fermer les yeux pour ne pas souffrir de ce qui se trouve devant mes yeux ? D'aller le frapper ? Je suis paralysé. Le voir comme ça, prêt à s'offrir à un autre, m'envoie un coup de couteau dans le coeur. Ma respiration se fait de plus en plus saccadée. Mon esprit est aveuglé par la rage, mais je ne peux pas bouger. Un liquide dégouline sur mon menton. Je me suis mordu au sang.
Tom fait le tour du lit et s'approche de Bill à pas méfiants. Tous mes sens sont en alerte. J'attends de voir ce qu'il va se passer.

(Tom) : Tu n'es qu'une garce, Bill...

Bill s'avance et s'agenouille devant lui. Il remonte ensuite en se frottant contre son corps en ondulant son bassin, doucement. Je vois Tom frémir.

(Tom) : Putain, à chaque fois tu me files une de ces g...

Il n'a pas le temps de finir sa phrase. Bill a attrapé sauvagement son piercing à la lèvre. Tom gémit.

(Tom) : Hmmmm !

Il encercle ses bras autour du maigre dos de Bill et le colle contre lui. Sa casquette tombe sous le choc. Ils s'embrassent avec fougue ; je vois leurs langues s'entremêler langoureusement. Je pousse un petit cri de désespoir, qui ressemble au miaulement d'un chat à l'agonie. Tom s'interrompt.

(Tom) : Qu'est-ce que c'était ?

Bill le replaque contre lui.

(Bill) : Ferme-la et baise-moi !

J'en reste sidéré. Les larmes me montent aux yeux, mais ne viennent pas. Comme si j'étais empli de tellement de souffrance qu'elle ne pourrait même plus sortir, bloquée à l'intérieur de mon corps. Bill pousse Tom sur le lit et enlève son t-shirt. Je vois son dos déjà couvert de sueur se soulever au rythme de son souffle accéléré par le désir. Il se met à califourchon sur lui. Tom le regarde, les yeux vitreux. Bill ne perd pas son temps et se débarrasse rapidement du baggy de Tom qui va valser sur le sol. Ils gémissent sous l'envie. Ca me dégoûte. Bill baisse ensuite le boxer de Tom d'un coup sec. Il se penche vers son intimité et l'enfourne dans le même temps. Il commence à faire de lents mouvements avec sa bouche. Tom se cambre sous le choc et pousse un soupir. Il attrape les cheveux de Bill pour le mener dans son va-et-vient.

(Tom) : Han...Bill. Plus...vite !!

Bill s'interrompt, se redresse et envoie une gifle sur la joue de Tom. Ca laisse une belle trace rouge sur sa joue droite. Tom lâche un hoquet de surprise avant de lui empoigner les cheveux et d'approcher son visage du sien. Quand il parle, c'est d'une voix complètement essoufflée.

(Tom) : Refais jamais ça, bordel !


(Bill) : Aïe, lâche mes cheveux !

Tom s'exécute. Puis appuie fortement sur la tête de Bill pour que celui-ci retourne s'occuper de son intimité. Je continue de les fixer, complètement hypnotisé. Je ne pense plus à rien, plus rien ne se passe dans mon cerveau. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Bill reprend ses allées-et-venues. Tom gémit en rythme.

(Tom) : Suce-moi...plus vite !

Au contraire, Bill se retire, puis s'extirpe du lit. Je suis ses mouvements du regard, impuissant et médusé. Il se met face au bureau et penche son bassin en arrière. Tom bondit du lit et court derrière lui. Son sexe est dressé, tendu au maximum. Tom déboutonne rapidement le jean de Bill et le baisse à ses chevilles. Pendant ce temps, Bill chuchote :

(Bill) : Hmmm, vivement que tu me prennes, ça fait tellement longtemps...


Malgré moi, je sens quelque chose grossir dans mon caleçon. Il faut dire que cette scène de voyeurisme est super excitante. Aïe, ça me fait mal.
Tom baisse le boxer de Bill. Je revois les fesses de celui-ci, celles que j'avais prises à la terrasse de la piscine. Ah, bordel ! A la remémoration de ce souvenir, mon intimité se dresse un peu plus. Putain, j'ai trop mal, il faut que je la sorte. Je baisse à mon tour mon pantalon et mon caleçon. Ah, ça va mieux.
Tom se penche à l'oreille de Bill. Il est maintenant juste derrière lui, son torse collé contre son dos.

(Tom) : T'es sûr que tu veux ?

(Bill) : Prends-moi, putain !

Tom s'enfonce d'un coup en lui. Il pousse un hurlement de douleur.

(Bill) : Aarrrrghh !

Tom commence de lents va-et-vients. Je vois son sexe entrer et sortir. Sans m'en rendre compte, mes mains descendent à mon entrejambe et je commence à me caresser. Hmmm, c'est bon.

(Tom) : Tu veux que je m'arrête ?


(Bill) : Va plus vite ! Déchire-moi !

Tom lui obéit et accélère le mouvement. Il rejette la tête en arrière. Quant à moi, il n'y a plus que ma main et ma virilité. J'accélère le mouvement, à la même vitesse que Tom. Putain, je rêverais d'être à sa place. Bill, je t'aime, j'aimerais tellement que l'on fasse l'amour...une dernière fois...sentir ton corps dans le mien...Je souffle comme un boeuf dans mon armoire. Une goutte de sueur dégringole dans mon cou tandis que je me caresse avec des gestes de plus en plus précipités.

(Bill) : Aaaaah Tom ! Plus fort !

Tom le plaque contre le bureau et le pilonne de plus en plus. Bill lui griffe les cuisses avec sauvagerie. Ils gémissent à l'unisson. Je n'en peux plus. Ce que je vois dépasse toute mon imagination. Tout mon corps se crispe. Bill continue de gémir. Il crie comme une fille.

(Bill) : Haaaan...!

Ca y'est, j'en peux plus. Ma main entame un ultime mouvement. J'atteins l'orgasme quelques secondes plus tard et me vide sur un des manteaux. Ouuups !
Ils sont toujours en train de s'affairer. Je descends de mon nuage et me rends compte que je ne devrais pas être là. Je me rhabille rapidement et ouvre délicatement la porte de l'armoire. Et tant pis pour le manteau.

(Tom) : Han...Bill, je...je...je t'aime !

(Bill) : Ta gueule et baise !

Ils sont dos à moi. Je devrais pouvoir me barrer tranquillement. J'avance à pas de loups vers la sortie. Ils ne me remarquent toujours pas. Je passe devant eux. Tom s'enfonce en Bill avec violence, faut pas que je voie ça, ça me ferait regrimper au plafond. J'atteins enfin le pas de la porte. Ouf, j'y suis arrivé ! Une fois dans le couloir, je fonce dans ma chambre. Qu'est-ce qu'on penserait si on m'avait surpris en train de les espionner ? C'est plutôt pervers, non ?
Je suis dans ma chambre. De là, j'entends leurs soupirs. J'essaie de me dire que Bill ne se fout pas totalement de ma gueule. Qu'il couche avec Tom pour se servir de lui. Que c'est moi qu'il aime. Il faut que je me dise ça pour ne pas devenir fou. Je m'en vais dans la salle de bains. Je vais me prendre une douche.
Je me déshabille rapidement et entre dans la cabine. Je fais couler de l'eau froide sur mon corps en ébullition pour me remettre de mes émotions. Je l'avais dit, que ce séjour ne serait pas de tout repos...
Je reste une bonne vingtaine de minutes sous l'eau. J'en profite pour me délasser de mes soucis. Ca fait du bien.
Je sors de la cabine et attrape une serviette. Je l'enroule autour de ma taille et m'en vais devant le miroir. Je suis fatigué, et ça se voit : j'ai les traits tout tirés. Au moment où je jette un oeil distrait dans ma chambre (j'ai laissé la porte ouverte) qui est-ce que je vois ? Bill ! Je sursaute brusquement. Ca fait tomber ma serviette sur le sol. Je la ramasse précipitamment, honteux. Je me rends dans la chambre.

(Moi) : Mais qu'est-ce que tu f...?


Je ne finis pas ma phrase. Il est assis sur mon lit, le pantalon baissé. Il se masturbe lentement en me regardant, un sourire carnassier peint sur le visage.

(Bill) : Ca se voit, nan ?


J'en reste bouche bée. Bill Kaulitz est en train de se branler en me regardant, comment est-ce que je devrais réagir ?

(Moi, d'un ton mauvais) : Tu t'en es pas assez pris dans le cul avec Tom...


A mes paroles, son sourire s'élargit. Sa main entame toujours un mouvement tranquille.

(Bill) : Hmmmmm, c'était bon, effectivement...

J'essaie de le regarder dans les yeux. C'est assez difficile, étant donné ce qui se passe en-dessous. Je parle d'un ton mal assuré.

(Moi) : Beh alors...?


Il lève son t-shirt (ah tiens, il a eu le temps de le remettre) et va titiller ses tétons. Il ferme les yeux et gémit sous le contact de sa main sur son corps.

(Bill) : Haaan, je suis trop...bon...

Il rouvre les yeux.

(Bill) : Tu trouves pas ?

Je ne réponds rien. Je suis juste en pleine hallucination.

(Bill) : Tom ne me laisse jamais aller jusqu'au bout...son plaisir passe toujours avant le mien, il faut bien que je compeeeense...


Ce dernier mot se termine sur un jouissement. Putain, si ça continue comme ça, je vais me remettre à bander ! Faut que je pense à autre chose...A l'haleine de mon prof de maths le matin, tiens.

(Bill) : Si tu veux, tu peux t'amuser avec moi...A moins que tu ne te sois déjà fait plaisir dans mon armoire ?

Mon teint vire au rouge écarlate. Et MEEEERDE ! Comment il a pu me griller ? Oh putain, j'ai trop honte, je rougis encore plus. Bill le remarque. Il a l'air de s'amuser comme un petit fou.

(Moi) : ...........o_o

Il serre un peu plus sa main sur son sexe. Je commence à avoir des sueurs froides.

(Bill) : Allez, viens...


Je fronce les sourcils. Il se fout de la gueule du monde. Il vient de se faire tracter par Tom y'a même pas une demi-heure, et là il en veut encore ? Il rêve. Je le déteste.
Je m'approche de lui pour n'être qu'à quelques centimètres de son corps. Il s'active toujours à se caresser. Je me penche et le mords à l'oreille. Il frissonne. Je vais rejouer la carte de la provocation, puisqu'il aime ça. Il lâche son intimité et agrippe ses mains autour de mes hanches. Sentir son corps contre le mien m'apporte un sentiment de réconfort et de frustration à la fois. Je me fais violence pour ne pas montrer de réaction, alors que ça recommence à tambouriner dans mon calbut. Il lève mon t-shirt et me lèche le ventre avec son piercing. Je laisse échapper un gémissement malgré moi.

(Moi) : Hmm !


Bon allez. Je dois me sortir d'entre ses pattes, sinon je sens que je vais me laisser aller, encore. Je me recule brusquement et me secoue le bassin pour me débarrasser de ses mains. Son visage arbore une expression d'incompréhension. Ca lui apprendra, tiens.
J'attrape son sexe d'une main ferme, sans la bouger. Il se renverse en arrière pour s'écrouler sur le lit, et il pousse un cri presque douloureux sous le plaisir. Cette vision de jouissance m'envoie une décharge électrique dans le boxer.

(Bill) : Han...vas-y.

Je serre encore plus ma main. Je sens le sang palpiter avec force dans sa virilité.

(Moi) : Tu aimerais bien, hein ?


Il a les yeux fermés.

(Bill) : Oh oui...

Je serre encore plus, mais ma main reste immobile.

(Moi) : Eh beh...


Je serre de toutes mes forces. Il lâche un cri et rouvre les yeux brusquement.

(Bill) : Aaaaah, tu me fais mal !


Je lui jette un regard venimeux et relâche un peu la pression.

(Moi) : Tu croyais peut-être que j'allais coucher avec toi ? Passer après les autres ? Moi je n'utilise pas les objets usagés, j'appelle ça des déchets.


Il referme les yeux, apaisé que j'ai desserré mes doigts. N'empêche, je suis au bord de céder à la tentation. Mais il faut que je garde la tête froide. Bill se cambre, son sexe toujours emprisonné dans ma main.

(Bill) : Putain, qu'est-ce que j'aime quand tu me parles comme ça !!! J'ai envie...que tu t'empales sur moi...qu'on fasse l'amour toute la nuit...


Je retire ma main. Il reste allongé, encore dans son délire. Ses lèvres m'appellent. Son torse m'appelle. Son envie de sexe m'appelle. Putain, dur dur la vie !

(Moi, déglutissant avec difficulté) : Va te faire foutre...je veux plus me bousiller la santé pour toi. T'es...un nymphomane. Une pute.


Je dis ce que j'ai sur le coeur et ça l'excite encore plus. Il recommence à se toucher.

(Bill, haletant) : Han ! Viens sur moi, qu'on baise comme jamais...! J'en ai...besoin !

Il commence à m'énerver. Je cale mon genou sur son entrejambe et y appuie de toutes mes forces. Il hurle de douleur et se redresse brusquement.

(Bill) : Putain tu veux me castrer ou quoi ??? Ca fait mal, mais aussi...tellement de bien.

J'enlève ma jambe. Quoi que je fasse, ça ne sert à rien. Je pourrais débarquer en robe à pois et chapeau de dentelles que ça l'exciterait quand même. Je viens de découvrir son côté sado-maso. C'est...sexxxx. Mais non, je ne cèderai pas !
Je m'en retourne dans la salle de bains pour ne plus le voir. Une citation me revient en tête : "Le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est d'y céder".

(Moi) : Pfff que des conneries...

(Bill) : Qu'est-ce que tu dis ?


Je reviens dans la chambre. Il a remonté son pantalon et m'observe d'un air attentif, assis au bord du lit. Il semble attendre quelque chose de moi. Inutile de se demander quoi.

(Moi) : Rien...


Un silence.

(Moi, à contrecoeur) : Bon, tu vas peut-être retourner dans ta chambre, non ? Tu vas pas passer la nuit là.


(Bill) : J'aurais bien aimé, mais bon, tu sembles pas d'humeur...?


(Moi) : Nan chui pas d'humeur. T'as qu'à aller te trouver un autre pigeon à plumer.

Il me lance un regard offusqué.

(Bill) : Tu dis n'importe quoi !


Il se lève et part dans sa chambre en coup de vent. Devrais-je comprendre qu'il tient un minimum à moi ? Oui, mais qui il préfère entre Tom et moi ? Telle est la question.
Je me déshabille promptement et me couche. Le trajet jusqu'ici m'a tué. Je fixe le plafond quelques instants. J'ai bien fait de résister, finalement. Je ferme les yeux.

***

Je consulte le cadran du radio-réveil : deux heures du matin. Ca fait une heure et demie que j'essaie de m'endormir...mais je me sens seul, ça me perturbe. Il me manque comme une présence...Et si..?
Je m'extirpe de mes couvertures et me lève. Je m'en vais dans le couloir à pas feutrés. C'est qu'on y voit rien là-dedans. Je marche à tâtons pour trouver la poignée de porte de la chambre de Bill. Oui, je compte m'infiltrer dans sa chambre, et alors ? Il l'a bien fait, lui. Mon sang bat à mes tempes. Je tourne délicatement la clenche et pousse doucement le battant. Un léger grincement. Je me fige dans l'obscurité et tends l'oreille. Pas de réaction. J'entre dans la chambre et referme la porte. Je ne vois rien, j'entends juste une respiration forte et régulière qui provient du lit. Elle appartient à celui qui imprègne ma peau, mon sang, mes veines, celui que j'aime tellement mais qui ne veut pas de moi. Je pousse un soupir à peine audible. Il a couché avec Tom devant mes yeux sans aucune honte. Un sanglot me serre la gorge. J'ai besoin d'entendre son coeur battre à mon oreille pour me rassurer, pour oublier.
J'avance vers le lit, silencieusement pour ne pas le réveiller. Je me glisse subrepticement sous la couette. Bill lâche un petit gémissement dans son sommeil et bouge un peu. J'attends quelques instants qu'il se rendorme pour de bon. Une fois sous la couverture, j'essaie de le distinguer dans la pénombre. Il est à peine éclairé par un rayon de lune, mais je peux voir une partie de son visage dissimulée sous la masse de ses cheveux. Mon coeur bondit dans ma poitrine sous la joie. Il a englobé l'oreiller sur lequel je m'étais allongé tout à l'heure, et il a le nez plongé dedans ! Est-ce que ça veut dire quelque chose ? Est-ce que ça veut dire qu'il a autant besoin de moi que moi de lui ? Non, ne te fais pas d'illusions, Evan. Profite juste de l'instant présent et ne pense à rien.
J'écoute donc ma voix intérieure et je vide mon esprit de toute pensée. Je rampe dans le lit pour me coller contre lui. Enfin...sa peau sur la mienne...nous deux liés pour la nuit...Je ne ressens aucune excitation. Juste une chaleur rassurante, qui m'emplit de bonheur. Je dépose un baiser chaste dans son cou en prenant soin de ne pas le réveiller. Il ne bronche pas. Je me blottis contre son torse comme un bébé. Et, bizarrement, je ne mets pas plus d'une minute à m'endormir...


[Bande de p'tites coquinettes, vous vous attendiez à ce que Tom & Bill couchent ensemble...eh beh oui, vous aviez raison ! L'heure des révélations approche...]
Chapitre XXIII : Pervers un jour, pervers toujours !

# Posté le mercredi 21 mai 2008 17:00

Modifié le lundi 26 mai 2008 11:41

Chapitre XXIV : M'aimeras-tu pour ce que je suis ?

J'ouvre une paupière alourdie par le sommeil. Immédiatement toute la soirée d'hier me revient en tête et je me tourne pour regarder dans le lit. Vide. Il n'y a que moi. Une immense vague de déception m'envahit. J'aurais bien aimé me réveiller près de lui, que l'on se fasse un long câlin...que j'aie droit à un peu de sa tendresse, cette chose qui semble enfouie si profondément en lui...
Je rampe jusqu'à sa place et enfonce ma tête dans l'oreiller. J'inspire...son odeur est mélangée à la mienne. C'est mon shoot, ma drogue, mon héroïne...Je me tourne ensuite sur le dos et contemple le plafond. Ca fait si peu de temps que je le connais, pourquoi est-ce que je l'aime tellement ? Je ne sais pas grand-chose de lui, et pourtant, j'ai l'impression de le connaître par coeur...sauf sa part d'ombre qu'il dissimule, bien sûr. Mais chaque expression de son visage, chaque son de sa voix, chaque attitude est imprimée dans ma rétine, je revois tout ça défiler chaque soir avant de m'endormir...oui je suis amoureux, qu'est-ce que vous avez contre ça ?
J'ai du mal à me lever. J'ai envie de rester ici toute la journée, et l'attendre. Parce que je n'ai pas très envie de voir Tom. Il a quand même fait l'amour avec le mec dont je suis fou amoureux. Mais bon, c'est comme une compétition, c'est chacun pour sa gueule. Je soupire. Je t'attendrai toute ma vie s'il le faut, Bill...je t'attendrai, même si tu ne viendras jamais...je t'attendrai, toujours, que même j'en mourrai...
Je descends dans la cuisine, complètement groggy. Consulte l'horloge. Dix-sept heures ! J'ai dormi quatorze heures putain ! Il n'y a personne dans la pièce. Dehors il fait beau, ils doivent être sur la terrasse. Je m'en fous. Je suis déprimé. Je n'ai qu'une envie, me creuser un trou dans le jardin et aller mourir dedans. L'amour que j'ai pour Bill me dévore...il finira par me tuer. Je m'asseois à la table et contemple d'un air triste la chaise où se trouvait Bill hier soir. Il restera à jamais inaccessible...mais une chose est sûre, il restera toujours sacré pour moi...Du wirst für mich immer heilig sein
Pourquoi est-ce que je suis devenu aussi sentimental ? J'ai à peine dix-huit ans, j'avais toute la vie devant moi pour trouver l'amour...et il a fallu qu'IL entre dans ma vie et qu'IL bousille tout. Je suis tombé à ses pieds, pour ne plus me relever. Alors, c'est ça, l'amour ? Souffrir un jour, souffrir toujours...pour quelque chose qui n'en vaut pas la peine...Tout ça n'est que mensonge. On cherche à avoir quelque chose, on se bat, on saigne pour l'avoir, puis on se rend compte qu'une fois qu'on l'a, on s'en fout...est-ce que ce sera pareil pour toi, Bill ? Est-ce qu'une fois que je t'aurai, je ne voudrai plus de toi ? Il faudrait déjà que je t'aie un jour...je te déteste, mais je t'aime tellement.
Un bruit dans le vestibule vient interrompre mes pensées morbides. Je tourne le regard vers la source de ce bruit. Tom apparaît à l'encadrement de la porte. La dernière personne que j'aurais aimé voir. Je détourne les yeux. Je ne veux pas le voir. Dès que j'ai le regard posé sur lui, je revois la scène d'hier, et ça me consume de l'intérieur. Je vais devenir dingue...
Il avance d'un pas timide dans la cuisine. J'affiche une attitude hostile. S'il ne comprend pas que j'ai pas envie de parler, c'est qu'il est vraiment con...

(Tom) : Evan ? J'ai besoin de te parler...

Conclusion : Tom est vraiment con. Je réponds par un grognement à peine audible. Il va s'asseoir à côté de moi et m'observe d'un air soucieux. Je rigole intérieurement. Depuis quand est-ce qu'il se soucie de moi ?

(Tom) : J'ai fait quelque chose de mal, et euh...je regrette, mais c'est horrible...


Je ne réponds pas. Je n'ai pas envie de répondre, ni de parler, ni de le regarder. Rien que sa présence m'énerve. Ils me mettent tous à bout de nerfs.

(Tom) : C'est à propos de toi et de Bill...

Je ne réagis toujours pas. Je contiens en moi une colère sans nom. Toutes les souffrances que j'ai endurées ces dernières semaines remontent en moi. J'ai la nausée. Il ne faut pas que j'y pense.

(Tom) : Tu sais, à la fête d'Andreas...

Je m'en souviens, oui. Quand j'ai eu la chance d'avoir Bill pour moi, rien que pour moi, une nuit...

(Tom) : Bill et toi êtes sortis...


Oui, je l'avais suivi dans la rue...ça montre à quel point j'étais et je suis accro.

(Tom) : Et je vous ai suivis...

Je dresse l'oreille à cette phrase. Je lui lance un regard soudainement intéressé, tiré de ma rêverie.

(Tom) : Je vous ai vus, sous l'arbre...

Il me déblatère ça d'un ton doux, presque condescendant, ce ton qu'on utilise pour les enfants violents et imprévisibles. Je le regarde avec mépris. Il nous a espionnés, alors...même ce moment si précieux que j'ai eu avec Bill, il me l'a volé. J'ai envie de lui cracher au visage.

(Tom) : Oh, Evan, je regrette tellement, mais j'ai cru que j'allais crever de jalousie...je...je...je vous ai pris en photo, et j'ai tout envoyé à la presse...

J'en reste comme deux ronds de flan. Mon cerveau sort enfin de sa torpeur se met à bouillonner de pensées affolées...il nous a pris en photo, la presse, les journaux, scandale, fans, réputation...Je bondis de ma chaise qui se renverse sous le choc.

(Moi, hurlant) : Comment t'as pu faire ça ? Mais...mais...

Je me mets à bredouiller sous l'effet de la rage. C'est comme un voile rouge qui s'étend devant mes yeux. De colère, je renverse tout ce qui se trouve sur la table. Des verres se brisent dans un fracas épouvantable. Je m'en tape. Je suis fou de rage. Il faut que j'évacue cette colère qui dort en moi depuis si longtemps. Je donne un coup de pied dans ma chaise qui se trouve au sol, je me fais mal, je m'en fous. Je ne sens plus rien. Comment a-t-il pu, comment a-t-il osé ? Je m'en vais près de la porte et commence à donner des coups de poing dedans. La douleur m'irradie les veines, elle m'inonde. Ca fait du bien. J'en ai besoin. Tom me regarde d'un air terrifié. Il ne faut pas que je le regarde plus longtemps, il faut que je frappe quelque chose, sinon c'est lui que je vais frapper. Je veux le détruire. Je veux me détruire. Je cogne doublement plus fort sur la porte. Bientôt mes phalanges sont en sang. Je me réjouis de cette vision. Rien ne peut m'arrêter, je suis hors de moi, hors d'haleine...mon coeur bat à m'en briser les côtes, mon cerveau ne me contrôle plus, mon corps se consume...je ne vois plus rien que ma rage...
Bientôt j'entends des pas précipités, quelques voix qui crient mon nom...qui peut bien se préoccuper de moi ? Je m'écroule à terre, à bout de souffle. Vidé, aspiré. Mais aussi apaisé. Je vois le visage de Georg penché au-dessus de moi. A la fois étonné et horrifié.

(Georg) : Mais qu'est-ce qui t'a pris ??? T'es malade ou quoi ?

Je suis à bout de forces. Je lève un doigt faible vers Tom, qui est en retrait. Son expression traduit la peur. Il a peur de moi. Bill aussi est là. Son visage est impassible, comme toujours. Il réfléchit. Il sait que je n'ai pas fait ça sans raison.

(Moi, en désignant Tom) : C'est à lui qu'il faut le demander...

Tout le monde se tourne vers le dreadeux, gêné comme jamais. Je m'adosse contre la porte que j'ai victimisée de mes coups, ferme les yeux et inspire profondément.

(Bill) : Qu'est-ce que tu lui as dit ?


(Tom) : Je...je...

(Moi, d'une voix forte) : Il nous a pris en photo en train de baiser et il a tout envoyé à la presse ! Remercions Tom !!!


Je vois le visage de Bill se décomposer en quelques instants. Sidération. Prise de conscience. Puis colère.

(Bill) : Putain...mais Tom...TOM !


Il réagit moins violemment que moi. Il quitte la pièce à pas furieux. Il fuit. Comme à son habitude. On entend une voiture démarrer puis partir. Il s'en va, pour réaliser, pour oublier. Nous reprenons nos esprits et reportons notre attention sur Tom, qui ne sait plus où se mettre.

(Tom) : Je suis désolé...


(Georg) : Ca sert pas à grand-chose d'être désolé...

Il est calme mais on sent qu'il risque d'exploser d'un moment à l'autre.

(Tom) : Pourtant j'ai essayé de leur faire changer d'avis, mais c'était trop tard...

(Georg) : T'as dû empocher un max avec tes photos, hein ?


Soudain, tout me revient en tête. Le lendemain de la fête, j'ai eu une conversation avec Tom. Je lui ai demandé ce qu'il ferait de sa vie après avoir quitté le groupe. Il m'a répondu qu'il pourrait ne plus travailler tellement il était blindé de tunes. Bah oui. Il venait de prendre les photos de Bill et moi. Ca me donne envie de vomir.
Tom ne répond rien. Il a caché sa tête dans ses mains.

(Tom, d'une voix étouffée) : Putain, je me hais...j'aimerais tellement changer, revenir en arrière...


Mais personne ne prend pitié de lui. Georg clôt la conversation d'un ton froid et expéditif.

(Georg) : Tu devrais partir, Tom. Te planquer. Loin. Ne plus jamais revenir.

Tom le regarde avec un air de détresse. Il se rabat ensuite sur Gustav en espérant un quelconque secours. Il n'a en retour qu'un visage fermé. Puis il se tourne vers moi. Je plonge alors dans deux yeux sombres, teintés d'une extrême souffrance, perdus, affolés. Mais je ne peux pas pardonner ça. C'est impossible.

(Moi, à voix basse) : Barre-toi...

Vaincu, Tom tourne les talons et quitte la pièce. Est-ce que je rêve ou bien c'était vraiment une larme qui coulait sur sa joue ? Je ne veux pas le savoir. Je m'en fiche.
Je me sens comme assommé. Comme si j'étais en train de rêver. Des photos de moi vont être publiées, des photos de moi en train de faire l'amour avec Bill...qu'est-ce qu'on va penser de moi ? Oh, et puis, je m'en fous. Là, maintenant, je veux retrouver Bill, qu'on en parle, j'ai envie d'être avec lui. Mais, problème, je ne sais pas où il est. Heureusement que les technologies telles le portable existent. Et pis on s'en fout si ça donne le cancer.
J'apostrophe donc Georg.

(Moi) : Tu peux me passer le numéro de Bill stp ?

Il sort son portable de sa poche et me le lance. Je l'attrape et vais dans son répertoire. J'écris mon message :

"T'es où ? Evan"

Je tape le numéro et envoie. Je redonne le portable à Georg et attends.
Au bout de cinq minutes, je n'ai toujours pas de réponse. Soudain, j'entends la voiture qui rentre. Je prends donc la direction du garage. Le chauffeur sort de la voiture. C'est lui qui a emmené Bill.

(Moi) : Où est-ce que vous avez emmené Bill ?

(Chauffeur) : Il m'a demandé de le déposer dans la campagne, un peu plus loin.


(Moi) : Vous pouvez m'y emmener, s'il vous plaît ?


(Chauffeur) : Oui, je vais refaire l'aller-retour, mais ce n'est pas grave...montez.

J'embarque donc dans la voiture sur la banquette arrière. Le chauffeur prend place à l'avant et démarre. On quitte bientôt la propriété. Je suis pressé de voir Bill.

***

Après au moins une demi-heure de trajet, on arrive enfin à destination. L'endroit où le chauffeur a déposé Bill est une sorte de square perdu au milieu de nulle part, habillé d'une mare et de quelques bancs. Bill n'est pas là. Ca m'inquiète.

(Chauffeur) : Vous êtes sûr que je vous descends là ? Il va pas tarder à pleuvoir.


En effet, le temps s'est brusquement couvert. Un vent assez fort balaye un début de forêt qui s'étale derrière le petit parc.

(Moi) : Non, ne vous en faites pas.


(Chauffeur) : Vous voulez que je revienne vous chercher ou pas ?

(Moi) : Non, ça ira. Je rentrerai en stop. Merci de m'avoir amené.


Sans plus de cérémonie, je m'extirpe de la voiture et claque la porte. Je regarde la voiture s'éloigner avant d'aller dans le parc. La brise me cingle le visage, j'ai froid. La chaleur des bras de Bill ne serait pas de refus...mais ce n'est pas le moment de penser à ça.
L'eau de la mare est froissée par les coups de vent. Des feuilles mortes tournoient ici et là. Il fait de plus en plus sombre, le ciel est chargé de gros nuages noirs. Il faut que je me dépêche de retrouver Bill.
Après avoir constaté que les alentours étaient déserts, je me décide à m'enfoncer dans la forêt. Espérons que je ne me perde pas, le réseau des portables ne passe pas ici...
Je n'ai pas à marcher très longtemps. Quelques craquements attirent mon attention. Au détour d'un arbre je découvre une silhouette assise par terre. Et c'est Bill. Le regard complètement perdu dans le vague. Un sourire niais peint sur le visage.

(Moi) : Mais qu'est-ce que tu fous là ?

Toujours ce sourire stupide imprimé sur sa figure, il me désigne deux bouteilles vides à demi cachées par les feuilles. Je secoue la tête d'un air navré.

(Moi) : Où est-ce que t'as eu ça ?

(Bill) : On s'en fout hin hin hin...

Il rigole. S'il rigole, c'est qu'il est complètement bourré. Je m'asseois à côté de lui et le prends par les épaules pour le secouer.

(Moi, d'un ton dur) : Putain mais c'est pas l'alcool qui va te faire oublier, t'es con ou quoi ?


Il me repousse mollement. Il parle d'une voix pâteuse, en bredouillant. Il me fait pitié.

(Bill) : Arrête de me secouer, je vais vomir huhu.

Ca m'énerve. Il fuit ses problèmes. Il les fuit tout d'abord physiquement en s'en allant de la maison, puis il se réfugie dans l'alcool. J'ai envie de lui foutre une baffe. C'est pathétique.

(Moi) : Putain, mais Bill, ça sert à quoi de faire ça ? Tu crois que ça va empêcher que les photos soient publiées ?

Son sourire s'efface de son visage et il balance le bras d'un mouvement gauche comme pour chasser un insecte imaginaire.

(Bill, d'un ton bougon) : Me parle pas d'ça...


Je me mets face à lui pour le regarder dans les yeux. Sa tête oscille de droite à gauche. Y'a pas de doute, il est complètement défoncé.

(Moi) : Bill...faut vraiment qu'on parle.


Il ferme les yeux.

(Bill) : Attends, attends deux secondes, ma tête tourne...laisse-moi...deux secondes.


J'attends donc qu'il reprenne un peu de ses esprits. Au bout de quelques minutes, il rouvre les paupières. Je tombe sur un regard infiniment triste. Ca y'est, il est redescendu sur Terre...

(Bill, en bafouillant) : J'suis peut-être bourré, mais je suis conscient...

Je sens qu'il est temps de passer aux confessions. Etant sous l'effet de l'alcool, il sera plus disponible à me dire ce que je veux savoir...Comme on dit : "La vérité sort de la bouche des bourrés".

(Moi) : Pourquoi t'es comme ça, Bill ? Pourquoi tu fuis tout le temps ? Pourquoi t'aimes personne ?

Il penche la tête sur le côté et plisse les yeux pour mieux me voir. Ses cheveux ont accroché plein de brindilles, il a l'air d'un sauvage.

(Bill) : C'est faux, Evan...il y a des gens que j'aime. C'est ma vie que je déteste...

(Moi) : Mais pourquoi ? Tu as tout ce dont on peut rêver !

Il me jette un regard profond, insistant. Ses yeux sont brillants. Je le regarde à mon tour. Je suis comme fasciné par ces yeux cerclés de noir.

(Bill) : Je ne te l'ai jamais dit, mais tu as des yeux magnifiques...

J'en ai le souffle coupé. C'est la première fois qu'il me fait un compliment ! Je l'aime, je l'aime, je l'aime à en crever...

(Bill) : Je hais ma vie...je hais ces gens qui nous manipulent juste pour se faire de l'argent, je hais ces gens qui s'occupent de moi alors qu'ils me critiquent dans mon dos, je hais ces gens qui m'aiment sans me connaître...mais surtout, surtout, je hais tous les gens qui m'ont fait souffrir...

(Moi) : Tom en fait partie, pas vrai ?

Il détourne le regard. C'est le sujet qui fâche.

(Bill) : Oui, bien sûr...si je suis comme ça avec lui, c'est pas pour rien. J'étais amoureux de lui, lui aussi, mais pourtant, il restait avec une fille que je détestais...une pouf de première...

(Moi) : ...Katya c'est ça ?

Il fronce les sourcils.

(Bill) : Ouais...il la trompait avec moi, il en avait rien à foutre, d'elle, mais il restait avec elle, il me faisait souffrir...ça s'en ressent maintenant. Je le fais souffrir. Même s'il n'y a pas que ça...


(Moi) : Mais est-ce que tu l'aimes, lui ?

Il me regarde de nouveau. Son regard est fixe, sérieux, hypnotique. Le ciel s'assombrit de plus en plus, une tempête se prépare. Mais à mes yeux il n'existe plus que lui et moi en ce monde.

(Bill) : Oui je l'aime...mais c'est un amour malsain...parce qu'il y a de la rancune des deux côtés...


Ca me fait mal. Je regrette de lui avoir demandé ça...car moi, du coup, je suis quoi dans cette histoire ? Une pièce rapportée ? Il suffirait de poser la question...mais je n'ose pas lui demander. J'ai peur de la réponse. Peur d'être déçu. Peur de souffrir. Je sais, je suis lâche.
Le vent se lève. Les arbres se courbent sous sa puissance. Heureusement, nous sommes à l'abri. Il commence à faire nuit, mais je ne partirai pas d'ici avant de savoir tout ce que Bill me cache. Celui-ci a l'air perdu. Déboussolé. Je remarque que son attitude change de plus en plus avec moi. Il s'ouvre à moi, il laisse tomber cette barrière, cette façade qui ne laisse passer aucune émotion, pour laisser découvrir un être fragile et blessé par la vie.

(Moi) : N'empêche que c'est mal, ce que tu lui as fait...du coup, regarde où ça l'a amené...par jalousie, il a foutu tout le groupe dans la merde...

A mes paroles, il enfouit sa tête dans ses longues mains aux doigts fins. Je contemple quelques instants son blanc visage d'une grâce angélique. Il prend conscience de toutes ses conneries, il prend conscience qu'il est coupable.
Je m'approche de lui et lui retire les mains de son visage avec délicatesse. Deux traînées noires ont tracé un sillage sur ses joues. Deux larmes. Deux larmes qui sont venues disparaître quelque part au sol. Deux larmes qui traduisent la douleur, la peur, le mal-être. Je le prends dans mes bras. Son visage vient s'appuyer sur mon torse. Sa douce chaleur m'envahit avec lenteur.

(Moi) : Ne t'inquiète pas, je suis là...


Ses épaules s'agitent doucement. Quelques gémissements s'échappent de sa gorge. Je le serre tendrement contre moi et le laisse pleurer. Je me sens triste pour lui. Je le prenais pour un mec capricieux, égoïste, pourri, alors qu'il souffrait, tout simplement, à l'abri du regard des autres...qu'est-ce que je peux être con !

(Bill, sanglotant) : Mais...tu sais...y'a pas que ça, Evan...y'a pas que ça...

Je lui caresse les cheveux, le regard pensif. J'ai l'impression d'avoir un enfant, un tout petit enfant dans les bras.

(Moi) : Calme-toi...calme-toi, on a tout le temps...


C'est un bien grand mot. En effet, le ciel est à présent noir de nuages menaçants. Je sens de l'électricité dans l'air. Un orage va éclater d'un instant à l'autre. Bill relève la tête pour me regarder. Ses yeux me fendent le coeur. Tout brillants, ils m'appellent au secours, ils me disent : Rette mich...
Je le laisse sangloter dans mes bras pendant quelques minutes, quand soudain, un éclair va zébrer le ciel, suivi d'un roulement terrifiant. Bill se recroqueville contre moi.

(Bill) : J'ai...j'ai peur de l'orage.

Je le serre plus fort contre moi.

(Moi) : Je te protègerai...

Un autre éclair illumine la forêt. Suivi du grondement typique. Bill se met à trembler.
Nous restons immobiles quelques instants ; l'orage gronde pendant quelques minutes. Puis la pluie se met à tomber avec violence. Les gouttes traversent le feuillage. Bientôt, nous sommes trempés jusqu'aux os.

(Moi) : Il faudrait peut-être rentrer...

Bill relève brusquement son visage vers moi, qui est tout barbouillé de khôl.

(Bill) : NON !


Je repousse une mèche trempée et l'observe, intrigué.

(Moi) : ?

(Bill) : Il faut que je te dise quelque chose avant...

La pluie tombant sur le sol produit un tumulte assourdissant. On ne voit plus rien que le ciel déversant sur nous toutes les larmes du monde. Je suis bien content d'être avec celui que j'aime dans cette apocalypse...Je suis trempé, gelé, mais je resterai avec lui tant qu'il le voudra. Je lui suis totalement dévoué.

(Moi) : Je t'écoute...


Je vois une autre larme se mêler parmi les gouttes de pluie.

(Bill) : Je ...je suis malade, Evan...

Mon coeur s'accélère douloureusement. J'en reste muet.

(Bill) : J'ai le Sida...

J'ouvre en grand mes yeux dans l'averse. Des gouttes de pluie s'y insèrent, ça me pique. C'est comme si le monde s'effondrait sur mes épaules. C'est pas possible. Ca ne se peut pas. Pas lui. Pas Bill. Pas Bill...

(Moi) : Tu rigoles là ???


J'aimerais tellement...mais vous savez vous et moi qu'on ne rigole pas de ces choses-là...
Je le vois baisser la tête dans l'obscurité. Quant à moi, tous mes membres sont paralysés. Je crois bien que je tremble. Je n'en sais rien. Tout ce qui est en train de se passer me semble irréel.

(Bill) : Nan, Evan...je suis vraiment malade...

(Moi) : Mais, mais...


Il me regarde d'un air terriblement attristé. Je sens un sanglot me nouer la gorge. Il faut que je me contienne.

(Bill) : Tu es...le seul à qui je l'ai dit...

(Moi, parvenant à peine à aligner deux mots) : Mais...qui ?

Son visage m'apparaît flou. C'est parce que mes yeux sont inondés de larmes. Bill malade, Bill atteint du Sida, Bill qui va...mourir ? Je secoue la tête. C'est impossible.
L'averse a redoublé de force. Les arbres m'apparaissent hostiles, menaçants. Je suis soudainement pris d'angoisse.

(Bill) : C'est Tom...C'est lui qui me l'a refilé.

Je pousse un cri étouffé. Quand je parle, c'est d'une voix hachée, brisée par l'émotion.

(Moi) : Il...le sait ?

(Bill) : Nan...Il le sait pas...Il l'a eu par cette pute de Katya. Moi, je l'ai su parce que je me sentais de plus en plus faible.

(Moi) : Ca veut dire que...?

Il secoue sa tête. Ses cheveux trempés de pluie m'éclaboussent au passage. J'ai de plus en plus froid ; je suis au bord du gouffre.

(Bill) : Oui...ça veut dire que la maladie s'est déclarée...

Putain de merde. J'ai envie de mourir...

(Moi) : Mais...tu prends un traitement ?

(Bill) : Nan...j'ai refusé de me soigner.

C'est à ce moment-là que j'explose en pleurs. Toute la rage que j'avais contre lui, toute la haine, s'est dissolue comme du sucre dans l'eau. Je n'ai pour lui qu'un amour immense...un amour malade. Mes larmes dégringolent sur mes joues, je sanglote comme un gosse, c'est pitoyable mais je m'en fous. Rien ne peut m'arrêter dans mon désespoir.

(Moi) : Mais Bill, tu peux pas faire ça...aux gens que...que t'aimes...si tu te soignes pas..tu vas...

J'ose pas prononcer le mot. C'est trop pour moi.

(Bill) : Je suppose, oui...mais tout le monde meurt un jour...

Il lâche un rire amer. Je n'en peux plus. Je pleure, je pleure, je ne peux plus m'arrêter. Quand soudain, quelque chose me vient à l'esprit.

(Moi) : Mais...on a fait l'amour ensemble...

(Bill) : Je sais...c'est pour ça que j'ai toujours fait attention...

Un silence. Rompu par l'averse et mes sanglots, de plus en plus violents. Je me sens vidé, aspiré par un tourbillon, de l'intérieur. Comme une coquille vide. Je ne peux pas le croire. Je ne VEUX pas le croire.

(Bill) : C'est pour ça que j'en veux tellement à Tom...il m'a donné cette merde qui va me faire mourir...c'est pour ça que je hais ma vie...

Oui, je comprends maintenant. Je te comprends, Bill. L'étranger que j'avais devant moi s'est ouvert, s'est libéré. Maintenant, c'est comme si nous ne faisions qu'un. Même si cette maladie va le tuer de l'intérieur, à petit feu, lui voler sa vie, ma vie, je l'aimerai pour l'éternité...c'est une chose qui restera immortelle.

(Bill, en baissant la tête) : Je comprendrais si tu ne voudrais plus de moi...

Je pousse un cri tellement fort qu'il sursaute.

(Moi) : NON !

Je m'en vais l'enlacer, pour le serrer contre mon coeur. Je l'aime tellement. Rien ne me séparera de lui...ce qu'il m'a confié ne me fera que l'aimer davantage. Et je sais que s'il ma dit tout ça, c'est que j'ai une place dans son coeur...
Soudain, il lève sa tête vers moi et me dépose un doux baiser du bout des lèvres, comme pour me dire : "Pardonne-moi". Ses lèvres mouillées contre les miennes me font frissonner, par-delà le froid qui m'a envahi peu à peu. Je l'embrasse à mon tour. J'oublie tous nos soucis le temps d'un baiser, dans cet instant de paradis...

***

Je crois bien qu'on s'est endormi. On va rentrer en stop. Revoir les autres. Faire comme si de rien n'était. Mais moi je saurai tout, et lui saura que je sais. Et cela ne fera que renforcer notre lien, unique.


[Voilà, fin de ce chapitre, qui est la pièce charnière de la fic. Maintenant, vous comprenez pourquoi Bill a tant changé depuis la fic de Suivre-ou-Fuir...parce qu'il est malade. On peut dire que cette suite (super longue) est un peu la fin du premier tome, qui marque une rupture avec les chapitres d'avant. Dans les prochains épisodes, comment Evan vivra le fait que Bill soit malade ? Bill arrivera-t-il à s'en sortir ? Et que va-t-il arriver à Tom ? Suite dans les prochains chapitres...]


PS : Si vous aimez ma fic, faites-la tourner, comme ça j'aurais encore plus d'avis, et je pourrais m'améliorer ^^. Et si vous avez des questions, n'hésitez pas, je suis à votre disposition ;)
Chapitre XXIV : M'aimeras-tu pour ce que je suis ?

# Posté le vendredi 23 mai 2008 14:00

Modifié le samedi 31 mai 2008 06:59

Gneu

Gneu
Bon bah, vu que j'ai été taguée je sais pas combien de fois, je me décide à livrer sur moi des informations indispensables à la vie de tous. Je sais pas qui m'a taguée alors pouet.

Chaque personne taguée doit écrire 7 choses à savoir sur elle .
_Les personnes taguées doivent écrire sur leur blog les Règles .
_La personne taguée doit taguer a son tour 7 personnes et les mettre sur son blog .
_Il faut préciser qui vous a tagué .
_Tu n'as pas le droit de taguer la personne qui t'a tagué .
_Tu ne peux pas être tagué plus de 7 fois.

==> J'aime pas avoir froid, attendre et qu'on me donne des claques derrière la tête (le meilleur moyen pour que je vous envoie mon poing dans la gueule ^^')
==> J'ai les cheveux qui rebiquent
==> Mon rêve est de vomir sur les pompes de Paris Hilton
==> J'ai écrit et publié un roman qui s'appelle Bienvenue à Dingopolis
==> Je suis Normande (oui je sais c'est pas facile au quotidien)
==> Je déteste les mômes mais j'adore les animaux
==> J'ai un humour de merde et je l'assume totalement


Je ne tague personne parce que je pense qu'il faut éradiquer cette pratique barbare et triviale (ouais moi nan plus j'sais pas ce que ça veut dire vous en faites pas).

CLIQUE PAAAAAAAS

# Posté le mardi 27 mai 2008 07:01

Modifié le jeudi 19 juin 2008 11:07

Chapitre XXV : J'aurais voulu être un nuage [...]

Quand on rentre à la grande villa, on dégouline de partout tellement on est trempés. Nous avons parcouru un quart du chemin à pied, sous l'orage, puis une voiture qui passait par là nous a pris en stop. Durant le trajet, ni moi ni Bill n'avons échangé un mot. Chacun dans ses pensées...moi je sanglotais encore doucement, mes épaules tressautaient, jusqu'au moment où une longue main est venue se poser sur moi, pour me dire : Calme-toi...
Je n'en reviens toujours pas...Bill, mon Bill, malade. Je l'accompagnerai toujours, je serai toujours là pour lui. Je l'aimerai dans n'importe quelle circonstance. Tout ça, je voudrais lui dire, mais je n'en ai pas la force. De toute façon, je crois qu'il le sait. Il sait que je serai prêt à mourir pour lui...Et puis, même quand on croit que l'espoir est mort, il y a toujours une porte, toujours une échappatoire, qui nous amène vers quelque chose de mieux. Je l'aime à crever. Notre histoire a quelque chose d'unique, un goût de perfection, d'idéal, de paradis.
Je pensais à tout ça pendant que nous roulions, sur cette route droite, rectiligne. Cette voiture, elle est soumise au destin, elle ne peut aller que là où cette longue route la conduit. Mais nous, nous réussirons à défier le destin. Nous réussirons à nous en sortir, tous les deux.
On arrive à la villa. Il tombe encore des trombes d'eau, mais l'orage s'est apaisé. Bill a le visage barbouillé de maquillage, les cils mouillés de perles de rosée salée, les cheveux en bataille, mais vous savez quoi ? Je ne l'ai jamais trouvé aussi beau.
J'ai un peu peur de revoir les autres. Leur cacher un truc aussi énorme, ça n'a rien de simple...surtout à Tom. Tom, qui, lui aussi est atteint de la maladie. Il n'est pas au courant, et ce n'est même pas de sa faute. Il a souffert à cause de Bill alors que la source de tout ça, c'est Katya. Je la connais pas mais ça a l'air d'être une sale pute. Je la déteste en l'ayant jamais vue...

Quand Gustav nous ouvre la porte, il ouvre des yeux ronds comme des billes. C'est vrai qu'on est trempés et qu'on a l'air perdus comme des chiots sans leur mère...

(Gustav) : Où vous étiez passés ?

Je ne réponds pas, je laisse la place à Bill et à sa capacité extraordinaire à mentir. Moi, c'est au-dessus de mes forces. Je suis tellement faible...
Je regarde Bill. Il a retrouvé son air placide, cet air que rien ne semble pouvoir ébranler. Il m'impressionne, encore et toujours.

(Bill) : On était parti faire un tour, puis l'orage nous a surpris.

Gustav nous observe tour à tour d'un air sceptique. Il doit croire qu'on a été tirer un coup dans la forêt.

(Gustav) : Mmmmh...bah il était long votre tour.

Bill le pousse un peu pour rentrer à l'intérieur.

(Bill) : Ouais.


Je lui emboîte le pas. Il fonce tout droit vers l'escalier pour monter dans sa chambre. Il est perturbé de m'avoir tout révélé, ça se sent. Et c'est normal. Pour ma part, je ne pourrai jamais m'en remettre...tant de secrets cachés sous cette frêle silhouette...
Je passe ma tête dans le salon depuis le vestibule. Tom est là, en train de faire ses bagages. Son séjour ici aura été bref. Je le vois, la tête baissée, dreads pendantes, et l'air totalement bouleversé. Il s'en veut, la culpabilité se lit dans son attitude. Il me fait soudain de la peine. Il a eu beau faire tout ce qu'il a fait, cherché à nous faire du mal, à Bill et à moi, mais il l'a fait avec un élan d'amour blessé. Je pense que j'aurais été capable de faire pareil...Et dire qu'il est malade et qu'il ne le sait même pas.
Je ne peux pas supporter plus longtemps de le regarder. Il faudrait que je lui dise, il faudrait qu'il sache...mais je sais que je ne peux pas faire ça à Bill. Déjà que nous sommes au coeur d'un scandale...il manquerait plus que ça !
Tom finit par me remarquer et lève la tête, méfiant.

(Tom) : Je m'en vais dans pas longtemps...

J'avance d'un pas.

(Moi) : Je voulais que tu saches...avant que tu partes, que je suis désolé de ma réaction de tout à l'heure. A ta place, j'aurais probablement agi pareil.

Je ne lui laisse pas le temps de réagir et quitte le salon. Je monte les marches quatre à quatre pour accéder à l'étage. J'ai l'impression de marcher dans du coton, comme si tout ce qui se trouvait autour de moi était irréel. Comme si je me trouvais dans un rêve...un cauchemar, plutôt. Je me sens tellement triste...une souffrance énorme, comme une brûlure qui me racle l'intérieur de la poitrine. Et une pensée qui m'obsède : Bill qui a le Sida, Bill qui va peut-être mourir.
Je marche vers sa chambre. Quand j'arrive devant la porte, je m'arrête. Je toque. Attends quelques instants. Pas de réponse. Retoque. Toujours rien. Je me décide à ouvrir la porte. Bill est dos à moi, en position du f½tus. Il est juste en boxer. Ses vêtements trempés gisent sur le sol. Je m'approche à pas feutrés.
Je m'asseois sur le lit, au bord. Il ne se retourne pas. Ses cheveux ont laissé une trace mouillée sur l'oreiller, comme l'aurait fait une énorme larme. Dans un élan spontané, j'enlève mon t-shirt et viens m'allonger à côté de lui, pour sentir sa peau contre la mienne. Elle est humide et froide. Il ne bronche toujours pas. Je passe mon doigt sur le contour de ses hanches. Ca le fait frissonner. Je me redresse un peu, soulève une de ses mèches mouillées et approche ma bouche de son oreille.

(Moi) : Je t'aimerai toujours, Bill...

Il se tourne enfin vers moi. Il est démaquillé complètement. C'est la première fois que je le vois au naturel. Ca me fait un choc : c'est le portrait craché de Tom. Sauf que ses yeux ont toujours cet éclat un peu sombre, un peu mystérieux que j'aime tant. Je remarque que son visage est blanc comme de la craie. Il m'apparaît pour la première fois comme quelqu'un de...malade.

(Bill) : Merci, Evan...merci de m'aimer pour ce que je suis. Merci d'être là, tout le temps. Merci d'avoir supporté tout ce que je t'ai fait.

Je roule sur le dos pour contempler le plafond, ma main posée sur son ventre. J'aimerais tellement lui insuffler ma chaleur pour lui redonner un soupçon de vie. Je ne pourrai pas le laisser partir...il est tout pour moi.
Je crois que c'est maintenant qu'il faut que je lui demande. C'est maintenant qu'il faut que je lui demande s'il ressent quelque chose pour moi. Pour que je sache si ça en vaut vraiment la peine.

(Moi) : Bill...

(Bill) : Oui...?


(Moi) : J'ai besoin de te poser une question. Et que tu me répondes franchement.

Il me fixe un moment sans piper mot. Son regard est impénétrable.

(Bill) : Vas-y...

Je prends mon courage à deux mains.

(Moi) : J'ai besoin de savoir si tu m'aimes...

Il hausse légèrement les sourcils, mais je sais qu'il s'attendait à cette question. Il lit en moi comme dans un livre ouvert, et ça depuis le premier jour.

(Bill) : Evan...Ces choses-là ne se disent pas...on les sait, parce ce que c'est instinctif.

(Moi) : Mais...


Il pose un doigt délicat sur mes lèvres.

(Bill) : Tu poses des questions auxquelles tu as déjà la réponse...


Il se tourne de nouveau sur le côté, me laissant plus que perplexe. Qu'est-ce que ça signifie ? Soi-disant je connais la réponse...mais non, puisque je lui demande, c'est que je ne le sais pas !
Soudain, je l'entends fredonner quelque chose de sa voix mélodieuse :

"Je voudrais être un nuage
Et parcourir le monde
Ôter de ton visage
Toutes les larmes de l'ombre
Verser sur leur sillage
Une averse de lumière.
Exaucer tes prières
T'aimer à tout jamais
Et voler tes secrets.
Te dire que ton sourire
Fait de mon coeur un empire
Que l'éternité est nôtre
Et qu'il n'y a aucun autre
Que toi.
"

(Moi) : C'est de toi ?

Il se tourne sur le dos et me regarde de biais.

(Bill) : Non...c'est une vieille comptine ou chanson qui vient de me revenir...

(Moi) : C'est joli.

(Bill) : Oui. Mais elle prend toute sa splendeur seulement quand elle est adressée à la personne adéquate...


Il appuie ses paroles d'un regard insistant. J'ai presque envie de pleurer tellement je suis heureux. Ca veut dire que...c'est pour moi ? Qu'il m'aime ? Je chasse rapidement ces interrogations de ma tête et me contente d'enlacer celui que j'aime de mes bras tremblants. Il ferme les yeux avec un soupir d'exaltation. Oui. C'est possible qu'il m'aime. C'est possible que je représente quelque chose pour lui.
Je contemple le visage d'ange de Bill. Des traits fins, parfaits, une peau lisse. On croirait un ange avec une couronne de cheveux ébène. Et dire qu'on veut me le voler...que cette saloperie le bouffe de l'intérieur, à petit feu. Je ne peux pas le concevoir. Comment quelqu'un d'aussi exceptionnel peut mourir ? Même si il meurt, son image restera immortelle dans mon coeur...

Je baisse soudain la tête vers mon Billou. Il s'est endormi, je crois. J'ai les jambes en tailleur et il a posé sa tête sur ma cuisse. Ma main lui caresse les cheveux, doucement. Un sourire exalté est peint sur son visage. Je crois qu'il se sent bien avec moi. Ca va être bien. Très bien, même.


[Fin du chapitre. J'espère que jusque là ça vous plaît. Que pensez-vous de ma fic ? Allez le dire sur le psychodelique-annuaire, si ce n'est déjà fait. Trop sentimentale ? Pas assez détaillée ? A votre avis, quelles sont les choses à changer ? Dites-moi tout !]


PS IMPORTANT : Il était une fois une petite princesse perdue en ce monde...un jour, elle rencontra un petit prince par hasard, et alors commença une drôle mais belle histoire : une amitié voilée, pleine de secrets, mais qui était tellement belle. Elle était pure et parfaite, cette histoire, comme les deux êtres qui l'ont vécue. Ils s'aimaient, comme jamais personne n'a aimé un jour. Mais voilà...le petit prince souffrait d'un mal qui le rongeait de l'intérieur, un démon qui le dévorait peu à peu, que l'on appelle le SIDA. La petite princesse faisait tout pour lui redonner le sourire, mais bientôt la maladie emporta cet être si cher à ses yeux...Danic avait 18 ans et a été emporté il y a quelques semaines, après que sa petite princesse l'ait courageusement accompagné, jusqu'à la fin. Pour lui rendre hommage, elle a créé un blog en l'intégrant comme personnage principal, afin de figer son image dans l'éternité...un p'tit clic sur le lien, juste pour lui, juste pour Danic...
Chapitre XXV : J'aurais voulu être un nuage [...]

# Posté le lundi 02 juin 2008 14:15

Modifié le mardi 03 juin 2008 12:14