(Moi) : Salut...
Il sursaute. Sa cigarette tombe dans la rivière. Il se retourne brusquement.
(Bill) : Merde, t'es con ou quoi ? C'était mon avant-dernière !
Je ne réplique pas. Il farfouille dans ses poches quelques instants pour dénicher une autre clope. Il l'allume puis tire une bouffée, le regard perdu au loin. Je l'observe du coin de l'oeil. Il recrache la fumée en relevant la tête, l'air altier. Il est beau quand il fume. Il est beau tout court.
(Bill) : Pourquoi tu m'as suivi ?
Bonne question. Je n'en sais rien.
(Moi) : Parce que j'ai senti qu'il y avait un malaise, et que ce serait peut-être le moyen de l'arranger...
Un silence.
(Bill) : C'est vraiment débile ce que vous avez fait, avec Tom...ça puait le coup monté à plein nez.
(Moi) : En attendant, ça a marché...
(Bill, avec colère) : Nan, ça n'a pas marché !
(Moi) : Bah alors pourquoi tu es parti ?
(Bill) : J'avais besoin de prendre l'air et de réfléchir...
Menteur. Il ment comme il respire.
(Moi) : A propos de ?
Il se tourne vers moi et me fixe d'un air énigmatique. Ses cheveux m'effleurent au passage et ça me fait l'effet d'une décharge électrique. Je tente pourtant de rester impassible. Ca me stresse de ne pas savoir ce qu'il pense. Son visage, pâli par l'éclat lunaire, a des airs angéliques. Mais vous savez autant que moi que Bill n'a rien d'un ange.
(Bill) : Des fois, dans la vie, tu fais des choses que tu regrettes. Tu te sens mal. Puis tu te dis que de toute façon, quoique tu fasses, ça n'y changera rien. Alors tu continues à faire les mêmes erreurs. Ou pire, tu les aggraves.
Je ne comprends pas très bien ce qu'il veut dire par là. Qu'est-ce que tu me caches, Bill ? Qu'est-ce qui se dissimule sous tes airs mystérieux ? Il continue de me fixer de ses beaux yeux bruns.
(Bill, changeant brusquement de sujet) : Pourquoi tu m'aimes, Evan ? Je t'humilie, je te rejette, je te fais souffrir, tu ne me connais pas...et pourtant tu m'aimes...pourquoi ?
Au moins il se rend compte qu'il me fait du mal, c'est déjà ça. Ce dont il ne se rend pas compte, c'est que l'amour ne se contrôle pas. Si je savais pourquoi je l'aimais, je ne serais pas là à le harceler de questions.
(Moi) : J'en sais rien, moi, pourquoi je t'aime...tout ce que je sais, c'est que tu as bouleversé ma vie et que je suis amoureux de toi. Je sais que ce n'est pas réciproque, mais je m'en fiche.
A-t-il été touché par mes paroles ? Rassuré du fait que je ne l'obligerai jamais à l'aimer ? Dans tous les cas, il approche délicatement son visage du mien. Je ne bouge pas, tétanisé. J'attends de voir ce qu'il va faire. Sa bouche touche la mienne du bout des lèvres. Il l'entrouvre délicatement et transmet la fumée de sa cigarette à l'intérieur de la mienne. Je le laisse faire, j'absorbe lentement son souffle chaud, m'en imprègne. Je voudrais que ce moment dure l'éternité...Il relève la tête lentement. Nos lèvres se sont à peine effleurées et pourtant, j'ai le coeur qui bat la chamade et les jambes toutes engourdies. Il me dévisage. Son regard n'a rien de provocant, il est tendre...rassurant. Paradoxalement, ça me met mal à l'aise.
(Moi, d'un ton désespéré) : Si tu fais ça parce que tu as pitié de moi, c'est pas la peine...
(Bill, en murmurant) : Tais-toi...
Il jette sa cigarette dans l'eau avant de s'avancer vers moi. Son bras vient encercler ma nuque pour m'attirer contre lui. Je me laisse faire. Il ferme les yeux et effleure mes lèvres des siennes. Il les caresse sans m'embrasser réellement. Je frissonne sous ce chaste baiser. Putain, qu'est-ce que je l'aime ! Il sort sa langue et recommence le même jeu, ne franchissant toujours pas la barrière de mes lèvres. La boule de son piercing entre dans la partie. Une chaleur commence à se répandre dans mon corps. Je me sens tellement bien avec lui. Il poursuit ensuite en me déposant de légers baisers sur mes joues et mon cou, toujours sans m'embrasser. Ca me détend, je deviens mou comme de la guimauve. Pourtant, au bout de quelques instants, j'interromps ses bisous en me reculant.
(Bill) : Qu'...?
Je ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase. J'enfouis ma tête dans son cou, à la recherche de l'odeur de sa peau. Je la retrouve enfin, rassurante, douce. J'entoure son dos de mes bras et le serre fort contre moi. Il comprend ce que je veux et pose doucement son menton sur le haut de mon crâne. Il m'enlace également de ses bras, et nous restons là, immobiles. Notre étreinte dure quelques minutes. J'avais besoin de ce câlin. Oui, car le sexe, c'est bien beau, mais au bout d'un moment, la tendresse commence à manquer, surtout quand on est amoureux...
Au bout d'un moment, Bill m'écarte un peu de lui et me sourit. Son sourire est sincère. Je lui rends. J'essaie de décrypter ce que ses yeux me disent. Ils me disent tout simplement "embrasse-moi". Nous restons figés quelques instants. Je soutiens son regard. Quand il m'observe de cette façon, je ne peux pas résister. L'envie monte cran par cran. Je ne vais pas tenir plus longtemps...mais c'est lui qui craque. Il encercle soudain ma nuque de ses deux bras et me plaque contre lui pour m'embrasser vraiment cette fois-ci. Je frémis comme jamais. Il dévore mes lèvres, les suce. Puis nos langues s'entremêlent. Nos têtes bougent en rythme, on s'offre l'un à l'autre. Je glisse mes mains sous son tee-shirt pour caresser son dos. Sa respiration s'est un peu accélérée, son coeur bat quelque part sous ses côtes, mais il reste serein, comme moi. Il n'y a pas de doute, c'est cette peau, ce dos, ce mec que j'aime et que je désire.
Il me pousse un peu. Il veut que nous partions du pont. Nous continuons de nous embrasser tout en marchant vers le carré d'herbe qui borde le chemin. Nous nous arrêtons quelque part sous les arbres. Il m'allonge dans l'herbe froide et se met à califourchon sur moi. Mon rythme cardiaque s'accélère quand je sens son membre tout aussi dur que le mien à travers le jean. Je sais que cette fois-ci, ça ne sera pas une lutte, car j'ai réussi à apprivoiser le Bill sauvage et farouche. Pour le moment.
Il me mord soudain la lèvre. Je gémis dans sa bouche.
(Moi) : Hmmmm...
Ca m'excite encore plus. J'enlève son t-shirt à la hâte et le jette sur le côté. Il frissonne un peu sous le froid de cette fin de mars. J'ai envie de le dévorer tout cru. Je me redresse de sous lui et viens lui suçoter le téton. Ses mains s'agrippent à mes cheveux et il lâche un soupir d'envie.
(Bill) : Aaaaaah, Evan...
Je le fais basculer sur le côté avant de me mettre à mon tour à quatre pattes sur lui. Ses cheveux sont étalés autour de lui comme une couronne noire. Il me regarde. Ses yeux sont vitreux, brûlants de désir pour moi. J'admire quelques instants son corps frémissant d'excitation. Son torse se soulève et s'abaisse rapidement, sa respiration est rapide. Ma bouche descend dans son cou pour le mordiller. Je m'en prends ensuite à son torse, son ventre. Il se crispe et gémit à chaque fois que mes lèvres touchent sa peau, comme si elles le brûlaient. Je poursuis mon trajet jusqu'à son bas-ventre avant de commencer à déboutonner son jean. Une fois ceci fait, je le descends jusqu'aux genoux. Sa virilité tend le tissu de son boxer noir. Bill essaie de me parler, mais il se laisse retomber, complètement dans les choux. Je touche son membre du bout des doigts. Son dos se cambre.
(Bill) : Hmmm...
Je remonte pour l'embrasser tout en continuant à l'effleurer à travers le tissu. Son souffle est de plus en plus fort. Je sors ensuite son intimité du boxer mais continue de lui procurer des caresses aériennes. Je sais que bientôt il sera trop sensible pour supporter le moindre contact, par conséquent je descends ma tête vers son entrejambe. Souffle dessus.
(Bill) : Je t'en prie, arrête ça, c'est un supplice...
J'approche mes lèvres de son membre. Je n'ai jamais fait ça auparavant, mais je n'ai pas peur. Je commence par lécher son gland du bout de la langue. Il soupire.
(Moi) : J'espère...
Je donne ensuite des petits coups de langue sur la base de sa verge pour remonter, tout doucement.
(Moi) : ...que tu ne m'en veux pas...
Je prends le bout de son sexe avec mes lèvres pour le sucer comme un bonbon. Sa tête se rejette en arrière, sa bouche exhale une respiration brûlante d'envie. J'aime le voir comme ça. Il est dompté, et c'est moi le maître.
(Moi) : ...je ne suis qu'un débutant...
Je quitte son intimité pour embrasser son bas-ventre, ses cuisses. Il s'agite de plus en plus sous mes attentions. J'en profite également pour explorer son corps sous les moindres coutures avec mes mains. Il me regarde d'un air frustré que je le laisse ainsi en plan. Ne t'inquiète pas, Billou, tu vas être servi...
(Moi, la voix déformée par le désir) : ...Mais tu vas m'apprendre, hein ? Tu aimes...?
(Bill) : Mais tais-toi !
Je me redresse pour le regarder, l'air moqueur. Il a les yeux fermés, attendant sagement que je reprenne ce que j'ai laissé.
(Moi) : Pardon ? Qu'est-ce que tu as dit, là ? Tu vas le regretter...
Je le punis en le prenant en bouche. Il se cambre de nouveau. J'entame un va-et-vient en serrant bien ma bouche sur son sexe, pour lui donner un maximum de sensations. Il gémit à chacune de mes allées-et-venues. Bon. Il est maintenant temps de passer aux choses sérieuses. J'aspire...
(Bill) : Putain, Evan...!
Ses cris vont finir par me rendre fou. Je m'active toujours sur son membre. Il se redresse brusquement et ses mains viennent se refermer sur l'herbe. Son corps tout entier est tendu. Il soupire de plus en plus fort, il ne va pas tarder à jouir.
(Bill, d'un ton précipité) : Viens sur moi...
(Moi) : Quoi ?
(Bill) : Viens sur moi, steuplaît !
Je m'exécute. Il me fait passer par-dessus lui. Il m'embrasse maladroitement sous l'effet de l'excitation. Nos gestes sont confus et précipités. Soudain, il ondule son bassin en-dessous moi. Nos sexes viennent se frotter l'un contre l'autre, le sien à l'air libre, le mien dans le jean. Je me mords le poing. Dieu que c'est bon. Bill déboutonne ensuite mon pantalon et se débarrasse de lui, ainsi que de mon boxer. Il me positionne ensuite au-dessus de ses hanches. Et se frotte contre moi.
(Moi) : Hmmmm...!
Putain c'est trop bon. Moi aussi je me mets à me frotter contre lui. J'essaie d'accélérer le mouvement, mais il me retient les hanches.
(Moi) : Qu'est-ce tu fais...?
(Bill) : Je profite de l'instant présent, Evan...Leb die Sekunde...
Je ne cherche pas à comprendre, je suis bien trop à l'ouest. Nous continuons d'onduler l'un contre l'autre de manière lente. C'est horrible comme c'est bon...A un moment, je n'en peux plus, il faut que j'accélère. Bill me suit et alors, le plaisir, après être monté graduellement, grimpe en flèche. Je plante mes ongles dans sa peau et mon souffle s'accélère. Nos coeurs battent à l'unisson. Nous allons venir tous les deux, bientôt, nous allons jouir ensemble...
(Bill) : Aaaaaaahhhhh !!!
(Moi) : Hmmmmmm...!
Ca y'est, nous avons joui. Ensemble. Nous nous nettoyons rapidement avec un mouchoir puis je me laisse tomber sur lui, à bout de forces. Mon corps tremble sous l'émotion. Mon nez va se plonger dans ses cheveux. Je respire encore une fois son odeur. J'ai la tête dans les étoiles...
Je roule ensuite sur la côté pour le laisser reprendre sa respiration. Son souffle s'apaise peu à peu.
(Bill) : C'était trop bon...
C'est la première fois que je l'entends faire un commentaire sur nos ébats. Ca me fait plaisir. Nous observons quelques instants les étoiles scintillantes. Le ciel est épuré, sans nuages. Pas un bruit ne vient troubler cette paix. Nous sommes comme enfermés dans un paradis au milieu de l'enfer, dans une bulle au milieu du monde.
(Moi) : Je t'aime, Bill...
(Bill) : Je sais.
(Moi) : Si tu ne m'aimes pas, pourquoi tu fais l'amour avec moi ?
(Bill) : Parce que j'aime faire l'amour avec toi...
(Moi) : Je ne te comprends pas...
(Bill) : Je sais.
J'avais besoin de lui dire que je l'aimais. Vraiment, réellement. Encore une fois, je lui ai avoué mon amour, et encore une fois, il ne m'a pas répondu. Je m'en fiche. Il fallait que je lui dise, il fallait qu'il le sache. De toute façon, il a forcément un attachement pour moi. Sinon, il aurait pris un mec de la fête et l'aurait entraîné dans une chambre pour s'amuser le temps d'une soirée. Non ?
Un vent frais se lève. Je me colle à lui comme un petit enfant à sa mère. Les fleurs d'un cerisier japonais voisin s'envolent dans le ciel. Les pétales roses tournoient et ondulent au gré de la brise. C'est très joli.
(Moi) : Il commence à faire frais...
Comprenant ce que je veux dire, Bill se met sur le côté et vient me prendre dans ses bras. Nous nous endormons comme ça.
[Voilà, fin du chapitre ! J'espère que ça vous a plu...en tout cas, moi, je trouve que c'est le meilleur que j'ai fait jusqu'ici ! Vous avez vu, Bill se comporte toujours de manière bizarre...un coup il est gentil, un coup méchant...mystères. Ah oui et question : quel a été votre lemon préféré depuis le début de la fic ??? A bientôt !]
PS : Je me suis inscrite sur cet annuaire : ICI. Si vous avez le temps, passez noter ma fic (je suis page 36) !
PS2 : j'ai remarqué une baisse de régime dans les commentaires. Pas que j'écrive pour la gloire ^^ maaaah bon ça motive quand même hein ^^

