Chapitre XVIII : Im Mondlicht, Sind Nur Noch Wir Zwei (paroles de Unendlichkeit)

J'arrive derrière lui. Il ne m'a toujours pas remarqué.

(Moi) : Salut...

Il sursaute. Sa cigarette tombe dans la rivière. Il se retourne brusquement.

(Bill) : Merde, t'es con ou quoi ? C'était mon avant-dernière !


Je ne réplique pas. Il farfouille dans ses poches quelques instants pour dénicher une autre clope. Il l'allume puis tire une bouffée, le regard perdu au loin. Je l'observe du coin de l'oeil. Il recrache la fumée en relevant la tête, l'air altier. Il est beau quand il fume. Il est beau tout court.

(Bill) : Pourquoi tu m'as suivi ?

Bonne question. Je n'en sais rien.

(Moi) : Parce que j'ai senti qu'il y avait un malaise, et que ce serait peut-être le moyen de l'arranger...


Un silence.

(Bill) : C'est vraiment débile ce que vous avez fait, avec Tom...ça puait le coup monté à plein nez.

(Moi) : En attendant, ça a marché...

(Bill, avec colère) : Nan, ça n'a pas marché !

(Moi) : Bah alors pourquoi tu es parti ?

(Bill) : J'avais besoin de prendre l'air et de réfléchir...

Menteur. Il ment comme il respire.

(Moi) : A propos de ?


Il se tourne vers moi et me fixe d'un air énigmatique. Ses cheveux m'effleurent au passage et ça me fait l'effet d'une décharge électrique. Je tente pourtant de rester impassible. Ca me stresse de ne pas savoir ce qu'il pense. Son visage, pâli par l'éclat lunaire, a des airs angéliques. Mais vous savez autant que moi que Bill n'a rien d'un ange.

(Bill) : Des fois, dans la vie, tu fais des choses que tu regrettes. Tu te sens mal. Puis tu te dis que de toute façon, quoique tu fasses, ça n'y changera rien. Alors tu continues à faire les mêmes erreurs. Ou pire, tu les aggraves.

Je ne comprends pas très bien ce qu'il veut dire par là. Qu'est-ce que tu me caches, Bill ? Qu'est-ce qui se dissimule sous tes airs mystérieux ? Il continue de me fixer de ses beaux yeux bruns.

(Bill, changeant brusquement de sujet) : Pourquoi tu m'aimes, Evan ? Je t'humilie, je te rejette, je te fais souffrir, tu ne me connais pas...et pourtant tu m'aimes...pourquoi ?

Au moins il se rend compte qu'il me fait du mal, c'est déjà ça. Ce dont il ne se rend pas compte, c'est que l'amour ne se contrôle pas. Si je savais pourquoi je l'aimais, je ne serais pas là à le harceler de questions.

(Moi) : J'en sais rien, moi, pourquoi je t'aime...tout ce que je sais, c'est que tu as bouleversé ma vie et que je suis amoureux de toi. Je sais que ce n'est pas réciproque, mais je m'en fiche.


A-t-il été touché par mes paroles ? Rassuré du fait que je ne l'obligerai jamais à l'aimer ? Dans tous les cas, il approche délicatement son visage du mien. Je ne bouge pas, tétanisé. J'attends de voir ce qu'il va faire. Sa bouche touche la mienne du bout des lèvres. Il l'entrouvre délicatement et transmet la fumée de sa cigarette à l'intérieur de la mienne. Je le laisse faire, j'absorbe lentement son souffle chaud, m'en imprègne. Je voudrais que ce moment dure l'éternité...Il relève la tête lentement. Nos lèvres se sont à peine effleurées et pourtant, j'ai le coeur qui bat la chamade et les jambes toutes engourdies. Il me dévisage. Son regard n'a rien de provocant, il est tendre...rassurant. Paradoxalement, ça me met mal à l'aise.

(Moi, d'un ton désespéré) : Si tu fais ça parce que tu as pitié de moi, c'est pas la peine...

(Bill, en murmurant) : Tais-toi...

Il jette sa cigarette dans l'eau avant de s'avancer vers moi. Son bras vient encercler ma nuque pour m'attirer contre lui. Je me laisse faire. Il ferme les yeux et effleure mes lèvres des siennes. Il les caresse sans m'embrasser réellement. Je frissonne sous ce chaste baiser. Putain, qu'est-ce que je l'aime ! Il sort sa langue et recommence le même jeu, ne franchissant toujours pas la barrière de mes lèvres. La boule de son piercing entre dans la partie. Une chaleur commence à se répandre dans mon corps. Je me sens tellement bien avec lui. Il poursuit ensuite en me déposant de légers baisers sur mes joues et mon cou, toujours sans m'embrasser. Ca me détend, je deviens mou comme de la guimauve. Pourtant, au bout de quelques instants, j'interromps ses bisous en me reculant.

(Bill) : Qu'...?

Je ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase. J'enfouis ma tête dans son cou, à la recherche de l'odeur de sa peau. Je la retrouve enfin, rassurante, douce. J'entoure son dos de mes bras et le serre fort contre moi. Il comprend ce que je veux et pose doucement son menton sur le haut de mon crâne. Il m'enlace également de ses bras, et nous restons là, immobiles. Notre étreinte dure quelques minutes. J'avais besoin de ce câlin. Oui, car le sexe, c'est bien beau, mais au bout d'un moment, la tendresse commence à manquer, surtout quand on est amoureux...
Au bout d'un moment, Bill m'écarte un peu de lui et me sourit. Son sourire est sincère. Je lui rends. J'essaie de décrypter ce que ses yeux me disent. Ils me disent tout simplement "embrasse-moi". Nous restons figés quelques instants. Je soutiens son regard. Quand il m'observe de cette façon, je ne peux pas résister. L'envie monte cran par cran. Je ne vais pas tenir plus longtemps...mais c'est lui qui craque. Il encercle soudain ma nuque de ses deux bras et me plaque contre lui pour m'embrasser vraiment cette fois-ci. Je frémis comme jamais. Il dévore mes lèvres, les suce. Puis nos langues s'entremêlent. Nos têtes bougent en rythme, on s'offre l'un à l'autre. Je glisse mes mains sous son tee-shirt pour caresser son dos. Sa respiration s'est un peu accélérée, son coeur bat quelque part sous ses côtes, mais il reste serein, comme moi. Il n'y a pas de doute, c'est cette peau, ce dos, ce mec que j'aime et que je désire.
Il me pousse un peu. Il veut que nous partions du pont. Nous continuons de nous embrasser tout en marchant vers le carré d'herbe qui borde le chemin. Nous nous arrêtons quelque part sous les arbres. Il m'allonge dans l'herbe froide et se met à califourchon sur moi. Mon rythme cardiaque s'accélère quand je sens son membre tout aussi dur que le mien à travers le jean. Je sais que cette fois-ci, ça ne sera pas une lutte, car j'ai réussi à apprivoiser le Bill sauvage et farouche. Pour le moment.
Il me mord soudain la lèvre. Je gémis dans sa bouche.

(Moi) : Hmmmm...

Ca m'excite encore plus. J'enlève son t-shirt à la hâte et le jette sur le côté. Il frissonne un peu sous le froid de cette fin de mars. J'ai envie de le dévorer tout cru. Je me redresse de sous lui et viens lui suçoter le téton. Ses mains s'agrippent à mes cheveux et il lâche un soupir d'envie.

(Bill) : Aaaaaah, Evan...

Je le fais basculer sur le côté avant de me mettre à mon tour à quatre pattes sur lui. Ses cheveux sont étalés autour de lui comme une couronne noire. Il me regarde. Ses yeux sont vitreux, brûlants de désir pour moi. J'admire quelques instants son corps frémissant d'excitation. Son torse se soulève et s'abaisse rapidement, sa respiration est rapide. Ma bouche descend dans son cou pour le mordiller. Je m'en prends ensuite à son torse, son ventre. Il se crispe et gémit à chaque fois que mes lèvres touchent sa peau, comme si elles le brûlaient. Je poursuis mon trajet jusqu'à son bas-ventre avant de commencer à déboutonner son jean. Une fois ceci fait, je le descends jusqu'aux genoux. Sa virilité tend le tissu de son boxer noir. Bill essaie de me parler, mais il se laisse retomber, complètement dans les choux. Je touche son membre du bout des doigts. Son dos se cambre.

(Bill) : Hmmm...

Je remonte pour l'embrasser tout en continuant à l'effleurer à travers le tissu. Son souffle est de plus en plus fort. Je sors ensuite son intimité du boxer mais continue de lui procurer des caresses aériennes. Je sais que bientôt il sera trop sensible pour supporter le moindre contact, par conséquent je descends ma tête vers son entrejambe. Souffle dessus.

(Bill) : Je t'en prie, arrête ça, c'est un supplice...


J'approche mes lèvres de son membre. Je n'ai jamais fait ça auparavant, mais je n'ai pas peur. Je commence par lécher son gland du bout de la langue. Il soupire.

(Moi) : J'espère...

Je donne ensuite des petits coups de langue sur la base de sa verge pour remonter, tout doucement.

(Moi) : ...que tu ne m'en veux pas...

Je prends le bout de son sexe avec mes lèvres pour le sucer comme un bonbon. Sa tête se rejette en arrière, sa bouche exhale une respiration brûlante d'envie. J'aime le voir comme ça. Il est dompté, et c'est moi le maître.

(Moi) : ...je ne suis qu'un débutant...

Je quitte son intimité pour embrasser son bas-ventre, ses cuisses. Il s'agite de plus en plus sous mes attentions. J'en profite également pour explorer son corps sous les moindres coutures avec mes mains. Il me regarde d'un air frustré que je le laisse ainsi en plan. Ne t'inquiète pas, Billou, tu vas être servi...

(Moi, la voix déformée par le désir) : ...Mais tu vas m'apprendre, hein ? Tu aimes...?


(Bill) : Mais tais-toi !

Je me redresse pour le regarder, l'air moqueur. Il a les yeux fermés, attendant sagement que je reprenne ce que j'ai laissé.

(Moi) : Pardon ? Qu'est-ce que tu as dit, là ? Tu vas le regretter...

Je le punis en le prenant en bouche. Il se cambre de nouveau. J'entame un va-et-vient en serrant bien ma bouche sur son sexe, pour lui donner un maximum de sensations. Il gémit à chacune de mes allées-et-venues. Bon. Il est maintenant temps de passer aux choses sérieuses. J'aspire...

(Bill) : Putain, Evan...!

Ses cris vont finir par me rendre fou. Je m'active toujours sur son membre. Il se redresse brusquement et ses mains viennent se refermer sur l'herbe. Son corps tout entier est tendu. Il soupire de plus en plus fort, il ne va pas tarder à jouir.

(Bill, d'un ton précipité) : Viens sur moi...

(Moi) : Quoi ?

(Bill) : Viens sur moi, steuplaît !

Je m'exécute. Il me fait passer par-dessus lui. Il m'embrasse maladroitement sous l'effet de l'excitation. Nos gestes sont confus et précipités. Soudain, il ondule son bassin en-dessous moi. Nos sexes viennent se frotter l'un contre l'autre, le sien à l'air libre, le mien dans le jean. Je me mords le poing. Dieu que c'est bon. Bill déboutonne ensuite mon pantalon et se débarrasse de lui, ainsi que de mon boxer. Il me positionne ensuite au-dessus de ses hanches. Et se frotte contre moi.

(Moi) : Hmmmm...!

Putain c'est trop bon. Moi aussi je me mets à me frotter contre lui. J'essaie d'accélérer le mouvement, mais il me retient les hanches.

(Moi) : Qu'est-ce tu fais...?

(Bill) : Je profite de l'instant présent, Evan...Leb die Sekunde...

Je ne cherche pas à comprendre, je suis bien trop à l'ouest. Nous continuons d'onduler l'un contre l'autre de manière lente. C'est horrible comme c'est bon...A un moment, je n'en peux plus, il faut que j'accélère. Bill me suit et alors, le plaisir, après être monté graduellement, grimpe en flèche. Je plante mes ongles dans sa peau et mon souffle s'accélère. Nos coeurs battent à l'unisson. Nous allons venir tous les deux, bientôt, nous allons jouir ensemble...

(Bill) : Aaaaaaahhhhh !!!

(Moi) : Hmmmmmm...!


Ca y'est, nous avons joui. Ensemble. Nous nous nettoyons rapidement avec un mouchoir puis je me laisse tomber sur lui, à bout de forces. Mon corps tremble sous l'émotion. Mon nez va se plonger dans ses cheveux. Je respire encore une fois son odeur. J'ai la tête dans les étoiles...
Je roule ensuite sur la côté pour le laisser reprendre sa respiration. Son souffle s'apaise peu à peu.

(Bill) : C'était trop bon...


C'est la première fois que je l'entends faire un commentaire sur nos ébats. Ca me fait plaisir. Nous observons quelques instants les étoiles scintillantes. Le ciel est épuré, sans nuages. Pas un bruit ne vient troubler cette paix. Nous sommes comme enfermés dans un paradis au milieu de l'enfer, dans une bulle au milieu du monde.

(Moi) : Je t'aime, Bill...

(Bill) : Je sais.


(Moi) : Si tu ne m'aimes pas, pourquoi tu fais l'amour avec moi ?


(Bill) : Parce que j'aime faire l'amour avec toi...

(Moi) : Je ne te comprends pas...

(Bill) : Je sais.

J'avais besoin de lui dire que je l'aimais. Vraiment, réellement. Encore une fois, je lui ai avoué mon amour, et encore une fois, il ne m'a pas répondu. Je m'en fiche. Il fallait que je lui dise, il fallait qu'il le sache. De toute façon, il a forcément un attachement pour moi. Sinon, il aurait pris un mec de la fête et l'aurait entraîné dans une chambre pour s'amuser le temps d'une soirée. Non ?
Un vent frais se lève. Je me colle à lui comme un petit enfant à sa mère. Les fleurs d'un cerisier japonais voisin s'envolent dans le ciel. Les pétales roses tournoient et ondulent au gré de la brise. C'est très joli.

(Moi) : Il commence à faire frais...

Comprenant ce que je veux dire, Bill se met sur le côté et vient me prendre dans ses bras. Nous nous endormons comme ça.


[Voilà, fin du chapitre ! J'espère que ça vous a plu...en tout cas, moi, je trouve que c'est le meilleur que j'ai fait jusqu'ici ! Vous avez vu, Bill se comporte toujours de manière bizarre...un coup il est gentil, un coup méchant...mystères. Ah oui et question : quel a été votre lemon préféré depuis le début de la fic ??? A bientôt !]


PS : Je me suis inscrite sur cet annuaire : ICI. Si vous avez le temps, passez noter ma fic (je suis page 36) !

PS2 : j'ai remarqué une baisse de régime dans les commentaires. Pas que j'écrive pour la gloire ^^ maaaah bon ça motive quand même hein ^^
Chapitre XVIII : Im Mondlicht, Sind Nur Noch Wir Zwei (paroles de Unendlichkeit)

# Posté le samedi 03 mai 2008 12:07

Modifié le vendredi 09 mai 2008 11:33

[Article Qui Etait Provisoire Mais Qui Ne L'Est Plus]

Hello les gens !

Juste ce p'tit article pour faire une mise au point par rapport à la fic Suivre-ou-Fuir.

J'ai eu droit à de nombreux commentaires de votre part quant à l'attitude de Bill. Dans l'autre fic, Bill est transi, fou amoureux de Tom. Sauf que si vous suivez bien Tom n'arte pas de lui en faire baver. Alors, au bout d'un moment, ils se mettent ensemble pour de bon et montent le groupe, et là, les les s'inversent. Tom, qui est amoureux de Bill (parce qu'il l'est, hein, forcément) fait tout pour se faire pardonner, etc. Sauf que Bill a senti que "la roue tournait" comme l'a dit Audrey. Alors il se venge. Il devient un vrai serial loveur. En plus, il y a quelque chose qui fait qu'il est très agressif, haineux envers tout le monde, mais ça vous le saurez dans la suite...voilà, j'esre que ça vous a éclairé !!
Bon. J'ai compris que je m'expliquais aussi bien qu'une palourde irlandaise alors pour que vous compreniez mieux le délire qui se passe entre la fic de suivre ou fuir et la mienne je vais répondre à certains commentaires que j'ai reçus sur cet article et qui sait, peut-être que ça répondra à certaines questions que vous vous posez =) :

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sex-sex-and-provocations : Mais j'aimerais savoir c'est une twincest ou juste un yaoi ?

C'est yaoi à tendance twincest en fait...!!! Mais c'est clair qu'on ne peut pas vraiment dire que c'est une twincest vu que d'une Bill & Tom ne sont pas vraiment jumeaux et de deux parce qu'il n'y a aucun chapitre où ils sont vraiment ensemble...en fait je sais pas moi-même Xd

ainsi-soit-nous-yaoi : Bill va retourner avec tom ??? Ca me monte au cerveau votre histoire ! Je capte plus rien xD

En fait...NON ! J'allais t'expliquer toute l'histoire entre Bill & Tom puis non, je ne le ferai pas...tu le sauras dans la suite ! Mais ne t'inquiète pas, vous saurez tout en temps voulu ^^

sex-sex-and-provocations : Tom va être un peu éclipsé ?

Oui, depuis le début de la fic, comme vous pouvez le constater, Tom a un rôle secondaire...mais même s'il n'est pas toujours présent, il a une influence fondamentale sur la fic & sur Bill...

Bon, voilà voilà, j'espère que ça va mieux >_<

Si y'a des trucs que vous comprenez pas, dites-le, je vous répondrai !!!
[Article Qui Etait Provisoire Mais Qui Ne L'Est Plus]

# Posté le lundi 05 mai 2008 12:39

Modifié le vendredi 09 mai 2008 15:14

Chapitre XIX : Entre culpabilité & aveux

"...Ich halt mich wach für dich...(je me tiens éveillé pour toi)..."

Cette phrase trottine quelque part dans mon cerveau embrumé.

"...Wir schaffen's nicht beide...Du weisst es nicht...(nous n'y arriverons pas tous les deux...mais tu ne le sais pas)"

J'entends une voix. Une voix douce, pure, mélancolique et mélodieuse. Est-ce que c'est dans ma tête ? Je replonge quelques instants dans le brouillard nébuleux qui enveloppe mon esprit.

"...Ich glaub' an dich...Du wirst für mich immer heilig sein...(Je crois en toi...Tu resteras sacré à jamais pour moi)"

La voix résonne toujours. Je ne sais pas si je rêve ou si ce que j'entends est réel. Les paroles sont belles. La voix aussi. En fait, elle ne chante pas. Elle fredonne, plutôt. J'aime l'écouter.

"...Ich sterb' für unsere Unsterblichkeit...(Je meurs pour notre immortalité)"

Oh, c'est tellement triste...mon coeur se serre. Quelle est cette chanson, qui la chante, et pour qui ? J'ouvre brusquement les yeux. Mon regard tombe directement sur le visage de Bill, penché au-dessus de moi. Il est assis et ma tête est posée sur ses genoux. D'où lui vient cet élan de tendresse ? Ca cache quelque chose, c'est sûr.

(Moi, la voix enrouée) : Qu'est-ce que tu faisais ?

Il m'adresse un faible sourire.

(Bill) : Je chantais.

Je me mets sur mon séant. Nous sommes toujours dans le parc. On doit être proche du lever du soleil, quelques rayons pointent timidement à l'horizon. Je me rends compte que je suis couvert de rosée. Et que je suis frigorifié.

(Moi) : C'était quoi, cette chanson ?

(Bill) : Heilig...

Heilig...la chanson d'amour par excellence. L'histoire d'un garçon qui meurt pour figer son amour dans l'immortalité...J'adore cette chanson. Particulièrement parce que c'est Bill qui la chante.

(Bill) : On devrait peut-être rentrer. Les autres vont s'inquiéter.

Je n'en reviens pas ; j'ai passé la nuit dehors avec Bill. Maiwenn doit s'inquiéter à mort !!! Et Tom...pauvre Tom. Il a dû attendre que l'on revienne. Il a attendu en vain, puis il s'est rendu à l'évidence : Bill ne le rejoindra pas passer la nuit avec lui...ça me fout les boules que des gens soient tristes à cause de moi. Mais c'est plus fort que moi, je ne peux pas lui résister, à LUI...
Bill se lève. Il s'époussète brièvement pour se débarrasser des brins d'herbe qui se sont accrochés à lui. Je fais de même. On commence à marcher pour sortir du parc. Il ne m'accorde pas un regard. En même temps, à quoi est-ce que je pouvais m'attendre d'autre de sa part ? Pourquoi est-ce que j'ai cru un seul instant qu'il allait changer d'attitude avec moi ? Je suis complètement con. Malgré moi, un sanglot me comprime la gorge...encore une fois, cette nuit n'était qu'illusion. Et à chaque fois, je me fais avoir comme un pauv' blaireau. D'un autre côté, il n'a jamais demandé à ce que je l'aime...J'en sais rien, je sais plus...je n'ose pas lui demander ni lui adresser la parole. Car j'ai peur que ses paroles me blessent, encore...On continue à marcher en silence.
Mais pourquoi est-ce qu'il est toujours comme ça, sans sentiments, sans émotions ??? Son visage ne trahit jamais rien, si ce n'est la méchanceté, l'envie, le vice...J'ai la gorge serrée. Je repense à Heilig. Pourquoi l'a-t-il chantée pendant mon sommeil ? Quelle est la signification de cette chanson pour lui ?
On arrive bientôt aux abords du parc. Une fois franchies les portes, je devrai me comporter comme si de rien n'était. Impossible. Je ne peux pas oublier cette nuit. Je ne peux pas l'oublier, lui.

***

(Maiwenn) : Bordel de cul en gelée de babouin d'Irlande du Nord, Evan, t'étais où ???

J'essaie de ne pas paraître triste. Je n'aime pas trop faire le pleurnichard qui se plaint tout le temps.

(Moi) : J'ai passé la nuit dehors...j'en avais marre de rester ici.

Elle me regarde d'un air soupçonneux. Elle a toujours sa tronche toute amochée. Cela dit, je dois dire que son cocard commence à se résorber. Il n'est plus violet mais oscille entre le noir et le jaune. Joli panel de couleurs dis donc.

(Maiwenn) : T'étais avec Bill ?

Je reste muet quelques instants. Bill et moi ne sommes pas rentrés ensemble, pour que personne n'ait de soupçons. Avant de retourner chez Andreas, il est parti faire je ne sais quoi en ville. Comme ça, rien ni personne ne peut prouver que nous avons passé la nuit tous les deux. Mais, en même temps, je ne peux pas mentir à ma soeur...

(Moi) : C'est une longue histoire.


Elle m'adresse un sourire excité.

(Maiwenn) : Moi aussi, j'ai des trucs à te raconter !

(Moi) : Comme...?

Elle m'entraîne par le bras dans le jardin. Je la suis, intrigué. Quand elle est comme ça, c'est qu'il s'est passé quelque chose de TRES important. Elle me jette un regard conspirateur.

(Maiwenn, en murmurant) : Tom et moi avons...

(Moi) : QUOI ???

Elle me plaque la main sur la bouche, affolée.

(Maiwenn) : Eh mais t'es con ou quoi ?! La discrétion, tu connais pas...

Je rejette sa main.

(Moi) : T'as couché avec Tom ???

(Maiwenn) : Rhaaaaa mais nan ! En même temps, si tu me laisses pas finir mes phrases...On a pas couché ensemble. Mais ça a failli.

Je tressaille de dégoût. Je ne veux même pas connaître les détails.

(Moi) : Et pourquoi vous l'avez pas fait ?

(Maiwenn) : Euh...heum...j'sais pas. Au moment où...voilà, eh bah il s'est mis à paniquer.

Je ne réponds rien...même si je SAIS. Tom, tu fais n'importe quoi...tu espères l'oublier avec quelqu'un d'autre, mais tu n'y arriveras pas...pas comme ça en tout cas. Il aurait pu trouver quelqu'un d'autre que ma soeur, quand même. Ca me plaît très moyennement. Mais il a peut-être fait ça pour se venger du fait que je sois resté avec Bill. Mystères, mystères...
Bill rentre enfin. Andreas lui saute dessus et le bombarde de questions. Bill répond calmement, mentant de long en long, sans aucune gêne. Il m'impressionne. Vraiment. Ensuite, il m'ignore, comme il sait si bien le faire. J'ai l'habitude, après tout. Mais est-ce vraiment possible d'être habitué à souffrir ?

***

C'est l'heure du départ. Tom est là, Maiwenn aussi. Je n'ai même pas eu le temps de lui raconter ma petite épopée avec Bill. Elle repart avec nous (pour le moment) à Berlin. Oui, c'est la prochaine date de concert des TH. Dans précisément deux semaines, je devrai monter sur scène et jouer une dizaine de chansons devant des milliers de fans hystériques. J'ai envie de vomir rien que d'y penser. Tom, lui, n'a toujours pas changé d'avis. Il quitte le groupe. Point.
Au moment de nous en aller, je le prends à part. Je suis un peu mal à l'aise de lui parler après ce que j'ai fait, mais je dois me borner dans l'affirmation qu'il ne s'est rien passé cette nuit.

(Moi) : Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ?


Il m'adresse un sourire sardonique et hausse un sourcil malicieux. Il n'a pas l'air si affligé que ça, finalement.

(Tom) : T'inquiète pas pour moi, va...je trouverai bien de quoi m'occuper. Déjà, je vais retourner un peu chez mes parents, le temps que tout se calme...et je ne sais pas. En fait, j'ai tellement de fric que je peux me permettre de ne plus travailler jusqu'à la fin de mes jours...

Je soupire. Y'en a qu'ont de la chance. Et moi, mon avenir, ce sera quoi ??? Groupie de Bill à plein temps ? LA BLAGUE !

(Moi) : Et au fait, je me demandais...ton vrai nom, c'est quoi ???


(Tom) : Tom Turner...


(Moi) : Okay...


Un silence. Ca va bientôt être l'heure de mon départ. Il ne reste plus beaucoup de temps...

(Moi) : Et, tu sais, je suis vraiment désolé d'avoir...enfin entre toi et Bill...

Il m'arrête d'un signe de la main.

(Tom) : Laisse tomber, Evan...si ça n'avait pas été toi, ça aurait été un autre...

Je me tais. Il ne m'en veut pas, je crois...Et dire que je ne le reverrai peut-être jamais. Ca me fout les boules, même si je ne le connais pas tant que ça.

(Tom) : Au revoir, Evan...et...bonne chance.

(Moi) :...Merci.


Et ce fut tout. Je suis monté dans la limousine où m'attendaient les TH, qui n'étaient plus que 3. Un dernier regard. Un bref signe d'adieu. A partir de maintenant, Tom Kaulitz n'existe plus. Tom Turner a repris sa place. Je ne connaîtrai peut-être jamais Tom Turner...

***

(David Jost) : Alors, vous signez ?

J'ai le stylo suspendu en l'air, comme si le temps s'était figé. Est-ce que j'ai raison ? Ai-je seulement le choix ? Non, il est de mon devoir de préserver l'avenir du groupe...Mais merde, ce contrat est tellement long et compliqué, j'y comprends rien !
David me gratifie d'un sourire amical. Il fait sympa, comme ça, au premier abord, mais il ne faut pas oublier que c'est un producteur. Ce qui l'intéresse en premier, c'est l'argent. Il me voit comme une machine à fric...

(Moi, d'un ton hésitant) : Oui, je crois que je vais signer...


Bill, Georg et Gustav m'observent avec un vif intérêt. Je n'ai qu'à signer ce contrat et hop ! me voilà officiellement membre de Tokio Hotel. Ca fout un peu la trouille, quand on y pense...
Allez, je pose mon stylo en bas de la feuille. Trace la première lettre de mon nom. C, U, L, K, I...et enfin N. Ca y'est, j'ai signé. David s'empare rapidement de la feuille comme s'il avait peur que je change d'avis. Il se lève de son siège. Je fais de même. Il me tend sa main, que je serre.

(David) : Bienvenue parmi nous, Monsieur Culkin !

Je lui souris mais un gloups très net se fait entendre dans ma gorge. C'est normal si j'ai l'impression d'avoir été pris au piège ?


[Fin du chapitre ! Voilà, Evan fait officiellement partie de la bande...il va devoir apprendre à gérer son stress, à cohabiter avec les autres membres...il se sentira seul, très seul...Quant à Tom, ne vous inquiétez pas, même s'il part du groupe, on entendra toujours parler de lui...! Aussi, petite précision : le fait que Bill ait chanté Heilig n'est pas anodin. D'ailleurs, vous entendrez souvent parler de cette chanson dans la fic, car elle est maîtresse de toute l'intrigue ! En fait, c'est presqu'une songfic que je fais Xd ! Mais vous comprendrez pourquoi dans les prochains épisodes...]

PS : j'ai réécouté Reden. Vous allez certainement me prendre pour une tarée, mais quand on écoute bien (VRAIMENT bien ; style vous avez votre baladeur mis à fond dans vos oreilles) après que la fille ait joui on l'entend parler. C'est vraiment très léger, la musique couvre presque la voix mais pourtant on perçoit quelques blablabla derrière le "Redeeeeen, redeeeeeeen" de Bill. J'vous jure. Non je ne suis pas schizophrène, j'ai l'oreille musicale c'est tout ^^.
Chapitre XIX : Entre culpabilité & aveux

# Posté le lundi 05 mai 2008 16:14

Modifié le lundi 12 mai 2008 16:12

Chapitre XX : Concert mouvementé

Putain, c'est à mon tour d'y aller. Je déglutis avec difficulté. Je tiens ma petite Ibanez en tremblant comme une feuille. En fait, je suis mort de trouille. Les lumières des projecteurs m'aveuglent. Je ne les vois pas, mais je sais qu'elles sont là. Qui ça ? Les fans. Elles hurlent à n'en plus finir. Ca me fait peur. J'ai l'impression que si je fais un pas de plus, elles vont m'engloutir littéralement. Bon, merde, Evan, bouge ton cul. J'avance d'un pas. Je suis comme collé au sol.

(Moi, paniqué) : Je vais pas y arriver...

Soudain, je sens un corps arriver derrière moi, puis une bouche qui s'approche de mon oreille.

(???) : Courage, Evan...


Je frissonne comme jamais sous le contact de ce souffle chaud qui vient me titiller l'oreille. C'est Bill. La pointe de ses cheveux me chatouille le cou. Je n'ose pas me retourner. Mon coeur bat comme jamais. Nous n'avons eu aucun contact depuis l'épisode dans le parc. Ca remonte à deux semaines. Pas étonnant qu'en me touchant à peine il me met dans cet état-là. Allez, on y va.

Les doigts un peu engourdis, je joue les premiers accords d'Ubers Ende Der Welt tandis que je marche en direction de la scène. A l'entente de cette chanson, les fans hurlent de joie. Je ne les vois pas, mais je les entends. En effet, je suis encore caché par les immenses panneaux qui représentent la chambre 483. Ils ne vont pas tarder à se lever...Je m'avance un peu plus sur l'immense scène. C'est pourtant la même qu'aux répétitions. Mais ça paraît...tellement plus impressionnant ! Je suis maintenant au milieu. La salle est plongée dans la pénombre, dans une atmosphère rougeâtre un peu angoissante. J'ai chaud. Mon tee-shirt me colle à la peau. Les filles hurlent. J'arrive à esquisser un faible sourire. L'adrénaline me parcourt les veines. J'ai l'impression que je vais me faire aspirer par cette masse de filles braillantes. J'essaie de me concentrer sur la musique. Elle résonne, emplit mes oreilles. La musique, la musique...
Ca crie de partout, je ne pense plus à rien. Je continue mon solo de guitare en fermant les yeux. Je me fais bientôt rejoindre par Georg. Il me gratifie d'un sourire encourageant. Je ne parviens qu'à lui adresser un rictus crispé en guise de réponse. Bientôt, Gustav arrive. Les panneaux se lèvent. La foule apparaît devant nous. Je ne distingue aucun visage, ce n'est qu'un amas humain de visages anonymes...Mais parmi eux, je sais qu'il y a Maiwenn. Elle est là, quelque part en fosse.Et...

(Bill) : Wir....sind durch die Stadt gerannt !


Je le regarde chanter. Il est si beau. En plus, il est en parfaite osmose avec le public. Ca y'est, je commence enfin à me détendre. Je me défoule en jouant comme je n'ai jamais joué. Il règne sur la scène une atmosphère étrange, je ne sais pas ce que c'est, mais j'adore ça...

***

Nous arrivons à Wo Sind Eure Hände. L'ambiance est de folie, les fans sautent de partout, elles s'écrasent sur les barrières pour nous voir d'un peu plus près. Et dire que c'est pour nous qu'elles font ça...Même moi, elles m'ont adopté, même si je sais que la plupart regrettent Tom. Je n'ai toujours pas vu Maiwenn. Impossible, de toute façon. Bordel de cul, j'ai la tronche suintant de sueur. Bill est magnifique. J'ai envie de lâcher ma guitare et d'aller lui faire l'amour tout de suite. Là, sur la scène. Ce serait follement excitant...mais faut pas rêver, non plus.
Alors que je continue de rêvasser, je vois qu'il commence à y avoir de l'agitation sur ma droite. Les filles se sont rassemblées vers quelqu'un ou quelque chose dans la fosse. Difficile de ne pas perdre ma concentration, ça remue dans tous les sens. Je plisse les yeux pour voir ce qu'il se passe. Les fans se bousculent toutes pour aller vers ce quelque chose qui les attire tant. Je continue de les regarder, intrigué. Qu'est-ce qui peut bien les détourner du concert comme ça ?? Je jette un oeil vers Bill et Georg. Ils continuent leur performance mais leurs yeux sont tournés vers le même endroit. On croirait que ça tourne à la baston, là-bas. Les vigiles passent par dessus les barrières pour aller régler le problème. Merde, rien de mieux pour plomber l'ambiance. Bill tourne vers moi des yeux atterrés. J'articule silencieusement "Qu'est-ce qu'on fait ?". Il décide de prendre les choses en main. Il empoigne le micro et s'arrête de chanter. Immédiatement, Georg, Gustav et moi arrêtons de jouer. C'est à cet instant que nous nous rendons compte que la salle est emplie de cris de colère de toutes les furies qui sont en train de se battre entre elles.

(Bill) : S'il vous plaît, arrêtez de vous battre, ça fout la m...

Sa voix est couverte par les cris. Les vigiles essaient de les séparer, mais ils se font rapidement engloutir par la masse. Les TH et moi nous regardons les uns les autres, sans trop quoi faire. Nous ne pouvons qu'assister à une baston encore jamais vue dans un concert. Mais qu'est-ce qui a bien pu déclencher tout ça ?

(Moi, en murmurant) : Oh nan....

Je viens de comprendre. Maiwenn est dans la salle. Maiwenn est sortie avec Bill. Maiwenn était à la une de tous les magazines. Maiwenn est haïe par toutes les fans de Tokio Hotel.

(Moi) : NAAAAAAAAN !!!

Je lâche ma guitare et saute de la scène. Ils ne feront rien à ma soeur, j'en fais le serment. Je bondis par dessus les barrières. Personne ne m'arrêtera. Ah, ces sales garces ! Les hurlements qui émanent du centre de la bagarre sont assourdissants. Je m'introduis dans la foule et pousse tout le monde à gros coups de coude. Bordel, ce qu'il fait chaud là-dedans. J'entends quelques filles qui piaillent des "Evan, je t'aime" sur mon passage. Certaines tentent même de m'agripper par le t-shirt, mais je les repousse avec force. Je me fais pincer les fesses par des filles manifestement en chaleur, mais je ne me retourne pas. Je n'ai pas le temps. J'essaie d'arriver le plus vite possible, sauf que je n'y arrive pas, justement. Trop de monde me bloque le passage. J'ai chaud. Je ne vois plus rien. Ca hurle. Ca se tape. Certaines en profitent pour escalader la scène, étant donné que les vigiles ne sont plus là. Le courant, qui allait vers le centre de la salle, se met à aller en sens inverse, vers la scène. Et je suis entraîné dedans. J'essaie d'aller contre, mais n'y parviens pas. On me bouscule de partout, toutes des ados assoiffées de sang et de limes à ongle. Je me fais donc emmener vers les barrières. Les fans ont envahi la scène. Cela tourne à l'émeute générale. Bill et les deux autres filent de la scène et courent se réfugier dans les coulisses pour échapper à la horde de fans hystériques. Une fille me pousse violemment contre la barrière. Je me la prends dans le ventre, et ça me coupe le souffle. Si ça continue, je vais me faire écraser ! Il faut que je retourne dans les coulisses me mettre à l'abri. Je n'arriverai jamais à retrouver Maiwenn. Espérons qu'elle s'en sortira à l'aide de son coup de poing légendaire.
Je remonte rapidement sur la scène et zigzague entre les fans pour arriver plus vite qu'elles. Je pénètre enfin dans l'obscurité des coulisses. Les techniciens sont complètement paniqués, ils ne savent pas comment réagir face à cette soudaine anarchie. Je cours pour filer dans une loge, mais je me fais happer par un bras qui émerge d'un coin sombre.

(???) : Par ici !!!

Je crains que ce ne soit encore une fille hystérique, mais non, c'est Bill, le regard apeuré, qui m'attire dans le renfoncement.

(Bill, en murmurant) : Reste planqué le temps que ça se calme.

Nous nous tapissons dans la noirceur de l'endroit et nous faisons les plus petits possible. Nous regardons les fans courir avec appréhension. Pourvu qu'elles ne nous trouvent pas. J'espère voir passer Maiwenn, mais il ne faut pas que je me fasse trop d'espoir. Merde, je souhaite qu'il ne lui soit rien arrivé. Je porte ma main gauche à ma bouche et commence à me ronger les ongles. Mon coeur cogne douloureusement dans ma cage thoracique. Les hurlements couvrent toute forme de pensée qui aurait pu me traverser l'esprit. Je suis mort de trouille.
Soudain, Bill m'enserre violemment contre lui. Je sens son souffle accéléré dans mon cou.

(Bill) : J'ai peur, Evan...Elles me font peur...


Sa voix se brise sous cette phrase. Je le considère d'un air surpris. Bill Kaulitz, maître de toutes les situations et manipulateur, avoir peur ? Ca me change, tiens. Autant en profiter. Je lui caresse les cheveux, attendri, pour le calmer. Son coeur bat la chamade.

(Moi) : Chut, calme-toi...Ca va s'arranger.

Il me jette un regard plein de détresse qui me déstabilise. J'ai l'impression d'être face à un autre Bill. A un Bill petit garçon qui aurait besoin qu'on l'aide. Nous nous serrons fort l'un contre l'autre dans une étreinte tendre et douce. Nous sommes tous les deux protégés dans un cocon au milieu de la folie qui s'opère autour. Putain, qu'est-ce que je l'aime...

***

Au bout d'un moment, tout finit par reprendre son calme. Les fans ont dû être toutes évacuées. Bill et moi nous relevons avec difficulté. J'ai des crampes partout à force d'être resté accroupi. Bill m'adresse un regard plein de tristesse.

(Bill) : Ce concert a été un fiasco...

(Moi) : Tu sais à cause de quoi ?

(Bill) : Nan...

(Moi) : A cause de Maiwenn...

Soudain, tout me revient en tête. Pourquoi les fans en veulent à ma soeur ? Parce qu'elles ont cru qu'elle était la petite amie de Bill, n'est-ce pas ? Et d'où vient l'idée lumineuse d'avoir fait croire que Maiwenn était la petite amie de Bill ? Eh bien, de Bill lui-même. Parce qu'il n'assume pas son homosexualité. Parce qu'il ne veut pas perdre ces fans si lâches, si débiles, qui se battent entre elles alors qu'elles devraient être unies...ça me dégoute. C'est de sa faute. A lui. Je le regarde avec un tout autre regard.

(Moi) : Mais c'est TA faute !

Je serre les poings, furieux. Bill ne fait que baisser la tête.

(Moi) : C'EST TA FAUTE !

Ma voix résonne en écho. Si tout ça est arrivé, c'est de sa faute. Je ne sais pas où est ma soeur, si elle va bien. Et c'est de sa faute.

(Bill) : Je sais...je suis désolé.

Je lui réponds par un regard empli de mépris et m'éloigne à pas rapides. Je viens de me rendre compte que Bill n'est qu'un lâche.

***
Maiwenn a réussi à se défendre, cette fois-ci. Je plains celles qui étaient en face. Eh oui, elle est hargneuse, ma petite soeur. C'est de famille. Bref, les vigiles sont arrivés à temps et l'ont rapidement conduite en lieu sûr. Heureusement. Sinon, je les aurais décalquées une par une.
Ca fait deux jours que le concert a eu lieu. Je ne parle plus à Bill. Il a tenté plusieurs fois de m'adresser la parole, mais je suis resté de glace. J'en ai marre d'être son esclave. C'est à lui d'en baver, maintenant. Surtout que vu que Tom n'est plus là, il n'a plus de victime à se mettre sous la dent. Bien fait pour lui.
Je descends dans la salle de restaurant pour aller prendre mon petit-déjeuner. Bill, Gustav et Georg sont assis à la même table. Ils tirent des têtes d'enterrement.

(Moi) : Beh qu'est-ce que vous avez ?

(Gustav) : Prépare tes valises, Evan...

Mon coeur loupe un battement. Ca y'est, on me vire déjà du groupe ???

(Moi) : C'est quoi ce bordel ?!

Gustav pousse une édition de Bravo vers moi.

(Gustav) : Lis.

Un peu décontenancé, j'ouvre le magazine à une page qui a été écornée. Il s'agit d'une interview.

-Tout le monde a ses petits secrets. Pouvez-vous nous livrer quelques petites confidences sur les TH ?

-Oui, bien sûr. Sur qui voulez-vous que je révèle quelque chose ?

-Eh bien, la personne que vous connaissez sans doute le mieux est Bill, votre jumeau. Alors ?

(Rires) Ah oui. Bill. Eh bien, pour commencer, Bill et moi ne sont pas jumeaux. Nous avons menti à la presse et aux fans en disant que nous sommes frères, alors que nous n'avons aucun lien de parenté. Je m'appelle en réalité Tom Turner.

-Quel choc ! Les fans vont être outrées ! Mais quelle est la raison de cet énorme mensonge ?

-Bill et moi fréquentions le même lycée, puis, au fil du temps, nous sommes devenus amants...

-Amants ??? Mais cela signifie-t-il que Bill est...?

-Gay. Oui. Toutes les rumeurs sur son homosexualité sont vraies. Pour ma part, je suis bisexuel.

-Ne pensez-vous pas que le groupe va perdre ses fans face à de telles révélations ?

-Je ne peux plus leur cacher tout ça. Et puis, maintenant, je m'en fiche, ce n'est plus mon problème puisque Tokio Hotel fait partie de mon passé.

-Pourquoi faites-vous cela ? Par vengeance ? Besoin de vérité ?

-Demandez à Bill. Il le saura, lui. Ah oui, et Maiwenn, la prétendue petite amie de Bill, n'est en fait qu'une actrice ayant pour mission de démentir les rumeurs qui courent sur lui.

Nous remercions Tom Turner pour toutes ces précieuses informations. Quelle sera la réaction des fans ?
"

Je laisse tomber le journal à terre, complètement hébété. Mon cerveau a comme un bug. Soudain, Hub débarque dans la salle en courant. Paniqué. Je crains qu'il n'y ait encore eu un problème avec Maiwenn.

(Moi, d'une voix blanche) : Qu'est-ce qui se passe ???

(Hub) : Les fans tentent de défoncer les portes et de rentrer dans l'hôtel...


[Voilà, fin du chapitre, désolée qu'il ait mis autant de temps à arriver, mais en ce moment j'ai pas mal de problèmes, et peu de temps. Ca a été écrit un peu à l'arrache, mais j'espère que ça vous plaira quand même. Bisous !]
Chapitre XX : Concert mouvementé

# Posté le vendredi 09 mai 2008 10:11

Modifié le jeudi 29 janvier 2009 16:12

Chapitre XXI : Panique à l'hôtel

J'ouvre des yeux ronds comme des billes. Georg, Gustav et Bill se lèvent d'un bond, alarmés.

(Moi) : Mais pourquoi elles font ça ??

(Bill) : A cause du magazine, bien sûr !


Je me tourne vers Hub, paniqué.

(Moi) : Merde, qu'est-ce qu'on peut faire ?

(Hub) : Elles ont encerclé l'hôtel. On a appelé la police, elle ne devrait pas tarder à arriver. En attendant, on va monter dans les chambres et s'enfermer !

Nous courons donc dans le hall, là où s'alignent les ascenseurs. On s'engouffre tous les cinq dans une cabine et demandons le troisième étage, là où se trouvent nos chambres. Les vigiles tentent de contenir les fans, une fois de plus. De vagues silhouettes féminines se profilent derrière les portes vitrées de l'entrée. Et ça gueule, comme toujours. Elles sont totalement givrées. Mes jambes tremblent et je tiens à peine debout. Je suis pétrifié de terreur.
La montée se fait dans un silence tendu. Elle semble longue, infiniment loooongue...Qu'est-ce qui se passerait si ces filles rentraient dans l'hôtel ? Elles viendraient nous caillasser pour leur avoir menti ? Je préfère ne pas y penser, finalement.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrent sur le deuxième étage. On se précipite en se bousculant dans la suite de Bill, la première dans le couloir. Hub sort rapidement les clefs et verrouille la porte avec des gestes maladroits. Je bondis vers la fenêtre et regarde en bas, l'oeil fiévreux.
Elles sont toutes là, agglutinées devant l'entrée, agitant des pancartes et criant de toutes parts. Je tends l'oreille pour percevoir ce qu'elles disent.

(Fans) : Rendez-nous Tokio Hotel, les vrais !

Les vrais Tokio Hotel...ce qu'elles entendent par là, ce sont les jumeaux Kaulitz, ce sont un Bill et un Tom hétéros, c'est Tom qui est encore là...mais toutes leurs croyances ne sont que mensonge, elles ne l'ont pas encore compris. Tom...pourquoi as-tu fait ça ? Pour te venger, je le sais...
Bill survient à mes côtés à la fenêtre. Il l'ouvre et sort sa tête. Immédiatement, il reçoit des pluies d'insultes.

(...) : Bill, tu nous a mentis !

(...) : Sale bâtard, je t'aimais !

(...) : On veut Tom ! Casse-toi !


Il se tourne vers moi, affligé. Je le considère d'un air glacial. Il ne faut pas qu'il oublie que je ne lui adresse plus la parole.

(Bill) : Ca me rappelle le clip de Letzte Tag...quand nous jouons sur les toits, et l'émeute en bas...

(Moi, froidement) : Mais là on est pas dans un clip, Bill. Bienvenue dans la réalité.

On fait ensuite les cent pas dans la chambre en attendant l'arrivée des flics. Merde, tout ça est complètement dingue !!! Pourquoi est-ce que je me suis embarqué là-dedans, sérieux ???

(Hub, en se tordant les mains, angoissé) : Ils ne vont pas tarder à arriver, ne vous inquiétez pas, ils vont arriver...


Il répète ça pour se convaincre lui-même, mais on voit bien qu'il est mort de peur. Comme nous tous. J'ai les mains toutes moites. Combien de temps les vigiles vont-ils pouvoir contenir les fans en dehors du bâtiment ???
Des bruits secs commencent à retentir dehors. Gustav, qui est le plus près de la fenêtre, sort sa tête à l'extérieur. Il pousse un cri surpris.

(Gustav) : Elles commencent à jeter des trucs contre la façade !

Je me précipite pour voir ça de nos propres yeux. Au moment où je regarde, un projectile est jeté et vient briser la fenêtre qui se trouve juste en dessous de celle où je suis penché. La fille qui a lancé le truc me regarde avec un sourire pervers.

(Fille) : Dommage qu'elle soit pas arrivée dans ta gueule ! Rends-nous Tom !!!

(Moi) : Espèce de ù*^$)@"#& (censuré lol). Va te faire foutre !

Les fans s'excitent encore plus à la vue de ma tête sortie et commencent à lancer tout un tas d'autres projectiles . Elles ne m'aiment pas, je me trompe ?
Hub, qui était parti de la chambre (je ne l'avais même pas remarqué) revient en trombe dans la chambre.

(Hub) : Elles sont passées par la terrasse de la piscine ! Elles sont dans l'hôtel.


Je regarde tour à tour les visages des TH qui deviennent blêmes de seconde en seconde.

(Moi) : Elles savent où on est ! Il faut qu'on trouve un autre endroit !

(Bill) : Le toit !

On sort rapidement de la chance et on se met à courir comme des malades dans le couloir. Le toit est à l'étage juste au-dessus, pour y accéder, il n'y a qu'un escalier de secours...
On s'engouffre avec peine dans l'étroit escalier. On se bouscule dans tous les sens. C'est à qui arrivera le premier. Des cris sauvages résonnent dans le bâtiment. Mon coeur s'accélère. Des pensées folles me traversent l'esprit : moi ligoté, moi lapidé, moi dégommé par ces hystériques...
On accède enfin au toit. Un vent froid nous cingle le visage. Je m'approche prudemment du rebord. On culmine à une dizaine de mètres. Gloups, j'ai le vertige. Bill s'approche de moi, au bord. Ses cheveux sont tout en pagaille, agités par le vent, découvrant son visage rosi par l'effort. Je détourne les yeux. Ca me fait mal de le regarder. C'est dans ces moments-là que je brûle de céder à la tentation...

(Bill) : Drôle de vie, quand même...

(Moi) : Hmmm...

Je ne vois pas où il veut en venir. Il se tourne vers moi et me fixe d'un air grave. Ses yeux noirs de khôl me brûlent, me consument. Je me sens faillir. Pourquoi faut-il que je l'ai choisi, lui ?

(Bill) : Je sais qu'une part de toi me déteste, Evan...mais j'ai mes raisons d'être comme ça...


Je ne réponds rien. Tout ça, il me l'a déjà dit. Et ce n'est pas pour autant que je le comprends mieux, et que je suis moins malheureux. Il continue de parler, le regard perdu vers les buildings de la ville.

(Bill) : Je crois que j'ai certaines choses à te dire...

(Georg) : Regardez !

Nous baissons tous la tête en contrebas. Des véhicules verts se profilent au bout de la rue. Enfin. On pousse tous des soupirs de soulagement. Je lance un regard intéressé vers Bill, qui était sur le point de me dire quelque chose d'important. Il me répond par des yeux désolés, et il secoue la tête tristement. Tant pis, on remettra ça à plus tard, une fois de plus...
La police arrive en escouades d'une dizaine de voitures. En quelques minutes, la plupart des anarchistes sont arrêtées. Le devant de l'hôtel redevient vide.

(Bill) : Elles sont parties, mais maintenant c'est trop tard...tout le monde est au courant. C'est la fin...


(Georg, d'un ton énervé) : La fin de quoi ?

(Bill) : De Tokio Hotel. Les révélations de Tom vont achever de nous couler.

(Georg) : Tu dis n'importe quoi ! Nous aurons toujours des fans...celles qui ont aimé notre musique, et pas juste notre physique. On gardera nos vraies fans, comme ça.

(Moi) : Il a raison...mais je pense qu'on devrait attendre avant de remonter sur scène, nan ?


(Hub) : Oui, j'en parlerai à David pour qu'on annule tous les prochains concerts...Va falloir trouver un endroit où vous planquer loin du tourbillon des medias.


(Bill) : Magdeburg ?

(Hub) : Nan, c'est le premier endroit où on viendra vous chercher. Je possède une résidence secondaire en Bavière, près de Munich. C'est paumé en pleine campagne, personne vous y trouvera. Puis comme ça, ça vous permettra d'avoir quelques vacances...

***

Je marche d'un pas silencieux au côté de ma soeur. Nous sommes à l'aéroport. Nous attendons pour le vol 127 en direction de Paris. Maiwenn a jugé sage de fuir l'Allemagne étant donné les différentes tensions qui l'entourent. Pour ma part, je m'en vais dans la maison de Hub avec les autres dans deux jours. Une voix dans un haut-parleur indique qu'il faut se diriger vers le portail d'embarquement. Maiwenn se tourne vers moi, les yeux tristes.

(Maiwenn) : Bon, c'est ici qu'on se sépare...

(Moi, la gorge serrée) : Oui...

C'est la première fois qu'on est séparé l'un de l'autre. Je ressens une sensation étrange...comme si on m'arrachait une partie de moi-même. Mais pourtant, je suis sûr de mon choix. Je reste ici.

(Maiwenn, en me déposant un baiser sur la joue) : Prends bien soin de toi...et ne te laisse pas faire.

(Moi) : Ne t'inquiète pas...

(Maiwenn, les yeux brillants) : Tu sais, j'ai vraiment pas confiance en ce type...il te fera du mal.

(Moi) : Je l'aime.


Je l'aime...voilà ma seule réponse, mon seul argument, la chose qui m'obsède et qui résonne dans ma tête à longueur de temps ! Il sait que je ne veux que lui mais rien ne se passe. Il sait que je suis esclave de lui mais il reste de glace. Et quand c'est lui qui vient vers moi, je le fuis. On joue au chat et à la souris, et ce sera peut-être toujours comme ça. Mais je m'en fous...je suis mon coeur.

Après un dernier adieu, je vois la frêle silhouette de ma soeur s'éloigner d'un pas timide. Elle disparaît, engloutie par la masse des voyageurs. Voilà. Mon seul soutien est parti. Je soupire. Tout d'un coup, je me demande si j'ai pris la bonne décision. Après tout, qu'est-ce qui dit que je ne vais pas me faire pigeonner ? Qu'est-ce qui dit que les fans accepteront le fait que les TH leur aient menti ? Qu'est-ce qui dit que Bill ne décidera pas du jour au lendemain de me jeter ? Il n'y a rien qui le dit. On n'est jamais sûr de rien, dans la vie. Mais justement, c'est ça, la vie, mon petit Evan...

***

Après un long trajet en limousine, on arrive enfin à la maison de Hub. C'est une gigantesque villa perdue au milieu d'un immense jardin, lui-même entouré d'une petite forêt. Le premier voisin est à des kilomètres, on pourrait faire exploser une bombe atomique devant la maison que personne ne nous entendrait. Ca me plaît bien, ce petit séjour au calme. Toute l'agitation due au statut de star m'a fatigué. Mais j'ai le pressentiment que ces vacances n'auront rien de paisible. Surtout quand on sait que Bill est dans les parages.
On traîne tous nos tonnes de valises sur le chemin qui conduit à la maison. On est début avril et le soleil est au rendez-vous. Je suis en sueur. Arrivé au perron, j'entends des pas approcher dans le vestibule. Je me demande bien qui peut bien nous accueillir.
La porte s'ouvre sur la personne et un océan de soleil s'engouffre dans la pénombre de la maison. Ma mâchoire se décroche sous l'effet de la surprise.

(Moi) : Mais qu'est-ce que tu fous là ???


[Fin du chapitre. A votre avis, qui est la personne qui se trouvait dans la maison ?]
Chapitre XXI : Panique à l'hôtel

# Posté le dimanche 18 mai 2008 09:42

Modifié le mardi 20 mai 2008 14:01