(Moi, d'une toute petite voix) : Je suis désolé...ça m'a échappé. Oublie ce que je viens de dire.
Je me sentais sur les nuages il y a quelques minutes, bah là je peux vous dire que je suis à des kilomètres sous terre. Je me hais, parfois. En plus, je me sens un tout petit peu bête, là, vous voyez. Bill me lance un regard profond. Je cherche à déchiffrer ce que me disent ses yeux. Ils ne reflètent rien, si ce n'est...de l'embarras. Non. Il me cache quelque chose, ça se voit. Il s'apprête à dire quelque chose...mais il s'interrompt car la porte vient de s'ouvrir. Je pousse une exclamation étouffée. MERDE ! Les personnes qui arrivent sont : Georg, Gustav et...TOM ! J'ai juste le temps de jeter un regard paniqué à Bill quand Tom nous remarque. Je retiens mon souffle, le coeur battant. Lentement, je vois ses yeux s'ouvrir sur la stupeur et sa bouche s'ouvrir en grand. Georg et Gustav nous fixent d'un air dégoûté. Je me sens terriblement mal, je pourrais dire : "Tom, c'est pas ce que tu crois, je réconfortais Bill parce qu'il est triste de t'avoir perdu...". Mais je ne dis rien, parce que la trouille me paralyse, tout simplement. C'est Bill qui se charge de la situation. Il sort de l'eau, le visage barbouillé de mascara coulé, et se précipite vers Tom pour le prendre dans ses bras. Mon coeur se serre de douleur. Comment ai-je pu penser que ce que je ressens est réciproque ? Tom le repousse violemment.
(Tom, furieux) : M'approche pas, putain !
(Bill) : Mais...mais...Tom !
Tom tripote son piercing au labret avec furie. Il me fusille du regard, moi qui reste comme un con dans la piscine. Je soutiens son regard. Il serre les poings.
(Tom) : Toi, je vais t'exploser la gueule !!!
Il commence à s'avancer, histoire d'aller me recadrer le portrait, mais Georg et Gustav le retiennent. Bill ne sait plus où se mettre. Il se poste devant Tom et lui parle d'une voix basse et précipitée pour le calmer.
(Bill) : Tom, sincèrement, c'est pas ce que tu penses, on discutait, c'est tout, tu l'as bien vu, il se passe rien, je te l'ai déjà dit, j'ai fait des conneries mais je t'aime, tu sais, je t'aime tellement...
Je me mords la lèvre. Quel connard ! Il ment à tout et tout le monde. Il joue avec les gens, les manipule. Il m'écoeure. Je suis sûr qu'il n'aime pas Tom. Il reste avec pour la survie du groupe. Et avec moi, il joue un terrible double jeu que je n'ai pas encore réussi à percer. Tom ne se prend pas aux paroles de Bill et tourne la tête quand il essaie de l'embrasser.
(Tom) : Oui, bien sûr, il se passe rien mais en attendant, tu trouves pas ça un peu bizarre que tu ailles te baigner tout habillé avec le mec que tu as baisé hier soir COMME PAR HASARD ? Pffff, tu me prends vraiment pour un con. C'est terminé entre nous, Bill...trop de fois tu t'es foutu de ma gueule...
Alors comme ça, il y en a eu d'autres avant moi...putain...je suis celui qui passe après tout le monde. Bill est une vraie salope. Tom se tourne vers moi ; je retiens mon souffle. Ses yeux sombres lancent des éclairs.
(Tom, en pointant son index d'un air menaçant) : Quant à toi, Evan, que je te croise pas dans un couloir...je te jure que ça sera ta fête.
(Georg, en le tirant par le bras) : Allez, on s'en va, il en vaut pas la peine...
Lui, Tom et Gustav s'apprêtent à partir quand Hub fait irruption dans la salle, l'air complètement paniqué. Je l'avais presque oublié, celui-là.
(Hub) : Ah, Evan, vous êtes là ! Venez vite !
Je sors rapidement de la piscine. Mes vêtements détrempés gouttent sur le carrelage. Tom se retient visiblement de venir me coller une droite. Bill est en retrait, un air malheureux peint sur le visage. Dégoûté parce qu'il vient de se faire jeter...
(Moi, intrigué) : Qu'est-ce qu'il y a ?
(Hub, affolé) : C'est votre soeur ! Elle s'est fait attaquer !
(Moi) : QUOI ???
(Hub) : Suivez-moi ! Elle est à l'hôpital !
Je plante tous les membres du groupe et sors en trombe de la terrasse avec Hub qui s'est mis à courir. Rapidement, nous montons dans la limousine réservée aux TH et nous fonçons vers l'hôpital. Je tremble comme une feuille, la gorge serrée.
(Moi) : Qu'est-ce qui s'est passé ?!
(Hub) : Vous savez que les premières photos de Bill et votre soeur ont été publiées dans Bravo....eh bien, ça n'a pas plus à certaines filles, qui se sont rassemblées pas loin d'ici pour agresser Maiwenn dès sa sortie de l'hôtel.
Je lâche un cri de surprise.
(Moi) : Mais elles sont tarées ces filles !
Il baisse la tête, affligé.
(Hub) : Beaucoup de fans de Tokio Hotel sont excessives. Certaines se scarifient "Rette Mich" sur le bras. J'ai déjà vu ça, un jour.
Je commence à me ronger les ongles, inquiet. Je range tous les problèmes liés à Bill dans un coin de ma tête. Je verrai tout ça plus tard. Pour l'instant, ce qui compte, c'est ma soeur.
(Moi) : Et c'est grave ???
(Hub) : Je n'en sais pas plus que vous, monsieur Culkin. L'hôpital a appelé le dirigeant de l'hôtel qui est venu me prévenir, et c'est tout.
Je panique intérieurement, me pose un tas de questions. Pourquoi est-elle sortie toute seule dans la rue ? C'est un peu de ma faute...je l'ai négligée ces derniers jours. Si j'avais été là, j'aurais pu la protéger...mais non, je ne me suis préoccupé que de Bill, alors qu'il n'en vaut pas la peine. Pfff...il va falloir que je revoie le sens de mes priorités.
***
On débarque en trombe dans l'hôpital, on demande rapidement le numéro de chambre de ma soeur. Oh mon Dieu. Elle est en réanimation. Les larmes me montent aux yeux. Je jette à l'infirmière un regard de chien battu.
(Moi, au bord des larmes) : Elle...elle est dans le coma ?
L'infirmière m'adresse un sourire tendu.
(Infirmière) : Je ne sais pas, je n'ai pas eu de nouvelles du médecin...allez voir par vous-même. Chambre 483...
Chambre 483...comme par hasard. C'est un signe du destin ça...peut-être que cela veut dire que TH ne nous apportera que des problèmes...j'en ai déjà la preuve maintenant...Putain, Maiwenn ! Elle est ignoble, chiante, désagréable, lunatique, mais c'est ma soeur, et je l'aime plus que tout. J'ai envie de pleurer, mais il faut que je me retienne. Je veux la voir, c'est tout ce qui compte maintenant. Maiwenn, pardonne-moi...
***
Nous arrivons à la porte de la chambre. Le nombre 483, écrit en lettres noires, étincelle d'une étrange lueur. Ca me laisse une impression...bizarre. Comme si ce chiffre me donnait un avertissement. Mais un avertissement de quoi ? Je secoue la tête. Arrête, Evan, tu dérailles...Sur la porte, il y a une vitre mais elle n'est pas transparente, on ne voit que des ombres à travers. J'ai les nerfs en pelote. Je ferme les yeux et compte jusqu'à dix pour me calmer. Dire que ma soeur se trouve derrière cette porte, peut-être entre la vie et la mort...à cette pensée, mes yeux se brouillent. Je me mords la lèvre. Hub me pose un bras amical sur l'épaule.
(Hub) : Ne vous inquiétez pas...je suis sûr qu'elle va bien.
Il n'a pas l'air d'y croire lui-même...Au même moment, le médecin sort de la chambre. L'expression de son visage est indéchiffrable. Je saute quasiment sur lui.
(Moi, l'air désespéré) : Comment va ma soeur ???
(Le médecin) : Elle était inconsciente mais elle vient de se réveiller. Vous pouvez aller la voir, mais pas longtemps. Elle a besoin de se reposer.
Sur ce, il nous laisse. Hub reste dehors.
(Hub) : Je viendrai la voir après. Allez-y, je vous laisse tous les deux.
Je hoche la tête lentement en le remerciant silencieusement de son respect. Je dois être blanc comme un cul tellement je me sens mal. Bon allez, il est temps d'entrer dans la chambre...
Je pousse la porte, le coeur battant. J'ai peur de ce que je vais trouver à l'intérieur. Je rentre à l'intérieur de la chambre 483. La pièce est blanche, inondée par le soleil. Ca contraste avec le lit qui se trouve au milieu, un lit entouré de machines, de fils, d'appareils électriques...et au milieu, ma soeur. Je me précipite vers le lit. Elle a les yeux fermés, les paupières qui tremblent un peu...je retiens mon souffle. Un de ses yeux est noirci par un cocard...tandis que son bras gauche est cassé, recouvert d'une attelle. Mes yeux sont tout embués. Ca me fait mal de la voir comme ça. Il y a des taches de sang par endroits sur le drap immaculé, on voit des hématomes et des plaies sur tout son corps. Mon coeur se serre. Si je retrouve celles qui lui ont fait ça...! La respiration de ma soeur est faible, mais bruyante. Tu dois souffrir, Maiwenn...pardonne-moi. Pardonne-moi...une larme coule sur ma joue. Puis une autre. Je m'asseois près d'elle, sur le lit, pour sentir sa chaleur si réconfortante. Elle ouvre soudain les yeux ; ils sont vitreux.
(Maiwenn, avec un sourire faible) : Ah t'es là...
Elle tend la main vers moi et la pose sur mon genou. Ca me fend le coeur de la voir comme ça. Si on blesse ma soeur, c'est comme si on me blessait moi. C'est comme ça.
(Moi) : Oui, je suis là...qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Elle se redresse avec difficulté sur son oreiller et me fixe un moment, son oeil poché oscillant entre le noir et le violet. Sa lèvre inférieure est fendue et rougie de sang coagulé.
(Maiwenn) : Je suis sortie prendre l'air parce que j'en avais marre d'être enfermée dans l'hôtel...puis elles étaient là, une bande de cinq ou six filles. Elles ont tout d'abord commencé à m'insulter, alors, tu me connais, je ne me suis pas laissée faire. Puis elles se sont toutes mises à me tabasser, à me parler de Bill, puis je n'ai plus rien entendu, j'avais mal, trop mal, puis d'un coup plus rien...Putain, j'ai mal au crâne. J'ai l'impression qu'un marteau tape à l'intérieur de ma tête...
Elle ferme les yeux. Je reste un moment à la regarder. Je n'ai qu'une envie : retrouver ces filles et les massacrer. Mais ça ne sert à rien. Elles resteront toujours aussi timbrées. Maiwenn, toujours les yeux fermés, pointe le doigt vers quelque chose qui se trouve près de la fenêtre.
(Maiwenn) : Tiens, tu trouveras la dernière parution de Bravo. Je suis dedans. Je suis célèbre, maintenant...et voilà ce que ça m'a apporté !
Je vais chercher le magazine. Je le lirai plus tard.
(Maiwenn, d'un ton amer) : Tu sais, Evan, n'importe quelle fille aurait rêvé d'être à ma place. Etre avec les TH au quotidien...mais je me rends compte que c'est pas si bien que ça. Après tout, je ne fais que jouer un rôle...j'ai des relations strictement professionnelles avec eux, et je crois que ça restera toujours comme ça...ils resteront toujours inaccessibles...
Ses paroles sont pleines de sous-entendus. Par là, ma soeur veut dire que même pour moi, Bill sera inaccessible pour toujours...qu'il ne m'aimera jamais, et que je ferais mieux de l'oublier...Mais je le sais, Maiwenn, JE LE SAIS ! Mais je ne peux pas, voilà. Je l'aime...je l'aime et c'est tout.
(Maiwenn) : ....voilà pourquoi j'arrête tout. On va pouvoir rentrer en France.
(Moi) : Quoi ?! Tu rigoles, là ?
Elle se tourne vers moi et m'adresse un pâle sourire.
(Maiwenn) : Mais nan, je suis sérieuse...comme ça, t'auras pas besoin de rester non plus...tu verras plus les TH que tu peux tellement pas sacquer...
(Moi) : Tu te fous de ma gueule...
Si elle part, je n'aurais plus rien à faire ici. Je serai moi aussi obligé de partir...nan ! Je ne veux pas quitter Bill, même si je sais qu'il s'en fout totale de moi. Rien que le fait de le voir m'apaise...Y'a-t-il quelqu'un pour comprendre ça ???
Au même moment, on toque à la porte. Puis on entre. C'est Gustav. Je suppose que les autres ne doivent pas être loin.
(Moi, d'un ton mauvais) : Merde, je peux pas être tranquille avec ma soeur ?
Gustav évite de me regarder. Je crois qu'il ne m'aime pas beaucoup.
(Gustav) : Toi, j'ai à te parler, après. Mais je te signale qu'on a autant le droit de voir Maiwenn que toi.
Je dois le prendre bien là ou pas ? Nan, je le prendrai pas bien.
(Moi) : Très bien, je t'attendrai dehors.
Je prends le magazine Bravo et sors dans le couloir. Hub est toujours là.
(Hub) : Bill et Tom sont à l'entrée en train de fumer une cigarette.
Bien. Ils sont à l'entrée. Et la sortie de secours, elle est où ? Trêve de plaisanteries, je vais aller attendre Gustav dans le hall. Je me demande bien ce qu'il veut...
[Voilà, chapitre riche en action, comme vous l'aimez ^^ ! Alors comme ça, Maiwenn veut rentrer en France...et Gustav veut parler à Evan ? Oui, mais de quoi ??? Et finalement, Bill n'a pas eu le temps de répondre après qu'Evan lui ait dit je t'aime...mais que pense-t-il vraiment ? Réponse dans la suite !]
Réponse aux questions :
babette-et-moi : Y'a un truc que j'ai pas bien compris...
A un moment, quand ils vont en boite, y'a Tom qui est très proche de Maiwenn , or elle est censée représenter la petite copine de Bill.
Puis aussi Bill va chauffer Evan alors que Tom le voit.
T'peux m'expliquer please ?
En fait, Tom en draguant Maiwenn a voulu rendre Bill jaloux, parce qu'il a bien vu que Bill était intéressé par Evan...ensuite, Bill chauffe Evan, tout simplement parce que ce mec n'a pas sa b*** dans sa poche Xd
