(???) : Ca va, on s'amuse bien ?
Paniqué d'avoir été pris sur le fait, je me retourne brusquement. Tom est à l'encadrement de la porte, les bras croisés. Moi, je suis là comme une pauv' pomme avec sa gratte dans les mains.
(Moi) : Bah euh...elle est jolie ta guitare hein...j'ai pas pu résister...
(Tom) : Normal qu'elle soit jolie...puisque c'est MA guitare !
Ce type a le même caractère que moi : vantard, sûr de lui. Le contraire de Bill, on dirait.
(Moi, en souriant) : Ca se voit que tu n'as pas vu la mienne.
Il vient se planter devant moi. Un sourire triste se dessine sur son visage. Je me demande quelle en est la raison.
(Tom) : Tu sais, il faut que je te dise un truc...
(Moi) : Oui ?
(Tom) : Eh bien, ce que tu as dit à Bill tout à l'heure l'a profondément blessé...
(Moi, gêné) : Il l'a cherché.
(Tom, comme si je ne l'avais pas interrompu) : ...parce qu'il est vraiment gay.
Le temps semble se surprendre. Je reste sans voix.
(Moi) : Mais, euh...je...savais pas...
(Tom) : C'est pour ça que le proverbe dit : Quand on sait pas, on se tait.
Il s'apprête à quitter la chambre. Au moment de sortir, il se retourne, me regarde et dit :
(Tom) : Au fait, pas mal la new couleur de cheveux...
Et il s'en va. Y'a un léger foutage de gueule, là, je me trompe ??? Perturbé, je retourne dans ma chambre. Alors comme ça, Bill est réellement homo ? Ca me laisse une sensation...bizarre. Mon ventre se tord. Je me comprends pas, là. Je ne sais pas...c'est comme si j'avais été assailli par une vague, et qu'elle m'avait laissé vide. Pour tenter d'oublier toutes ces drôles de pensées, je m'allonge sur mon lit, et m'endors peu de temps après.
***
Je suis réveillé par du grabuge dans le couloir. Je me lève brusquement et me précipite dans l'allée. Ca doit être Maiwenn qui rentre. J'ai envie d'aller la voir pour lui annoncer la nouvelle. En chemin, je croise Bill. Il ne m'adresse pas un regard. Normal, après ce que je lui ai dit.
Il file tout droit s'enfermer dans sa chambre. Je m'interroge : devrais-je aller m'excuser ? Non, hein ? Après tout, c'est lui qu'a commencé...
Je retourne à mon tour dans ma chambre et m'allonge sur le lit, ma tête posée sur le rebord. Une pensée me vient soudain à l'esprit : si ça se trouve, Bill a maté mon cul dès qu'il en a eu l'occasion, et peut-être même qu'il va venir m'espionner pendant que je dors, qui sait ??? A coup sûr, je suis son fantasme absolu. Je plais aux filles, alors pourquoi pas aux mecs ? Nan, nan, Evan, arrête de te raconter des conneries. C'est peut-être un gay pas si gay que ça, après tout ? Mais qu'est-ce que je raconte, moi ? Oh et puis merde, je vais aller m'excuser, et je l'éviterai le plus possible ensuite, histoire de minimiser les risques.
Seulement, au moment de quitter ma chambre, je le vois qui sort de la sienne à grands pas...comme s'il avait fait exprès de sortir en même temps que moi. Cette fois-ci, au lieu d'éviter mon regard, il me fixe droit dans les yeux. Et au moment de nous croiser, il passe très près de moi et le bout de ses cheveux effleure la peau de mon cou. Un frisson me parcourt. Frisson de dégoût...ou d'autre chose ? Il continue son chemin et moi le mien. Je suis troublé, donc je m'arrête et fais demi-tour. J'ai envie de m'excuser, quand même (oui, je suis déterminé !). Je retourne une fois de plus dans ma chambre et attends qu'il revienne, chose qu'il fait à peine cinq minutes plus tard. J'attends encore un peu, puis je gagne sa chambre, et frappe doucement.
(Bill) : Entre...
Il savait que c'était moi. Plus agité que jamais, je rentre. La pièce est plongée dans la pénombre ; les volets sont fermés et seule la télé est allumée. Je referme doucement la porte derrière moi. En fait, je crois que je suis intimidé. Mais qu'est-ce qui m'arrive ? Ca ne s'est jamais produit avant. C'est peut-être parce que c'est une star...d'ailleurs, la star est tranquillement affalé sur le lit. Il lève vers moi un regard perçant qui me fait une pointe au coeur.
(Bill, d'un ton dur) : Qu'est-ce que tu veux ?
Je viens me planter entre la télé et lui. J'ai la gorge serrée. En fait, j'aime pas m'excuser. Je crois que je vais me carapater vite fait, je me sens trop embarrassé.
(Moi) : Désolé pour tout à l'heure...ce que j'ai dit...
(Bill, provocant) : Qu'est-ce qu'il y a, t'as peur de prononcer le mot ?
(Moi) : Nan...
Il m'adresse un sourire carnassier.
(Bill) : Vous me faites marrer, tous. Vous vous prenez pour des caïds, mais pourtant vous vous dégonflez vite fait...
Il bondit du lit comme un ressort. Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens de plus en plus mal à l'aise. J'ai envie de partir. Lui semble s'amuser de la situation. Il s'approche de moi.
(Bill, d'une voix suave) : Est-ce que...
Il continue d'avancer vers moi. Je recule. Je ne veux PAS qu'il me touche.
(Bill) : ...je te fais peur ?
Je ne réponds pas. J'ai le coeur qui bat à trois milles. Bientôt, je me retrouve contre le mur. Je ne peux plus m'échapper. Bill s'approche, sûr de lui. Ses cheveux, telle une crinière de lion, tombent sur ses épaules en une cascade noire zébrée de blanc.
(Bill) : Eh bah alors...t'as perdu ta langue ???
Ses yeux de biche me fixent d'un regard qui me transperce. Je n'ai jamais vu un regard aussi...pénétrant. D'ailleurs, je suis hypnotisé. Je ne bouge plus. Je suis complètement paralysé. Bientôt, il n'est qu'à quelques centimètres de moi. Je retiens mon souffle, tétanisé. Quand je parle, c'est d'une voix enrouée et faible.
(Moi) : Bill, qu'est-ce que tu fais...
Il ne me répond pas mais me fixe, encore et encore. Le temps se fige. Je ne sais pas ce qui va se passer. Un moment qui me paraît une éternité passe, quand soudain, il amène sa main sur mon entrejambe et y appuie fortement. Je pousse une exclamation surprise mais ne fais rien, je ne cherche pas à le repousser. Je ne pense plus à rien, ma tête est vide. Je suis comme dans un rêve. Il continue à exercer sa pression puis il approche son visage de mon cou, tout douuuuuceeemeennt. Nos corps sont collés l'un à l'autre. Je sens sa chaleur m'irradier et son coeur battre. Son souffle chaud atteint ma peau. Un frisson me parcourt. Puis, à ma grande horreur, je sens mon intimité se gorger de sang, et commencer à durcir dans mon boxer ! Bill relève la tête et me jette un petit sourire avant de retourner s'occuper de mon cou. Putain, je bande pour un mec. BORDEL DE MERDE, QU'EST-CE QUI M'ARRIVE ??? C'est parce qu'il ressemble à une fille. Ca ne peut être que ça. Tout d'un coup, je sens quelque chose de chaud et humide parcourir ma peau : sa langue.
(Bill) : ...tu aimes ça ?
Sa voix fait naître une espèce de chaleur dans mon ventre. Il appuie toujours sur mes parties. J'ai chaud, putain. J'ai honte de moi, de mon inertie, mais je me laisse faire, parce que...je me sens bien. Je bande comme un malade. J'ai envie de sexe, là, maintenant. Mon souffle s'accélère. Mais Bill me lèche toujours le cou. Il me mord, aussi. Il remonte tout doucement, sur ma joue, mon menton....je ferme les yeux. C'est trop bon ! D'un coup, il m'attrape le piercing avec les dents et tire violemment. Je lâche un gémissement de douleur, mais pourtant...ça m'excite encore plus ! J'attrape Bill par le t-shirt et m'y agrippe, tous mes muscles tendus. J'ai l'impression que mon jean va se craquer tellement je suis en érection !!! Puis, alors que Bill allait atteindre mes lèvres...il retire sa main de mon membre et s'écarte précipitamment ! Je rouvre les yeux, abasourdi.
(Moi) : ???
(Bill, d'un ton mauvais) : Après on dit que c'est moi le gay...
Puis il quitte la chambre d'un pas pressé, sans m'accorder un regard. C'est comme si on venait de me balancer un seau d'eau ; je suis stupéfait. Je bande toujours. J'ai envie de baiser, là, c'est clair et net. Ce con de Bill m'a donné envie, est-ce que vous vous rendez compte ??? Et il vient de me planter là, comme ça, sans explications. Il a joué avec moi. Comme je le disais, ce mec est une sale garce. Et putain, mais, est-ce que ça veut dire...
[Voilà pour vous un "demi-lemon" (ca a un nom mais je m'en rappelle plus :S) j'espère que ça vous a plu. La suite vous réservera bien des surprises !!!]